Danielle Ibohn

Regards croisés sur l’immigration

Le drame de Lampedusa en a beaucoup interpellé  à travers le monde notamment les mondoblogueuses qui ont ainsi décidé de collaborer pour parler de cette « immigration ».  Un article à plusieurs mains : Marine Fargetton , bloggeuse dessinatrice et Pascaline Breuil de France, Faty du Mali (pas Fatou la Malienne, ce film que je n’ai pas aimé du tout !) et Danielle Ibohn et Josiane Kouagheu pour le Cameroun.

  1. Marine Forgetton illustre tout l’éventail d’émotions qu’éprouvent les parents des immigrés
l'immigration vu d'Afrique

l’immigration vue d’Afrique

2. L’immigration ne serait-elle pas une histoire sans fin ? question introductive de Pascaline Breuil, mondoblogueuse de la 2e saison qui était ancienne expatriée en Egypte.

Telle est ma question lorsque je regarde mon pays, et ma ville, Marseille considérée un temps comme  porte de l’Afrique, construite par l’immigration. La porte semble aujourd’hui fermée, ou à sens unique. Et comment peut-on, dans ce contexte, imaginer une mer Méditerranée qui serait « notre mer » (mare nostrum) à tous ? Une mère est-elle capable de laisser mourir ses enfants ?…

Du côté de cette mer où je vis désormais, l’immigration, c’est l’immigration choisie dont parle Fatou Diome, dans son livre Celles qui attendent (Flammarion, 2010) :

«Qui choisit ? Comment ? Et pourquoi ? Répondre à ces questions […] c’est jeter une lumière crue sur les rapports Nord/Sud de notre époque. »

Mon expérience de l’immigration, c’est cette mère de famille malade et menacée d’expulsion que j’ai rencontrée . Il y a deux ans de cela. Un groupe de soutien s’était  formé, épaulé par le Réseau éducation sans frontières, qui se bat pour la régularisation des enfants sans papiers scolarisés et de leurs familles, et qui lutte contre les lois « injustes et intolérables ».

L’immigration pour moi, c’est aussi cette étudiante chinoise, que j’ai connue un peu plus tard. Elle venait d’obtenir son diplôme, mais continuait de s’inscrire à l’université pour pouvoir rester en France, travailler pour une entreprise dans un stage qui n’avait que le nom et le «tarif». Elle vivait à Paris, mais avait fait sa demande de renouvellement à Marseille car les délais d’attente étaient moins longs et son dernier visa d’étude allait expirer. C’était à l’époque où le changement de statut entre visa étudiant et visa de travail avait été rendu plus difficile par la circulaire Guéant, du nom du ministre de l’Intérieur de cette époque peu glorieuse.

L’immigration pour moi, c’est aussi cet homme arménien, qui au travail m’avait appelée paniqué, car on lui demandait 200 euros de timbres fiscaux pour renouveler sa carte de séjour. « Vous devez faire erreur sur la somme monsieur, ce n’est pas possible !» lui avais-je répondu naïvement, avant de constater que c’était effectivement la somme demandée pour une demande de carte de séjour de 10 ans et de me raviser.

L’immigration pour moi, c’est enfin cette amie d’origine algérienne, pourtant française à qui l’on demande régulièrement d’où elle vient, comme si elle descendait de l’avion à chaque instant. C’est cette autre amie américaine, sans statut et donc sans droit de travail en France, car  il y a 7 ans son dossier de demande de visa a été « égaré ». Aujourd’hui, rien ne prouve cette demande et son séjour en France depuis cette date. Mes exemples sont si nombreux. Car l’immigration ce n’est pas ma vie et ce n’est pas mon expérience, pourtant c’est celle de mes proches, mes copains, mes voisins aussi. Comment pourrais-je ne pas m’y intéresser ?

L’immigration à Marseille, je la croise tous les jours dans mon immeuble, qu’elle soit de première, deuxième ou troisième génération. Qu’elle soit ici pour étudier ou pour travailler. Qu’elle soit algérienne, tunisienne, comorienne ou encore camerounaise. Elle a plusieurs visages et recouvre de multiples réalités. La cohabitation n’est pas toujours facile ; ainsi j’entends parfois au détour d’un couloir que ce sont les nouveaux arrivés qui profitent des aides sociales et ne veulent pas travailler. Les comparaisons faciles : « Ma mère est algérienne, pourtant elle a toujours travaillé quand nous étions petits ». Alors quand je dis qu’il ne faut pas généraliser, que la réalité est bien plus compliquée que cela, on me répond que je suis jeune et naïve.

