Danielle Ibohn

Il était une fois le chant de griot…

Crédit photo: music.medazilla
Crédit photo: music.medazilla

J’aurais fait un storify, ça aurait été pareil. Je n’aime pas parler de politique. Chaque fois que je parle de politique, soit je reçois des menaces. Soit mon texte est spolié par des individus sans scrupule comme ce site  Tchad Online.

Bref ! Il y a une semaine, le nkukuma (le chef de la république si affectueusement appelé de cette façon au pays) approuvait l’élection du nouveau président du Sénat. D’habitude, ce genre d’informations ne m’intéresse pas. La politique au Cameroun, c’est comme courir dans un sac.

Cependant, c’est le numéro deux du pays. C’est lui remplacerait le Président de la république en cas de… (ne le tuons pas, on risquerait d’attaquer ces fervents militants). Alors on voit en lui, la relève du Président roi lion comme l’aime l’appeler Ngimbis. Comme un effet papillon, les réseaux sociaux se sont enflammés. Je vous résume les impressions:

Les bamilékés sont en haut.

Il s’appelle Marcel Niat Njifenji élu président du Sénat camerounais. Il est d’originaire du Ndé, un bamiléké.  A 71 ans, il dirigera la chambre du Sénat. Pour expliquer, l’effervescence autour de cette « bonne nouvelle » , « cette victoire pour la démocratie », il faut que je vous relate un fait. Au Cameroun, les bamilékés sont une tribu dont la réputation n’est plus à démontrer. Il agace parfois, sont très malins en affaire. Et comme mon petit frère aime à dire: Président de la République, un bamiléké? C’est quincaillerie au palais de l’unité direct. En clair, ce sont nos juifs. Le Cameroun compte 200 tribus. Et si le numéro deux est bamiléké? La relève sera bamiléké. Je vous laisse imaginer la façon de penser camerounais? Non. Je vais le faire pour vous, nous sommes compliqués. Par conséquent, le pays appartiendra aux bamilékés dans un futur « lointain » (Quoi? Vous voulez mon extradition?). Les postes clés, les ministères clés seront aux mains des bamilékés.

J’ai cru que c’était juste la sphère des réseaux sociaux qui  en parlaient. De toute façon, l’archétype des personnalités des réseaux sociaux, est qu’ils sont très prolixes. Cependant, c’est toute la ville de Douala qui boue. Dans le taxi, les marchés, on ne parle que de lui. Le numéro deux de la République a un visage.

Marcel Niat, Président du Sénat (Crédit photo Africapresse)
Marcel Niat, Président du Sénat (Crédit photo Africapresse)

Le futur, la relève, le prince et surtout de ses origines. D’aucun voit en lui:

La génération 90 (que nous sommes) envoyait les motions de soutiens ? Hein ? C’est quel son j’entends? Le syndrome  griotique, nous atteint? Comme un chant de louange au prince? Cette façon de vivre ne lâchera jamais. J’aime pas parler de politique. Parce que j’ai toujours l’impression de régresser.

Allez,

Son’a ponda


Les embouteillages dans le monde des blogueurs

 

D’Haïti passant par l’Egypte, le Cameroun, le Tchad, le Mali et la Côte d’ivoire, les embouteillages se ressemblent mais ne se vivent pas de la même manière. Comme une mosaïque, ce billet fait escale dans chaque pays  …. Edité par Danielle Ibohn

Crédit photo (Le blog de Roudoudou et Petite Bouclée)
Crédit photo (Le blog de Roudoudou et Petite Bouclée)

« Ayiti se yon peyi blokis » (Haïti est un pays d’embouteillages), Jérôme Osman

« Ayiti se yon peyi blokis » (Haïti est un pays d’embouteillages), a craché Wanito dans son hit musical, titré « blokis » (embouteillage). Même si le fond de la chanson a été plutôt porté sur les monstrueux bouchons, observés presque chaque jour dans la capitale haïtienne, le jeune artiste en a profité pour dresser le portrait d’un pays, dont la quotidienneté est faite d’embouteillages. En effet, dans cette courte réflexion, je vous invite plutôt à embarquer avec moi dans les Banques commerciales, où des blokis, sont toujours observés.

Haïti, 8h du matin. Les comptoirs des Banques commerciales sont souvent débordés de clients. Ils sont venus très tôt faire une place pour éviter les embouteillages, toujours présents dans ces institutions après l’ouverture.

A Saint-Marc par exemple, qu’ilssoient à la BNC, UNIBANK ou SOGEBANK, c’est toujours le même constat de tous les jours : des longues courbes qui font flipper les gens devant les comptoirs pour faire une quelconque transaction.

Faire un dépôt ou un retrait dans une Banque commerciale de la place se révèle souvent un casse-tête chinois. A moins qu’on soit VIP, personne handicapée ou femme enceinte ; ce qui peut (parfois) vous passer de ces interminablesfiles, qui ne grouillent presque pas.

Moi personnellement, je me rappelle avoir patienté plus de deux heures dans une longue file à UNIBANK avant d’atteindre la caisse de service. Pire, quand j’y suis arrivé, le caissier m’a informé qu’il se posaitun problème de système pour la transaction que j’ai souhaitée réaliser. Donc, imaginez le taux de ma colère et de ma déception.

A part la lenteur des employés, due probablement au système de travail, le client, debout dans la file doit aussi faire face au phénomène de « Moun pa » (partisannerie) ; une vieille pratique, présente dans presque toutes les institutions publiques et privées du pays.

