Cameroun : les Journées Nationales de la PME, une mascarade?

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19 mai 2013

Cameroun : les Journées Nationales de la PME, une mascarade?

Les journées Nationales des Pme (Crédit Photo Danielle Ibohn)
Les journées Nationales de la PME (Crédit Photo : Danielle Ibohn)

Au Cameroun, les Petites et Moyennes Entreprises (PME) représentent le premier secteur créateur d’activités. Et pourtant… En 2010, les pme ont réalisé 15% du chiffre d’affaires total du pays et employaient 48,7% des effectifs, tandis que les grandes entreprises – qui dégagent 84,6% du chiffre d’affaires total du secteur productif – n’emploient que 51,3% des travailleurs.

Seulement 56 PME sont reconnues par l’Etat, me souffle la présidente de l’association des Pme au Cameroun. Je suis stupéfaite. Quand on parle de reconnues au Cameroun, on fait appel aux réglementations en vigueur à respecter (impôts, les autorisations…) Apparemment seuls 56 sont donc en règles. En économie, lorsque le tiers de la population qui produit du PIB n’est pas en règle, elle n’est pas compétitive.

Imaginez-vous : au Cameroun les PME, c’est de la sous traitance.

L’Etat est le premier fournisseur en la matière. Près de 8 mille milliards 6oo millions de CFA sont prévus à cet effet. Cela signifie que le secteur des PME devrait relancer, la croissance en créant des emplois, créant de ce fait un PIB conséquent.

Notre secteur est informel est centré sur de petits marchés. J’étais à la deuxième édition des Journées nationales de la PME le 7 mai dernier. Il y a un souci. Le secteur est malade. De ce fait, il faudrait faire des ateliers de formation. Le secteur est convoqué à l’hôtel  Sawa pour en parler.

Les PME ne savent pas répondre à un appel d’offres

Selon Wikipedia, Un appel d’offres est une procédure qui permet à un commanditaire (le maître d’ouvrage), de faire le choix de l’entreprise (le soumissionnaire qui sera le fournisseur) la plus à même de réaliser une prestation de travaux, fournitures ou services. Le but est de mettre plusieurs entreprises en concurrence pour fournir un produit ou un service.

Au Cameroun, elles sont comateuses. Elles disent se nourrir des subventions de l’Etat qui constituent 30 % de leur survie. Faut-il alors apprendre à pécher ou à prendre du poisson ? Les PME camerounaises aiment être des éternels assistés, des enfants non sevrés ?

Le ministre des Petites et moyennes entreprises de l’Economie sociale et de l’Artisanat, Laurent Etoundi Ngoa,  le confirme :

« Les PME ne savent pas répondre à un appel d’offres. Nous sommes l’Etat et les appels d’offres nous parviennent sans rigueur, sans connaissance, sans compréhension. On s’interroge . »

La salle est pleine. Je suppose que ce sont les chefs d’entreprise de ces PME. J’ose croire, les visages ne me disent absolument rien. La publicité autour de cet événement ? Le cadre de formation ? Au quartier, on dit que ce sont les choses des blancs là. J’espère que la présence de la chaîne locale a pu en décider certain, parce que ces journées ont été l’occasion de toucher du doigt la compétitivité du secteur.

Le premier fournisseur, l’Etat, est monté au créneau et explique pourquoi les 8 Milles milliards 600 millions échappent aux PME :

  • En un : elles sont pas reconnues,
  • En deux : elles ne savent pas se prêter au jeu des appels d’offres (capital pourtant),
  • En trois : certains projets de l’Etat sont clefs à main. C’est-à-dire que l’Etat est contraint par les bailleurs de fonds de choisir une entreprise qui lui sied,
  • En quatre : la question du lobbyisme et du tribalisme.

Aux deux premières préoccupations, il s’agit de mettre les PME à l’obligation de la qualité. Être dans le standard de la compétitivité. Éviter de rester dans des marchés de proximité qui ne permettent pas d’accroitre de manière exponentielle son chiffre d’affaires. En plus, elles pourraient se rendre compétitif au niveau international.

Aux deux dernières, il s’agit d’echapper aux contraintes. Tant bien, on sait que le marché est souvent moins objectif, il n’en demeure pas moins que c’est près de 2 milliards qui sont en jeu, puisque les 6 milliards, la plupart du temps sont clefs à main, nous souffle le ministre. Les chantiers du Cameroun sont nombreux. Les PME permettent de créer de la croissance qui pourrait être réinvestit dans un autre secteur, quand bien même les grands travaux se terminerait. Laquestion du tribalisme, du lobbyisme ? Tout cela reste du domaine du grand mystère. Il est clair que dans certains secteurs, on peut retrouver plus une tribu qu’une autre. Cependant, ceci est fortuit puisqu’il dépend de la formation.

Je reste dubitative.

Les PME au Cameroun constituent ce secteur informel d’une dynamique hors paire, ne voient elles pas cet enjeu là ? Le village des journées continue à m’inquiéter. Aucune PME n’est représentée. Sauf les grandes entreprises y sont. C’est assez paradoxale pour un événement de ce genre.

Bref, je vous laisse avec un souncloud des discussions de ce jour,

Mon cœur lourd, je vous dis Son’a ponda!

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Commentaires

Nasser
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et moi aussi je dit sey yéé sso pour dire sona ponda