Pourtant, ce que nous avons en commun, ma voisine et moi, c’est justement cette jeunesse de moins en moins naïve quant à notre réalité, et la précarité de notre situation.

« Blanche neige » et « Shéhérazade » ont toutes deux troqué leur palais contre un logement social.

Alors si moi aussi je pensais à émigrer…  où l’herbe serait plus verte et l’économie plus florissante pour rêver de meilleurs lendemains… qui viendrait me le reprocher ?….

3. Faty, le  Mali et l’immigration

Les statistiques sur l’immigration  au Mali peuvent paraître déroutantes, mais elles sont loin d’être exhaustives si nous tenons compte de cette immigration clandestine qui déverse, chaque jour des nouveaux candidats au départ pour l’ Europe.

Au début, les Maliens partaient plutôt vers la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Gabon… les pays africains plus développés qui offraient une meilleure alternative que la migration des ruraux vers les centres urbains. Le gain est beaucoup plus important, même  s’il faut mettre plusieurs années pour revenir – si jamais retour il y a !-

C’est avec la participation  des « tirailleurs sénégalais » – qui n’étaient pas que des Sénégalais- aux guerres mondiales que les frontières du monde se sont ouvertes aux Maliens. Ils découvrent un monde grand et les devises étrangères – qui donnent tellement de francs maliens une fois convertis-, notamment  le dollar, les monnaies des pays arabes et c’est parti pour une ruée vers l’or.

Une ruée bien légitime quand on se permet de jeter un coup d’œil sur les indices de développement du pays qui n’arrive pas à  prendre son envol malgré les efforts– si minces qu’ils en sont devenus invisibles- de l’armée qui s’est installée au pouvoir après avoir mis, Modibo Keita , son panafricanisme et ses idées teintées – d’autres diront noircies- de socialisme rêveur, au cageot.

Beaucoup de Maliens sont partis vers d’autres cieux et une culture de l’immigré est même née chez certaines ethnies comme les Sarakolés (également appelés Markas au Mali qui ont une prédilection pour les USA, l’Europe), les Songhoïs  (Niger, Côte d’Ivoire, Ghana)… Ces départs vers l’Eldorado saignent des zones entières du Mali. La région de Kayes en est l’exemple palpant : toute la société est axée autour de cette immigration qui la dépouille de ses bras valides, mais heureusement que les partants gardent un lien fort avec leurs familles qu’ils continuent à entretenir par des envois d’argent incessants.

Ces immigrés gardent un lien fort avec racines et ils reviennent d’habitude prendre femme au village. Des femmes dont la vie est peu enviable. Peut-on être heureuse de construire toute une vie autour d’envois d’argent et de coups de fil ?

Certaines femmes ne voient « les élus de leur cœur » (si nous nous permettions d’effacer de nos mémoires les rôles joués par les familles dans ces mariages arrangés où des femmes n’ont aucun mot à placer.) que par intermittence, le temps d’une visite quand ils arrivent à se faire régulariser. Sinon, la séparation peut durer plusieurs années. Cela n’empêche pas certains de ces immigrés de se marier à plusieurs femmes au pays et d’en avoir une dans le pays d’accueil . C’est le cas de ceux, évolués –je veux dire instruits, je ne fais jamais dans le racisme moi !-qui ont compris qu’ils pouvaient avoir des papiers plus facilement en s’entichant au mieux avec une Africaine régularisée, au pire avec « une blanche »). Sinon, les Sarakolés – qu’ils ne le prennent pas mal- peuvent rester en France longtemps en vivant au foyer et en économisant tout ce qu’ils gagnent pour envoyer à  père, mère, femmes, frères, sœurs restés au Mali, ne pensant qu’au bonheur qu’ils éprouveront pendant les séjours au pays.  Ils trouvent parfois les femmes mères de plusieurs enfants, qui bizarrement ne leur ressemblent, mais ne disent mot.  Je me rappelle de ce gag que j’ai entendu à la radio :

Un jeune Sarakolé qui appelle son père pour se révolter «  mais papa comment pourrais-je être le père de cet enfant, je n’ai jamais vu ma femme ? » et le père de lui répondre : «  Mon fils, quand tu naissais, je ne connaissais pas ta mère aussi ! » alors envoie l’argent du mouton et tais-toi.