Bien souvent, celui qui arrive le dernier sera reçu en premier. Ce, parce que l’un des agents de sécurité ou un quelconque employé de l’institution estson ami ou membre de sa famille. Suivez mon regard !

Calcinés d’impatience, certains clients ne mâchent pas souvent leurs mots pour qualifier d’incompétents, les employés qui, semble-t-il n’ont pas été formés à répondre à de telles exigences. Pendant que d’autres, moins vaillants préfèrent abandonner la file.

Depuis quelque temps, on remarque une légère amélioration, surtout avec l’arrivée du service de l’ATM (des petites caisses automatiques disponibles en pleine rue) dont disposent certaines Banques. C’est plus que pas mal, certes, mais c’est une goutte d’eau dans l’océan d’efforts que doivent consentir les patrons, en vue d’améliorer les services de ces institutions.

 

Au Caire, les embouteillages sclérosent la ville, engorgent ses artères, et polluent son air, Pascaline

Je sais maintenant que je n’avais jamais vécue pleinement la notion d’embouteillage avant d’arriver au Caire. Elle prend tout son sens dans cette ville qui ne dort jamais, et qui ne laisse donc jamais de répit à ses conducteurs, qu’ils soient de taxi, d’autobus ou de voitures particulières. C’est peut-être le seul espace de la ville où tout le monde est logé à la même enseigne, qu’il soit riche, où moins riche, propriétaire d’une berline somptueuse ou simple passager d’un bus bondé. Les embouteillages du Caire sclérosent la ville, engorgent ses artères, et polluent son air. Les taxis jaunes, noirs ou blancs de la ville tentent de se frayer un chemin dans ce capharnaüm pour satisfaire leurs clients pressés. Ils pilent, redémarrent, doublent à droite, ou à gauche, font demi-tour, prennent des chemins détournés, mais rien a faire, une rue embouteillée aura toujours raison de ses détracteurs. Les seuls bénéficiaires de la situation, les piétons, jamais prioritaires, qui peuvent profiter de l’arrêt parfois total des véhicules sur la chaussée pour pouvoir enfin la traverser, sans risquer de se retrouver  emboutis par le capot d’une voiture, d’une moto chinoise voir même d’une charrette à cheval. On peut même dire sans exagérer, qu’il y a une vie dans les embouteillages. Les vendeurs de mouchoirs, de bouteilles d’eau et autres laveurs de vitres sont ici pour le prouver. Ils se fraient un chemin entre les voitures à l’arrêt pour proposer leurs produits aux conducteurs impatients, prêts à répondre à tous leurs besoins sans qu’ils aient à se déplacer. Les taxis aussi, deviennent des hauts lieux de socialisation, puisque pris dans un trafic qui n’en finis plus, clients et conducteurs peuvent donner libre court aux conversations les plus variées : de la politique à leur situation familiale en passant par le niveau 0 de leur compte en banque, comme en témoigne le livre « Taxi » de Khaled Al Khamissi, témoignage précieux d’une société égyptienne post-révolutionnaire. Et si les embouteillages au Caire reflétaient tout bonnement cette société égyptienne immobilisée par la corruption, les inégalités, le système scolaire à deux vitesses, les difficultés quotidiennes, encore en vigueur aujourd’hui, plus de deux ans après la révolution ?

Au pays de l’ivoire, saviez-vous que les abidjanais perdent en moyenne 2 heures/jour dans les embouteillages, ce qui revient à 20 jours/an, Cyriac Gbogou

En Côte d’Ivoire et plus principalement à Abidjan, la circulation mérite une attention de plus en plus particulière.

Selon une information donnée par Monsieur Florent Youzan (Fondateur de la plateforme Afriworkers)saviez-vous que les abidjanais perdent en moyenne 2 heures/jour dans les embouteillages, ce qui revient à 20 jours/an? 

A cela, nous pouvons ajouter, ralentissement, route endommagée, feu non fonctionnel, travaux en cours sur les voies, accident de la circulation ou fluidité routière.

Mais malheureusement les usagers de la route se retrouvent bien souvent coincés dans des itinéraires qu’ils auraient pu éviter s’ils avaient simplement eu cette information.

Voila donc ce qui a motivé la création de la plateforme « CivRoute »,L’info routière participative  dans laquelle la population peut et doit s’impliquer pour une meilleure sensibilisation et régulation de la circulation routière. « CivRoute » est donc une action citoyenne.

Crédit photo: Studio 7
Crédit photo: Studio 7

Trois moyens pour alerter :

Via le site : En vous rendant sur le sitehttps://www.civroute.net,cliquez sur « Donner une info routière ». Il faut ensuite remplir tous les champs du formulaire. N’oubliez pas de choisir une catégorie, d’indiquer vos coordonnées et de mentionner le lieu sur la carte. Vous avez la possibilité d’y ajouter une photo.

Via SMS : envoyez votre info routière par SMS au numéro suivant 55 39 24 24 ou au 49 95 33 95 en indiquant le lieu et l’information en question.

Via les réseaux Sociaux : envoyez un Tweet suivi de #CIvroute oulaissez un message sur la pagefacebook.com/civrouteou par mail à : info@civroute.net

Plus d’infos :  https://www.youtube.com/watch?v=-TdY6PbfVDk

https://www.france24.com/fr/20120917-tech-24-afrique-numerique-fibre-optique-telephone-portable-mobile-internet-cote-ivoire-embouteillages-crowdsourcing-sms

 

 A Bamako, c’est un casse tête chinois. C’est coincé de partout, Michel Thera

 « Casse tête » ; « Chacun pour soi, Dieu pour tous » ! Pour circuler dans la capitale malienne, mieux vaut se prémunir de ces maximes là. Car à Bamako, le scénario de la circulation ressemble à ça : Ecart, queue de poisson, dépassement sur la droite, défaut de panneaux de signalisation, le tout accompagné parfois d’injures grossiers entre usagers.

Cependant, cette ville est équipée d’infrastructures routières assez modernes et acceptables (même si cela reste insuffisant). En effet, il ya trois ponts qui relient les deux rivent du fleuve Niger sans oublier les quelques échangeurs dont le tout dernier est à usage multiple.

Malgré tous ces efforts dotant la ville d’infrastructures routières acceptables,  les routes goudronnées restent peu nombreuses. Ainsi, plus on se rapproche du centre-ville et du grand marché, plus la circulation se densifie avec son lot de bouchons. C’est aussi dans ces environs que les routes sont le plus détériorées.

A Bamako, plus que les embouteillages et l’état des routes, c’est le comportement des usagers qui choquent : par ici un nid d’oiseau, plus loin une bande d’écoliers traversant en courant, de l’autre coté deux SOTRAMA (muni-bus assurant le transport commun à Bamako) faisant la course aux passagers.

Dans cette cacophonie, le cheval de fer (la Moto, en occurrence Jakarta) semble vulnérable, mais semble tout aussi incontournable. Car elle (la moto) reste le moyen de locomotion qui permet d’aller d’un point de la ville à un autre rapidement sans être englué dans les bouchons.

Pour finir, retenez tout simplement qu’à Bamako le problème relève plus de l’insuffisance et de l’état de l’infrastructure routière ainsi qu’au comportement  des usagers qu’a l’importance du parc automobile.

 

Au Tchad… N’Djamena devient de plus en plus agaçant, Abdhallah

N’Djamena, capitale du Tchad connaît ces derniers temps une croissance démographique importante ainsi que l’augmentation des moyens roulants. Circuler à N’Djamena devient de plus en plus agaçant. Il est 18h. C’est l’heure où dans les villages sahéliens à vocation pastorales, les éleveurs ramènent leurs bétails dans les enclos après les avoir fait paître toute la journée. Il est sensiblement la même heure à l’avenue Mobutu. Une pagaille monstre règne. Un troupeau de bœufs venant du fleuve Chari bloque la circulation. Pris en sandwich par les véhicules dans les deux sens, paniqués par les klaxons, les animaux font une parade entre les usagés créant un embouteillage sans fin. Il a raison le journaliste qui a qualifié la capitale tchadienne de « grand village sahélien ». Le centre ville, qui abrite pratiquement tous les ministères et les citées d’affaires, n’arrange en rien la situation. Pour y accéder, il n’y a que deux voies principales: l »avenue Mobutu et l’avenue Charles De Gaule. Le matin, une multitude de personnes semblables à un essaim d’abeille y convergent. Des piétons, des cyclistes, des motards et des chauffeurs sont au rendez-vous. L’embouteillage n’est pas en reste. Circuler aisément dans la capitale tchadienne n’est qu’une simple illusion. L’augmentation croissante des usagés de la route face à un nombre réduit de voies est à l »origine du phénomène.

A Douala, c’est le calvaire aller-retour, Josiane Kouagueu

Un soir, tout heureux de rentrer chez soi, on est stoppé net à l’Est de la pénétrante ville de Douala. Nous sommes à quelques mètres de l’aéroport international de la capitale économique du Cameroun, sur le principal axe Douala-Yaoundé. Une longue file de voitures nous fait face des deux côtés de la ville. L’horizon n’est pas visible. Des coups de klaxon résonnent de toute part. Des jurons se font entendre. Un policier, tente sans succès de discipliner les moto-taxis qui refusent de suivre le rang. Il transpire à grosses gouttes. Les hurlements d’une ambulance se noient dans le vacarme. L’attente est longue! Plus de Cinq heures dans les embouteillages au quartier Village à Douala. Matin et soir, rien ne change. La route suffisamment étroite, ne peut rien. Le retour de tout chef de famille du travail devient un instant de malheur. Ça fait des années que ça dure ! De l’argent perdu, du temps évaporé, des rendez-vous ratés. L’embouteillage n’est pas accepté, mais toléré. «On va faire comment ? », te répond un habitant, tout résigné.

Allez portez-vous bien !


La démocratie à l’Africaine

 

Ce billet est l’un de ceux que je fais en main levée. Il y a deux jours, lors d’une discussion avec Cyriac gbogou sur  la démocratie en Afrique. Je suis abasourdie par ses propos.

Il parle pas de démocratie en Afrique mais, de démocratie à l’africaine.

Crédit photo L'Afrique Enchantée---- Émission de France Inter

Crédit photo L’Afrique Enchantée—- Émission de France Inter

Au lendemain de nos sénatoriales, je suis sceptique face à ce nouveau concept : La démocratie à l’africaine. Tout se passe comme si les africains ont une manière particulière de pratiquer la politique. La démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple. Les libertés dont nous jouissons sont inégalables. Le jeu n’est pas pipé d’avance.