Ils acceptent avec humilité la situation et repartent le cœur plein de souvenirs qui leur permettront de tenir face aux durs hivers et travaux qui les attendent, quand ce n’est pas le racisme.

Oui, le racisme est l’un des problèmes que rencontrent les immigrés. Il est partout présent de Paris à Los Angeles en passant par Tripoli ou Rabat. Ce n’est pas facile d’être noir dans un pays où la majorité des habitants sont plutôt pâles de teint. Serge Katembera a bien eu un coup de gueule face à l’assassinat d’un jeune Congolais au Brésil en envoyant une émouvante lettre à la présidente à Dilma Rousseff. Mamady Keita aussi parle de ce racisme si présent en Ukraine, Limoune en Tunisie,  Jean-Michel Hauteville en France, Salma Amadore au Cameroun, Boubacar Sangaré du Mali… et aussi ces jeunes Maliens qui ont traversé le désert pour l’Algérie frontalière du Mali en ayant d’abord opté pour une immigration clandestine vers l’Europe par les eaux tueuses de l’océan avant de trouver du travail plutôt bien rémunéré –quand ils comparent au Mali où ils n’avaient rien- et d’y rester.

Ils sont au nombre de 6 et ont emprunté le même car que moi, pour Bamako. Ils sont venus d’Algérie par Tamanrasset (ville frontalière algérienne). Ils sont emplis d’amertume. Ils ne savent pas que j’ai déjà commencé la rédaction de ma contribution à ce billet commun. La ligne de mon article en a été transformée, car je me voyais juste surveiller le racisme.

« Ces Souraka (Arabes) ne sont pas des humains, non, en fait c’est nous qui ne sommes pas des humains pour eux. Ils  prennent les Noirs pour des ânes. Pas parce qu’ils pensent que nous ne sommes pas intelligents (même cette hypothèse aussi est possible) mais surtout parce que nous eux, nous sommes des animaux qui ont la peau très dure et endurent tout. Quand ils te donnent un travail qu’un homme normal fait en 3 heures, ils veulent que tu le fasses en 1 heure et les voilà qui te crient dessus  « y’Allah ! y’Allah ! ». »  Me confie celui qui a été un voisin si serviable pendant les 30 heures  qu’ont duré notre voyage de 1200 km entre Gao et Bamako, Moussa.

Voyant l’un d’entre eux traîner la patte –je veux dire le pied, oubliez le bourricot !- je me suis empressée de lui demander si c’était parce que son pantalon – Adidas, s’il vous plaît – tombait trop et laissait voir un caleçon d’une couleur orangée.

–          Non, grande sœur – ce nom me colle presque à la peau- ce sont les Arabes qui nous ont bastonnés là-bas

–          Pourquoi ?

–           Oh juste parce qu’ils ne nous aiment pas et n’acceptent pas que nous puissions gagner de l’argent chez eux, pourtant eux préfèrent ne pas travailler et crier contre leur gouvernement.  Ils sont entrés dans notre dortoir la nuit vers 2 heures du matin pour nous battre et prendre tout ce que nous avions. Beaucoup ont fini à l’hôpital, nous avons choisi de revenir au Mali avec ce que nous avions caché ailleurs. Sinon ils nous ont tout pris, télé, téléphone, vêtements de marque…

–          Vous êtes rentrés sans problème ?

–          Non, cela décourage de voir la conduite des hommes de tenue sur les routes au Mali, de l’Algérie à ici, j’ai pratiquement perdu tout ce qui me restait. Il faut arranger tous les postes. J’ai une télé écran-plat que j’ai eu envie de jeter dans le désert tellement ils m’ont fatigué. Si je savais j’allais garder l’argent pour l’acheter au Mali.

–          Tu y retourneras ?

–          Oui, dès que ça se calme. Je vais prendre le temps de manger -dépenser- ce que j’ai-

–          Malgré tout ça ? Pourquoi ?