Mais en y réfléchissant un peu, je me rends compte qu’elle est criarde cette pratique. Chez nous, le chef est le chef. Les décisions sont prises avant même que le chef n’ai ouvert la bouche. Même le plus petit chef, même s’il est à la tête d’une vingtaine de personnes. Ce n’est pas n’importe qui hein ? C’est le chef hein ? Je cherchais à m’indigner face à ce concept de démocratie à l’africaine. Lorsque je me suis rappelé d’un fait divers.

 Un jour, un de mes amis est devenu chef. Il a pris du poids et pour le voir se fut sur rendez vous. Comme les règles du jeu ont changé, j’appelle avant de passer à son bureau.  Il me rassure, je peux passer. Cependant, il aurait du rassurer aussi le gardien. J’étais rabroué comme une malpropre à la porte. Sauf la honte m’a fait tenir. J’ai du insister. J’ai été comparée à une de ses groupies qui voudrait profiter de son argent. C’est du zèle sans précédent.

Le Zèle en Afrique ? Il se nomme le griot. Vous savez cette espèce de personnes qui vantent vos mérites moyennant une somme d’argent et d’avantages. Plus on lui donne, plus ils sont vos fidèles amis.  Si seulement on utilisait ce zèle à bon escient, on serait plus que la chine. Mais l’homme noir reste l’homme noir.

Le griot n’est jamais bien loin du chef. C’est peut être pour ça que l’homme noir reste l’homme noir.

Lorsque Cyriac intervient et en fait une analyse plutôt pertinente (je l’avoue).

– L’unité à l’africaine veut simplement dire « uni pour prendre du thé », un bon moyen de se retrouver pour parler de tout sauf de l’essentiel la plupart du temps.

– La solidarité à l’africaine, c’est lorsqu’on se met ensemble pour détruire une personne ou une initiative au lieu de la construire.

– La gouvernance à l’africaine veut dire que si je suis au pouvoir, c’est que toute ma famille, mes ami(es), mes connaissances, voire même ma localité à du pouvoir.

– Avoir une promotion à l’africaine, c’est être la taupe, le lèche botte ou la maîtresse du patron

Alors je me rends compte que chez nous, il est commode de connaître l’issue d’une élection. Pas que nous sommes de très grands marabouts. Mais vraiment, l’expression  « à l’africaine » change le concept de Démocratie. Elle veut dire que les dés sont pipés grave ! Et le mot démocratie, c’est qu’une question de forme. Je vous prends un exemple en Afrique centrale, nous sommes un cimetière de démocratie. Les présidents se succèdent à eux-mêmes : Gabon, Guinée équatoriale, Tchad, RCA. L’âge moyen de règne est de 30 ans.

On lance les concours en sachant déjà qui sera retenu, maugrée Cyriac Gbogou. Le principe fondamental d’égalité est un leurre. Le concept de démocratie est un fil conducteur, une forme dont le fond devient tout son contraire. C’est donc pour cela peut être que Cyriac parle de Démocratie à l’Africaine. Ah Wais, j’ai mis du temps à comprendre. En plus ma personne me l’avais déjà  parlé humm Ces griots nous sécurisent

Allez,

Son’a ponda Cyriac !

J’ose croire que vous ne serez pas mes griots hein ?

Quoi ? C’est vrai Oh ! Allez !


La démocratie à l’Africaine

Ce billet est l’un de ceux que je fais en main levée. Il y a deux jours, lors d’une discussion avec Cyriac gbogou sur  la démocratie en Afrique. Je suis abasourdie par ses propos.

Il parle pas de démocratie en Afrique mais, de démocratie à l’africaine.

Crédit photo L'Afrique Enchantée---- Émission de France Inter
Crédit photo L’Afrique Enchantée—- Émission de France Inter

Au lendemain de nos sénatoriales, je suis sceptique face à ce nouveau concept : La démocratie à l’africaine. Tout se passe comme si les africains ont une manière particulière de pratiquer la politique. La démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple. Les libertés dont nous jouissons sont inégalables. Le jeu n’est pas pipé d’avance.

Mais en y réfléchissant un peu, je me rends compte qu’elle est criarde cette pratique. Chez nous, le chef est le chef. Les décisions sont prises avant même que le chef n’ai ouvert la bouche. Même le plus petit chef, même s’il est à la tête d’une vingtaine de personnes. Ce n’est pas n’importe qui hein ? C’est le chef hein ? Je cherchais à m’indigner face à ce concept de démocratie à l’africaine. Lorsque je me suis rappelé d’un fait divers.

 Un jour, un de mes amis est devenu chef. Il a pris du poids et pour le voir se fut sur rendez vous. Comme les règles du jeu ont changé, j’appelle avant de passer à son bureau.  Il me rassure, je peux passer. Cependant, il aurait du rassurer aussi le gardien. J’étais rabroué comme une malpropre à la porte. Sauf la honte m’a fait tenir. J’ai du insister. J’ai été comparée à une de ses groupies qui voudrait profiter de son argent. C’est du zèle sans précédent.

Le Zèle en Afrique ? Il se nomme le griot. Vous savez cette espèce de personnes qui vantent vos mérites moyennant une somme d’argent et d’avantages. Plus on lui donne, plus ils sont vos fidèles amis.  Si seulement on utilisait ce zèle à bon escient, on serait plus que la chine. Mais l’homme noir reste l’homme noir.

Le griot n’est jamais bien loin du chef. C’est peut être pour ça que l’homme noir reste l’homme noir.

Lorsque Cyriac intervient et en fait une analyse plutôt pertinente (je l’avoue).