–          Parce que je n’ai pas étudié et que je ne trouverai pas de travail aussi bien payé que là-bas à Bamako. Je n’ai pas de choix, sauf si je fais comme les amis, je me contente des miettes que mes frères me donneront et je passerai mon temps à faire du thé devant notre concession. Je n’ai pas le choix ! IL faut que je reparte.

Comme ce jeune Abdoul, beaucoup de jeunes Maliens se retrouvent sur les routes de l’immigration clandestine pour échapper au chômage, par fierté. Chaque jour. Combien meurent dans le désert du Niger en cherchant à rejoindre la Libye, l’Algérie ou la Tunisie ?

4.  « Douala, cet autre Eldorado » par Josiane Kouagheu

Deux chèvres broutent. Un coq picore. Une poule, accompagnée de ses poussins, va à la quête des graines à picorer. Des oiseaux gazouillent. Je regarde tout ce spectacle de la gare routière de mon village. De ce qui tient lieu de gare ici. Un banc couvert de poussière, deux régimes de plantains, juste à côté. Mais ce qui m’intéressait n’était pas ce spectacle. C’était ce que je lisais dans le regard de ces jeunes qui nous observaient. Ils savaient que nous allions à Douala. Ils étaient venus nous dire au revoir. Comme toujours, ils étaient surtout venus nous entendre leur raconter nos derniers souvenirs.

Douala, cette belle ville, pensaient-ils. Pour eux, j’allais où il y avait de l’avenir. Chacun d’eux rêvait de Douala comme nous, habitants de Douala, rêvions de découvrir Paris, New-York, Berlin, Rome, Londres, Barcelone… Leurs regards sont pleins d’étoiles. Pour eux, Douala était où ils pouvaient avoir un bon boulot, un peu d’argent, une vie en rose quoi. Au village, le jeune cultivateur « Man », par exemple, allait au champ le matin, buvait du vin de palme le soir avec ses amis au club « Matango », cet espèce de bar villageois. Il regardait la télévision de temps en temps chez le grand boutiquier du village. « Monotone, moche… cette vie », disait-il dans son cœur. Il n’y avait même pas d’électricité par ici.

Et Douala devenait leur Eldorado

Je l’ai lu dans leurs regards. Lors de nos discussions, ils m’observaient toujours, comme si j’étais une certaine « idole », un peu comme nous, devant les « mbenguistes », ces Camerounais qui vivent en Occident. Je viens de Douala, voilà ce qui les intéresse. Je peux les aider à y arriver. Ils me disent alors qu’à Douala, ils trouveront un emploi, n’importe lequel. Ils pourront tout faire. Ils me disaient avec assurance, qu’il y avait du travail pour tout le monde. Et au fil des années, certains ont réalisé ce rêve.

Ils sont arrivés à Douala. Plusieurs sont devenus des voleurs. Ils ont été tués dans « leur » Douala. D’autres sont des enfants de la rue, des prostituées. Certains ont réussi. Mais au finish, la majorité a su que Douala n’était pas cet Eldorado dont ils rêvaient. Ils ont déserté leur village, cet espace plein de terres vierges qui appellent des cultures. On peut le transformer en richesse. Mais, Douala attire. Douala, c’est leur Eldorado.

Entre l’exode rural et l’immigration, le Cameroun perd ses fils

5. Danielle Cynthe Ibohn ou l’immigration culturelle

Je suis censée écrire sur l’immigration depuis une semaine. Mes copines mondoblogueuses étions biaisées par ce qui se passaient à Lampedusa. Alors nous décidâmes d’en faire un billet. Ceux qui partent et ceux qui restent. Je vais être sincère. Mon point de vue sur ce thème ne sera pas objectif. Je suis issue d’une tribu qu’on appelle les « Sawa » au Cameroun. Nous sommes le peuple de l’eau. Nous y vivons. Chez nous, l’ascension sociale se définit par le nombre d’allers-retours que fait votre famille en Europe. Je suis sûre que si vous recensez le canton « sawa » 70 % ont immigré et le 30 % restant cherche à y aller. Alors lorsqu’on parle d’immigration, je ne sais pas comment trop réagir. Cependant, une chose met tout le monde d’accord ; c’est une question culturelle l’immigration. Si pour un certain nombre, elle est liée à des difficultés financières, chez nous, ça n’y est pas forcément. Le fait d’y être est un exploit, une ascension dans la société « sawa »

Je parlerais  comme une anthropologue en immersion dont le sens de l’objectif ne peut être présent car en immersion depuis 25 ans. Pendant des années, une jeune sawa peut économiser juste pour avoir son ticket pour « mbeng » la plupart du temps, la famille ne sait ce qui se passe là-bas. Mais une chose doit être certaine. Il faut au moins un Western Union par mois. Aucune fête de fin d’année ne se passe sans eux. J’aime ma tribu, mais bon. Je ne comprends cet engouement pour l’Europe. Ce n’est pas impossible pour eux de braver Lampedusa. Mais ça c’est tabou. Comment on y va, comment on y vit. Tout ce qui compte, c’est l’apparence. L’arrivée est majorée par un coup de fil dont on informe le voisinage à tue-tête en y répondant. Plus moderne, aujourd’hui il se traduit par les réseaux sociaux et Facebook où sont affichées les photos de l’arrivée.

Na mala o Franci , j’irai  en France

Na mala o Europa, j’irai  en Europe

J’épouserai  un Blanc et j’aurai  des métis

Qui sait ? Ils disent tous que c’est dans nos gènes l’immigration

Allez Son’aponda !


Mon amie « Madame Le Procureur d’ETAT »

Elle réponds au numéro 97106118. Elle est procureur au Cameroun. Samedi dernier, elle m’accusait de vol de voiture.

Crédit Marinette Fargetton... Une des nouvelles monblogueuses qui m'a donné un coup de crayon https://unprintempspourmarnie.mondoblog.org
Crédit Marinette Fargetton… Une des nouvelles monblogueuses qui m’a donné un coup de crayon https://unprintempspourmarnie.mondoblog.org

Je suis une « petite nature » comme on dit. Et cette interlude dans ma vie m’a beaucoup secoué. Bref! Je vous raconte. Le weekend dernier, les « Weekend Startup » étaient au programme. Un événement IT dont je ne manque les rendez-vous (faisant partie du comité d’organisation). Cependant, celui de Yaoundé, il y avait de fortes chances que je n’y participe pas. J’étais malade.

Un coup de fil me sort du lit

Je devais donner un coup de main sur les réseaux sociaux et en faire la couverture médiatique. Il fallait que j’y aille. Levée à 6h et c’est parti avec mon pote, Benn. Nous faisons tout le trajet sans problèmes. Au niveau de l’entrée de Yaoundé « Mbankomo barrières » , la police nous arrête : Contrôle de police.  Le policier fait un premier contrôle sans conséquence. Il fait sortir un premier passager qui possédait une carte d’électeurs. Il repart , il revient. Puis fait un deuxième contrôle. Je veux pisser et me degoudir les jambes, je sors. En sortant, je lui remets ma carte. De retour de ma besogne, il me demande de descendre avec mes bagages: contrôle de routine. Je le suis angoissée. Je lui pose la question: ma carte est-elle fausse? Le policier me réponds: Si vous n’avez rien à vous reprocher? C’est quoi cette réponse! Je commence à paniquer.

Allo! La base? Les oiseaux sont dans la cage

Bien reçu, on vous les transfert pour le nid

Ha! Quel nid? Il me réponds. On vous amène au GMI  « l’école de police de Tsinga »

A ma descente du bus, dix minutes avant mon arrestation
A ma descente du bus, dix minutes avant mon arrestation

Ils se tourne vers ses collègues, il gueule le policier :Réquisitionnez une voiture! Ce sont les ordres. Amenez-les au GMI!

Alors débute une scène, plutôt troublante. Ses  collègues refusent d’y aller.  Le policier (visiblement le chef) réitère l’ordre. Rien n’y fait, personne ne s’exécute. Mais on est où là? Je commence à me poser la question. Il commence à draguer une des présumés voleuses. Soit! Après maintes menaces, une réquisition d’un taxi par les « présumés coupables » on s’envole pour l’école de police lieu dit GMI de Tsinga. Une voiture fait un dépassement, nous percute. Accident de voiture! Coté passager, elle vient frôler la portière où je me trouve. Je suis tellement choquée par ce qui se passe que je m’en rends même pas compte.