– L’unité à l’africaine veut simplement dire « uni pour prendre du thé », un bon moyen de se retrouver pour parler de tout sauf de l’essentiel la plupart du temps.

– La solidarité à l’africaine, c’est lorsqu’on se met ensemble pour détruire une personne ou une initiative au lieu de la construire.

– La gouvernance à l’africaine veut dire que si je suis au pouvoir, c’est que toute ma famille, mes ami(es), mes connaissances, voire même ma localité à du pouvoir.

– Avoir une promotion à l’africaine, c’est être la taupe, le lèche botte ou la maîtresse du patron

Alors je me rends compte que chez nous, il est commode de connaître l’issue d’une élection. Pas que nous sommes de très grands marabouts. Mais vraiment, l’expression  « à l’africaine » change le concept de Démocratie. Elle veut dire que les dés sont pipés grave ! Et le mot démocratie, c’est qu’une question de forme. Je vous prends un exemple en Afrique centrale, nous sommes un cimetière de démocratie. Les présidents se succèdent à eux-mêmes : Gabon, Guinée équatoriale, Tchad, RCA. L’âge moyen de règne est de 30 ans.

On lance les concours en sachant déjà qui sera retenu, maugrée Cyriac Gbogou. Le principe fondamental d’égalité est un leurre. Le concept de démocratie est un fil conducteur, une forme dont le fond devient tout son contraire. C’est donc pour cela peut être que Cyriac parle de Démocratie à l’Africaine. Ah Wais, j’ai mis du temps à comprendre. En plus ma personne me l’avais dejà  parlé humm Ces griots nous sécurisent….

Allez,

Son’a ponda Cyriac !

J’ose croire que vous ne serez pas mes griots hein ?

Quoi ? C’est vrai Oh ! Allez !


Comme les Mangas, l’Afrique a les Kiro’o….

Ce billet est dans mon tableau de bord depuis plus de trois semaines.  Je croyais que le chômage aurait raison de moi. Mais depuis que je travaille à mon compte, je subis les affres de cet aléa.

J’écris peu. Produire un texte est une gageure. Cependant le 17 Mai dernier, j’ai eu le privilège de participer à l’appel à l’investissement du premier jeu vidéo camerounais et africain: les KIRO’O.  Il y a plus de trois mois que je les suis. J’y connais rien aux jeux vidéos. Le seul jeu que je connais et auquel je joue, c’est CALL OF DUTY.  J’essaie de dompter (Comprendre) Assassin’s Creed.  Alors en allant à cette conférence de presse, je suis sceptique:

Pourquoi vouloir lever les fonds au Cameroun?

Il pourrait le faire en déposant des dossiers comme tout le monde? Et puis en lisant le dossier de presse, je vois qu’ils sont parrainés et soutenus par le Ministère de la Culture.

Crédit photo Danielle Ibohn
Crédit photo Danielle Ibohn

Le Jeu s’appelle AURION. Il est basé sur une histoire, une mythologie, celle qui s’appelle les Kiro’o

Madiba Guillaume Olivier , l’un des promoteurs nous explique (NDLR, NGUIEBOURI Mamia Patrick est son associé)

« Je vous explique.  Kiro’o est un mouvement comme les Mangas. Il est né sous le lancement de la communication faite sur le projet AURION (Jeu vidéo 2D). »

Les jeux seront inspirés des «Contes de Vision Spirituelle» africains. Les  Kiro’o sont un diminutif de «Kiroho Maono» en swahéli qui signifie «Vision spirituelle». Basé sur la mythologie africaine  comme le sont les autres jeux vidéos européens ou nippons, Kiro’o réponds à ce vide. Il a pour ambition de  raconter et diffuser des valeurs culturelles.

Nous espérons le sortir en mi 2014 si nous levons les fonds dans le timing prévu.

Présentation de Kiro'o (Crédit photo danielle Ibohn)
Présentation de Kiro’o (Crédit photo danielle Ibohn)

Notre plan et stratégie est étalé sur 4 ans à partir de 2017.
A court terme (2013-2014):

  • créer le Kiro’o Tales sous la forme d’un livre
  • créer le premier jeu AURION qui montre le potentiel appliqué.

A moyen terme (2015-2017):

  • Faire entrer le Cameroun et l’Afrique par la grande porte en déclenchant l’industrie du Kiro’o sur tout le continent.
Un jeu piraté marche mieux qu’un qui ne l’est pas…
Crédit photo Danielle Ibohn
Crédit photo Danielle Ibohn

Madiba Guillaume réponds à cette inquiétude. La piraterie serait une bonne publicité. Les supers productions  sont piratées. Cependant la veille concurrentielle prouve que les avantages de supports techniques et de produits complémentaires , finissent par triompher du faux.

J’ attends de 2014 et je pourrais être fière! Hahahahaha

Les Mangas au Japon, les Kiro’o en Afrique.

O’bosso! ( Encouragements)

Son’a ponda!

 


L’envers du décor de la Douala Startup Weekend!

(Crédit photo Danielle Ibohn)

Comment s’est passé la Douala Startup Weekend?

Une chose est sure. Je suis exténuée. Ce fut 54heures d’adrénaline, de peurs, de rebondissements, de joies. Un sacré cocktail, un concentré d’émotions qui m’a déboussolé pendant 24heures. Vais-je vous raconter les moments forts? Je vais vous en rappeler quand même.  Nous avons eu des différents témoignages des mentors, des coachs. Nous avons eu l’enseignement, un partage de connaissances et d’expériences. Ce fut un laboratoire d’open source sans précédent.