Il a gratté ma voiture, s’écrie le chauffeur de taxi. Les policiers: « on n’a pas le temps de faire le constat » Donne lui de l’argent, on part. Le Monsieur s’exécute. On entre dans le taxi. Le chauffeur a obtenu 7000 Fcfa. Le policier de réitérer, tu aurais dû en faire plus, t’aurais eu plus.

Arrivés, nous trouvons d’autres personnes arrêtées dont un substitut du procureur, un adjudant, une employé de banque tous venant de Bafoussam. Nous attendons dehors. Le poste se vide. Des personnes récupèrent leurs cartes d’identité, repartent. J’interroge le commandant. On est arrêté pourquoi?  Il me donne un numéro de téléphone en disant règlé ça avec elle. C’est une dame Procureur. Puis ses adjudants nous demandent de passer en cellule. On y va. On était 11 dans cette cellule: 8 hommes et 3 femmes dont moi. Alors commence un scénario dont je ne connais les aboutissants.

Le numéro de « Dieu »

Ce qui fût génial avec ce numéro , c’est qu’il te donnait la liberté. Tout le monde appelait à ce numéro sans cesse. C’était le numéro de ma grande amie « Mme le Procureur » . Le numéro de « Dieu » . Il avait de le droit de vie ou de mort, vous aussi. A ce qu’il parait, nous aurons volé ses véhicules: celui de son mari et la sienne. Une des voitures a été retrouvé grâce au GPS et un présumé coupable a été pris. Nous serons ses complices. Pourquoi? Parce que nous partageons la même profession qu’eux! Hum… La justice de mon pays! Ceux qui obtenaient le sésame, pouvaient partir. Fallait l’appeler, négocier avec elle. Puis elle vous dit, je vais vous rappeler comme une demande d’embauche pliée d’avance. Vous attendez! Rien! L’adjudant s’en va, le substitut et cinq personnes les suivent. Je vois ce manège, des noms barrés sur la liste. Puis un autre coup de fil de « Dieu »! Transférez-les à la Gendarmerie de Longkak.

Pas si « Dieu » que ça finalement« 

« Dieu » pour ceux qui ne l’ont pas compris, c’est ma grande amie « Mme Le Procureur » Nous arrivons à la Gendarmerie. Entre temps, j’oublie de dire que j’ai déjà déversée une tonne de larmes. Je sais , je suis pas une courageuse, je l’avoue. Le gardien en service me demande : vous pleurez quoi? Je ne suis pas sensible. J’ai votre note. Ce weekend, vous dormez ici. Je repanique. Je me demande comment j’ai fait pour ne pas tomber dans les pommes. « Dieu » le rappelle: ce sont des voleurs, gardez-les jusqu’à lundi. Alors, on nous mets en prison. Les femmes d’un coté, les hommes en cellule. Moi, il m’a mise à côté tellement je pleurais trop. Puis, il nous demande de nous asseoir. Il nous mettra pas en prison. On doit faire un geste (le corrompre). Mes collègues de fortune disent: non!

Puis, le Commandant débarque. Dieu seul sait ce qui venait foutre là! Peut-être était déjà la réponse à mes prières? Par pour le « Dieu » là hein? Mais le vrai quoi? « Pourquoi les prévenus sont en cellule avec leurs téléphones portables, leurs ceintures et montres » gueule le Commandant! « Ils sont là pourquoi? »

Le gardien: pour vol! Même elle? (me désignant)

Le Commandant: où le mandat?

Le gardien: « Il y a pas de mandat » C’est le Procureur qui a intimé l’ordre

Et le Commandant regueule: sortez de ma gendarmerie, sortez! L’administration est verbale. Il va rechercher un taxi. Nous fout tous dedans et retour à l’école de police lieu dit GMI de Tsinga. Lorsqu’on arrive, le Commandant fait une moue. Encore vous? Remettez-les en cellule! Cette fois ci, nous restons à la guerite assis sur un banc. On commence à discuter avec les officiers en poste.

Les officiers: Vous avez rappelés « Dieu »

L’employée de banque réponds la première non! Elle bipe mon petit frère. Et moi, dans ma lâcheté sans précédent pourquoi vous ne la rappelez pas. Avec un regard aussi froid, elle me dit: elle porte plainte contre moi. Elle demande que je la rappelle? Je me rassois déjà plus humiliée qu’avant. Alors, elle ressort son téléphone, rappelle son frère qui appelle « dieu » Mes congénères font pareil!

Faut mouiller la barbe pour sortir de prison (Corrompre)

Comme un hymne à la liberté, le même refrain revient: il faut corrompre le policier. « Dieu » leur dit tous. Mes congénères le répètent aux officiers. Ils sentent que cette histoire peuvent leur couter leur travail. Entre temps, j’ai pas de nouvelles de la « Team Startup weekend ». Je les cherche. Je les vois arriver. Il s’approchent de la guérite. je leur fais le signe: « Vous avez appelés « Dieu » Ils me disent , c’est fini! On va rentrer.

Gilles Lewat (Co-organisateur de la Startup) entre dans la pièce, l’officier me demande de sortir. Vous êtes libres.

Je n’y comprends. Alors Herman Kouassi et Benn m’expliquent. Le commandant de la gendarmerie,vous vous rappelez celui où on a été transféré. Il a donné à la team Startup, le numéro du Procureur de la République du Cameroun. S’il y a un mandat d’amené, il le saurait. La team est rentrée de la gendarmerie et est allée à la rencontre du Commandant de l’école de police. Ledit Commandant  n’ayant pas le numéro du  Procureur de la république se félicite de la trouvaille et appelle le procureur. Entre temps, les officiers en charge de notre incarcération rendent compte des témoignages. Le Commandant se charge illico de le transmettre au Procureur. Il intime l’ordre de nous libérer et demande à « Dieu » de le rappeler. Chose qu’elle dit dans l’incapacité de le faire parce que le numéro du Procureur de la République ne passerait pas.

Crédit Marinette Fargetton
Crédit Marinette Fargetton

Hum… mon weekend! J’ai pleuré, remercié DIEU, le vrai!

Allez Son’a ponda!


C’est décidé, je me mets au vert!

Je n’ai pas le syndrome de la page blanche. Mais ce billet, je devais l’écrire il y a deux semaines. Perdue dans « je ne sais pas quoi » je suis un peu flemmarde. Soit! Je parlerais de protection de l’environnement. Ce billet, j’aurais pu l’intituler avec « From Douala With my Love » (Un clin d’œil à Réné Nkowa).

Douala dans les années 60
Douala dans les années 60

Soit! Je vis à Douala. Je suis issue d’une tribu appelée les « malimba » , un peuple de l’eau, mangeant des huîtres à longueur de journée et de toutes les manières (crues, braisées, cuites). Peut-être l’origine de ma flemmardise? Soit! Je tiens à le mentionner, j’ai horreur de prendre partie pour des causes. Au Cameroun, c’est peine perdue. Je ne suis pas pessimiste, mais bon à force…

Il y a deux semaines, perdue dans mes pensées comme d’habitude depuis peu. Une nouvelle vient bousculer mon train-train: une usine de cimenterie s’implante sur les berges du Wouri. Je vous explique.

Le Cameroun a un littoral, Douala. Le fleuve qui va se jeter dans l’océan atlantique se nomme le Wouri. Je sais je ne suis pas très forte en géographie. Mais un géographe dirait : c’est un estuaire où l’océan atlantique y passe sous l’entremise du fleuve Wouri. En clair, nous sommes sur la côte. Point stratégique pour les affaires (port), le littoral (Douala) est une plaque tournante. Tout le monde court pour avoir sa part de la  capitale économique. « Venir se chercher à Douala » transparaît l’exode rural.  La ville s’étend de plus en plus. Les banlieues se créent, les ghetto se défont (sous l’action gouvernementale) et se font ailleurs. La pollution est au summum. La circulation est un calvaire. Les moto-taxis sont un « mal nécessaire » compte tenu des embouteillages incessants. Hum… Soit!

Une nouvelle cimenterie au Cameroun? Super! Ce sont des emplois. C’est la concurrence (seule une entreprise d’état avait le marché)! Vive la cimenterie! On construira des maisons et des immeubles. Le ciment sera à vil prix. Le développement, enfin passera par le Cameroun. Plus de crise du logement à Douala.