100 candidats se sont présentés à la Douala Startup avec pour ambition de changer une vie. Créer une idée, la transformer en entreprise. Voici la Star:

Le table de bord des participants (Crédit photo Danielle Ibohn)
Le table de bord des participants (Crédit photo Danielle Ibohn)

Comment créer sa startup, son idée, sa faisabilité, son business modèle, les circuits de commercialisation. Le tableau répondait à ces questions par des post-it. Les yeux rivés vers cette dernière, rien y fait les candidats se battent.

Hussein d'activspaces, Benn Ngnet organisateur de la SWDouala, Patrick Tchientche, Guillaume Soto
Hussein d’activspaces, Benn Ngnet organisateur de la SWDouala, Patrick Tchientche, Guillaume Soto

Faut dire que les idées sont bien pensées:

  • Une application pour trouver votre appartement à vos coûts
  • Manager votre événement avec une application. C’est possible avec eux
  • Assistance aux universitaires (Partage des épreuves, des cours et d’informations universitaires)
  • Une agence conseil pour étudiants
  • Transformer vos devises en produits de services
  • Vous avez perdu vos documents? ces coursiers se proposent de vous les ramener. Lorsqu’on les retrouve.
  • Place à Obookbiz, notre premier candidat. Il défend le projet d’un CENTRE COMMERCIAL VIRTUEL
  • CHIP’s line veut conquérir le monde avec les chip’s de plantain

Pour une fois, les laptops étaient aux vestiaires.

(Crédit phoho Danielle ibohn)
(Crédit phoho Danielle ibohn)

Les mentors sont par dessus leurs épaules, conseillent, rectifient. Le don de soi était le maitre mot. Jusqu’à pas d’heure, on bosse dur.  Les incubateurs sont très présents et font vivre leur expérience en matière de création d’entreprise. Plus qu’un concours , cet événement fut un séminaire, un lieu de réseautage.

(Crédit photo Danielle Ibohn)
(Crédit photo Danielle Ibohn)

Au bout du troisième jour, les visages sont fermés de fatigue, de joie, de stress. On n’arrive à expliquer. Mais on est las. Bien las et un peu triste qu’il se termine.
Les présentations des projets se font sous l’œil aguerris du jury:

Le jury (Crédit photo Danielle Ibohn)
Le jury (Crédit photo Danielle Ibohn)

 

Se succèdent sur le podium les différents finalistes:

Le podium de la SWDouala (credit photo Danielle ibohn)
Le podium de la SWDouala (credit photo Danielle ibohn)

Le mot du Vice-Consule des États -Unis (avant le début des présentations des projets.) était un discours de l’Ambassadeur des États-Unis. La quintessence se résumait en cinq points:

  • Sa fierté d’être convié,
  • Ses excuses de ne pas être là,
  • L’importance de ce genre d’événement (les idées étant à l’origine de grandes entreprises)
  • Sa fierté de voir un tel engouement pour cet événement
  • Son espoir pour le cameroun
Le Vice-consul des USA (Crédit photo Danielle Ibohn)
Le Vice-consul des USA (Crédit photo Danielle Ibohn)

 

Après une heure de présentations, près de 45 minutes de délibérations.

Nous avons nos vainqueurs:

  • En première position: CHIP’s line veut conquérir le monde avec les chip’s de plantain
Crédit photo Danielle ibohn
Crédit photo Danielle ibohn
  •  En deuxième position: Place à Obookbiz, notre premier candidat. Il défend le projet d’un CENTRE COMMERCIAL
Crédit photo Danielle Ibohn
Crédit photo Danielle Ibohn
  • En troisième position :Manager votre événement avec une application. C’est possible avec eux
Equipe 10 , 3eme prix de la Douala Startup Weekend  avec Hervé Djia au milieu (Crédit photo Danielle Ibohn)
Équipe 10 , 3eme prix de la Douala Startup Weekend avec Hervé Djia au milieu (Crédit photo Danielle Ibohn)

 

 

Ainsi, je ferme un chapitre plein d’entrains. Un chapitre de … Bref! Magnifique moment! J’ai plus des mots là!

Vous ne lisez pas mon bonheur?

Vous aussi?

Allez Son’a ponda!

 


D’Abidjan à Douala via Cacaveli: à chacun son parapluie !

C’est la saison des pluies dans plusieurs pays africains et pour vous faire vivre cette ambiance de fraîcheur, d’eau de ruissellement et de ciel gris ; trois mondoblogueurs ont bravé les gouttes.

Bonabéri sous la pluie (Crédit photo Frank william Batchou)
Bonabéri sous la pluie (Crédit photo Frank william Batchou)

En côte d’ivoire, c’est Suy Kahofi qui commence…

On a coutume de dire que les Ivoiriens n’ont pas peur des armes mais ils craignent terriblement la pluie et c’est une réalité ! A peine les premières pluies ont commencé à s’abattre sur Abidjan que les habitudes des Ivoiriens ont foncièrement changé. Tout le monde (ou presque) à son parapluie et son imperméable. Les femmes ont retrouvé les joies du bonnet de bain en pleine rue sans oublier les chaussures en caoutchouc made in China qui se vendent aujourd’hui comme des petits pains. Abidjan, c’est désormais des percées de soleil très rare, un ciel gris digne de la City, des pluies fines interminables qui trempent piétons et autres commerçantes sans oublier ces caniveaux qui refusent le trop plein d’eau. Ce n’est pas encore l’heure des cordes quotidiennes qui occasionnent inondations et destructions mais chacun s’y prépare. En effet voici près de cinq ans que les pluies sont particulièrement meurtrières sur les bords de la lagune Ebrié. Les victimes se comptent principalement dans les bidonvilles. Gobelet, Washington nouveau quartier, Mon mari m’a laissé, Boribana…dans tous ces quartiers précaires les populations implorent le ciel et consolident leurs frêles baraques dans l’espoir que les eaux de ruissellement ne les emportent pas. Le Gouvernement pour prévenir les morts et autres dommages a déjà offert 150.000 f CFA de prime de relogement temporaire. Cette somme est jugée insignifiante par Moussa Camara habitant du quartier Gobelet. « J’ai une famille de 6 personnes : quelle maison je peux bien louer avec 150.000 f  quand les propriétaires exigent des cautions ? » se demande le père de famille. Malgré les injonctions de la protection civile, les habitants des bidonvilles font la sourde oreille. Si Abidjan n’a pas encore les pieds dans l’eau, on ne pas en dire de même pour Cacaveli qui est déjà passé en mode inondation.

La personne la mieux placée pour en parler n’est tout autre que le mondoblogueur Aph Tahl.

J’ai du mal à croire que mon ami Suy a les pieds secs ! Plus j’y pense, plus j’ai mal ! Franchement.

Mon asthme m’a toujours imposé d’être attentif à tout changement brusque de température (et de pression, probablement). Depuis un mois déjà, j’ai la nette impression d’être un astronaute, tellement je passe dans tous les états, et dans les degrés, ici à Cacaveli. Tu t’allonges, le temps de regarder la fille moche qui présente la prévision météo (une menteuse, en plus), brusquement l’air devient sec et frais ; le temps d’aller chercher ta capsule de Ventoline, il fait sombre tout à coup, et les branches des arbres à ta porte s’affolent : c’est sûr, il va pleuvoir ! Offre-toi quelques secondes de paresse, et ton linge qui n’a pu sécher la veille sera mouillé à nouveau.

Tu t’es fait surprendre par la pluie, sur la dalle, en essayant d’ôter le linge, tu es déjà mouillé, alors c’est à toi de positionner les bassines pour recueillir de l’eau de pluie. Dieu seul sait combien elle est abondante, cette eau ; et utile en plus, pour mettre au propre les engins et pour la prochaine lessive. Ouf, tu rentres et tu te mets au sec, tout grelottant, pensant te blottir dans tes couvertures et te connecter à Internet pour t’évader : Delestron t’en empêche. Isolé du reste du monde, tu ronges seul ton frein dans ta chambre, et tu te mets à hanter les couloirs de ta maison.

 J’ignore quel péché à commis Cacaveli mais ces pluies sont de véritables déluges. Tu sors enfin de l’arche, pour respirer l’air pur, et prouver aux voisins que tu as survécu au déluge, et que tu es un élu : c’est là que tu te rends compte de l’ampleur des dégâts : les canaux d’évacuations sont bouchés, pleins à exploser, débordés, et les alentours immédiats…inondés ! Pauvre Cacaveli, qui perd pour quelques jours sa beauté (s’il y en avait une) poussiéreuse pour arborer l’hideux masque taché de boue, d’eau stagnante et de débris de tous gabarits !

Il faut voir la galère des habitants de la cour commune, à côté de chez moi : toute la cour est sous l’eau, sur laquelle plane des sachets et des déchets de tout genre ; certaines chambres prennent également de l’eau, et il faut plusieurs heures, pour s’en débarrasser. En ce qui concerne les risques de maladies, je préfère me taire.

Un camarade m’a une fois dit, que la qualité des infrastructures d’un pays est toujours mise à l’épreuve, en saison des pluies, et seuls les Etats censés et bien organisés arrivent à la réussir ! S’il a raison, alors le Togo fait très mal ses routes. Je le sais, je les vois tous les jours ! Certains endroits de Lomé sont pires que Cacaveli, mais je m’en fous, car c’est pour Cacaveli (et à Sokodé, probablement), que je désire être Député ! Suivez mon regard…

Cacaveli est une carte postale, en tout temps : c’est un joli paysage désertique de la Mauritanie, en saison sèche, et une version chinoise de Venise, en saison pluvieuse.

A Douala, bizarrement le soleil refuse de partir.

Nous sommes le 8 juin. Et les pluies denses sont rares. Il pleut tous les 4 jours. Les parapluies ne sont pas encore à la mode comme à Abidjan. Cependant, l’inondation à cette période de l’année, est la chose la mieux partagée.  Il est capable de pleuvoir et l’inondation (dans certains coins de la ville) persiste au moins pendant une semaine. La communauté urbaine nous rappelle que cela est dû aux égouts bouchés. Elle est  la cause des embouteillages. L’érosion écaille les routes. Pourtant bitumées, elles deviennent impraticables.

Nous ne sommes ni à Cacaveli, ni Abidjan. Bizarrement nous avons la même piscine municipale. C’est vrai ! Pas la peine d’aller se doucher ou se baigner. L’eau vient à nous. Le centre ville (Akwa) ressemble à une ile engloutie. Le courant est si fort que les années précédentes, elles ont été à l’origine de plusieurs décès. Le travail commence véritablement lorsque la pluie cesse. Les stations services sont bondées par des moto-taxis. Les taxis sont garés.

Nous sommes comme en été. On travaille moins, on dort plus et bizarrement on râle moins. (Suivez mon regard). Ceux qui en souffrent le plus, ce sont les habitants des bidonvilles. Comme à Abidjan, tous les moyens sont mises en place pour résister à la pluie. On entasse les affaires ménagères dans un coin de la maison où il ne pleut pas. Et on attend que ça passe. A Douala, la population est si dense que les habitations sont le plus souvent construites sur un marécage. Le terrain, le loyer  y sont moins chers. La saison de pluies n’est qu’une étape pour être propriétaire ou mieux vivre.

Juillet, Aout, Septembre, Octobre sont les mois les plus pluvieux de l’année. Le ciel est gris. Le climat est glacial. Les bébés sont conçus. Quoi ? Nous sommes à Venise oh ! En tous cas , on a l’inondation. C’est déjà ça non ?

Son’a ponda


Douala accueille la Startup Weekend

Script du Spot Radio (Crédit photo Danielle ibohn)
Script du spot Radio (Crédit photo Danielle ibohn)

Ce billet n’est pas objectif. Je vous préviens. Je suis l’une des Community Manager du Douala Startup Weekend. Vais-je écrire pour vanter cet événement? Non ! Vous incitez à y aller? Oui ! Quoi? Je suis  la reine des jeux de mots. Oh! HIHIHI. J’ai l’impression que nous sommes prêts à passer à la vitesse supérieure. Nous passerons à une autonomie sans précédant face à l’État, ses subventions, ses concours.

C’est comme si le Camerounais se réveille. Nos PME se mettent à la compétitivité. Le freelance est à la mode. La diaspora rentre malgré les coups durs du Cameroun. Mpacko en a fait un billet. Et se demande si ces revenants ne sont pas suicidaires. La compétence professionnelle (dans les formations universitaires) est beaucoup plus plébiscitée. L’entrepreunariat a pris d’assaut le Cameroun, de manière mieux organisée et plus compétitive .

J’ai l’impression que dans c’est l’air du temps : concrétiser ses rêves les plus fous. Pour la première en Afrique centrale, le StartUp Weekend débarque Douala pour impulser, innover et développer des startups. Du vendredi 31 mai au dimanche 2 juin, plus de 100 innovateurs du vendredi 31 mai au dimanche 02 juin 2013 seront présentés. Ils inciteront à innover, et surtout à réaliser. Hum… Je boue, j’ai hâte.

Crédit photo Douala Startup Weekend
Crédit photo Douala Startup Weekend

Explorer le talent de la jeunesse camerounaise

« Née aux USA en 2007, Startup Weekend est une association ayant déjà organisé plus de 380 événements à travers le monde. Le concept est de réunir le temps d’un weekend, une centaine de personnes d’horizons divers autour des projets et idées à fort potentiel social et économique présentés le vendredi soir. Et en l’espace de 54 heures, développeurs, informaticiens, graphistes, commerciaux, financiers, juristes et d’autres professions, partagent leurs compétences pour concevoir un business Model fiable autour de chaque idée de projet!

L’ambition de ce premier événement à Douala est de susciter et d’explorer chez les jeunes camerounais, le talent, l’audace d’essayer, l’esprit d’initiative afin de les aider à implémenter un maximum de Startup viables et ayant un réel impact socio-économique dans les industries clés du Cameroun. »

Lorsque le dossier de presse dit ça ? Je ne boue plus. Il n’ y a plus d’eau dans ma marmite. Je ne suis pas objective. Je sais. Serait-il insensé de croire en une idée, la voir germer tout un weekend ?

48 heures pour développer un projet

Arrivés le vendredi soir, les pitcheurs (porteurs de projets) passeront à tour de rôle présenter une problématique et partager leur solution en 60 secondes chronos ! Ensuite des équipes se forment autour des 10 meilleurs concepts. Pendant les 48 heures suivantes, elles travaillent sur le développement de l’idée dans tous ses aspects (faisabilité technique, commerciale, juridique, publicitaire, etc).

Présentation "comment reuissir une startup A Dakar" Credit photo Dakar Startup Weekend
Présentation « comment reuissir une startup à Dakar » (Credit photo Dakar Startup Weekend)

Et le dimanche après-midi, chaque équipe présentera un prototype de l’idée devant un jury composé d’entrepreneurs confirmés, de mentors, de sponsors et investisseurs.

Le principe de cet événement me rend folle. Vous savez pourquoi? Parce qu’il est un lieu de rencontres, d’échanges tout azimut. C’est un grand espace de co-working. Juristes, entrepreneurs, marketeurs mettent tout en place pour une faisabilité et un rendement d’une startup. En un jour, on crée une entreprise. J’ai les yeux qui brillent, les mêmes yeux que Djia, Samuel, Benn, Dorothée, Jean-Philippe, Gille, Cyrille, Carole, Jean Pierre. Hahahaha. J’aime l’open source, ces données en ligne auquel n’importe quel internaute peut avoir accès. Peut-être, c’est la raison pour laquelle j’aime cet événement. C’est un événement pour des Warriors. Ceux qui se battent, ceux qui en veulent. Le comble est qu’il est primé.

En studio pour l'enregistrement du spot radio (Credit photo Danielle Ibohn)
En studio pour l’enregistrement du spot radio (Credit photo Danielle Ibohn)

Allez, Son’a ponda le 31 Mai