Bon, vous me connaissez déjà! C’est vrai, j’ironise. Je ne vais pas faire ma danye. Mais n’y a t-il pas un an, ce sont levés les chefs traditionnels Douala pour défendre les berges du Wouri pour des risques liés à l’environnement et au patrimoine culturel?

Hum… j’aime mon pays. Pourquoi insister et construire sur les berges du Wouri? Au cameroun, les terres ce n’est pas ce qui manque. La réponse se trouve dans ma question. Je devrais moins rêver moi! Les déchets! Ils seront déversés sur les berges du Wouri. Bon, en « bon » politicien (excusez la tautologie, ce fut impératif), la société déclare: « on surveillera l’environnement »

Ha! Je me rappelle juste un épisode des Simpsons. On se retrouvera avec des poissons à deux têtes. Je ne pourrais plus manger mes huîtres.  J’exagère.  Je sais comme Greenpeace.  Je finirais surement comme eux. Hahahaha.

Crédit Marinette Fargetton
Crédit Marinette Fargetton

Vous n’êtes pas fans des Simpsons? Vous devriez! Ils prédisent souvent l’avenir de manière troublante 😉

Je m’égare.

Je vous laisse en espérant que je ne me ferais pas pousser une deuxième personnalité. Oups, c’est déjà fait!

Vive le développement!

 Allez,  je me mets au vert,

Son’a ponda

 

 


Je veux un smartphone! Oui mais lequel?

Il est 12h 30 et je dois écrire sur la présentation « Samsung Galaxy note 3 + Gear ». Vous savez, cette espèce de téléphone avec pour accessoire une montre intelligente. Ils appellent ça , une SmartWatch. Vendredi dernier, j’ai assisté à Ma Pause Digitale, une rencontre de Networking mensuel sur les usages des Technologies numériques. Au menu, la présentation du Galaxy note 3 et sa Smartwatch. Ce fut une soirée aux allures de vente: des hôtesses, un buffet et des potentiels acheteurs, des publireportages. Comment utiliser un Samsung et surtout sa montre? Hum…

Le Galaxy coûte 380 000 Fcfa . Il est payable en traites. Quoi? On a contextualisé le prix du produit, vous aussi. C’est payable en traites. Dis donc…

En images...
En images…

L’innovation est de plus en plus folle…

La dernière innovation en date… J’appelle ça « une télécommande pour téléphone » La GEAR chez Samsung, la IWatch chez Apple. Je vous explique par cette innovation technologique, on entends par là : accéder à votre téléphone via votre montre.

Décidément, j’aime pas les dernières innovations IT. Elles veulent faire de la technologie, le prolongement des sens: Google Glass, Smartwatch, reconnaissance faciale, écrans flexibles, incassable, Waterproof, Ecran et capteur photo géants, processeur digne d’un ordinateur, vidéoprojecteur intégré, le Iphone 5 C (vraiment mieux j’en parle pas, faire des couleurs de l’innovation? Bref!)

Depuis le rachat de Microsoft des produits Nokia, la course à l’innovation est lancée. Et la guerre fait rage. Pour les non geeks, vous me direz d’un smartphone à un autre, quelle différence? Si, si, il y a en a une. Google s’y mets avec sa Nexus 5. Apple, le Iphone 5 , Iphone 5C. Ceux qui ont résisté aux éditeurs de système d’exploitation : Huawei, HTC, LG, Samsung (Bon, ceux qui n’ont pas raté le coche des Smartphones). Tandis que Blackberry perds de plus en plus le marché.

Chacun y va de ses coups bas: rachat des smartphones des uns pour revendre les siens, la guerre aux brevets. Une des tendances nouvelles, insérer les systèmes d’exploitation des uns aux autres.

Smartphone écologique? Smartphone vert oui, ça existe!

Je suis totalement d’accord sur un point: faire des smartphones un outil de complémentarité des sens face à handicap. On parle de ce fait: de « Smartphone vert ». Vous aussi, il est d’utilité sociale. C’est un peu le propre du « vert ». Non? Mais de là, à faire des fonctionnalités à tout bout de champs pour créer la consommation… Là, je deviens un peu vert. Bon, vert dans tous les sens. Ne pas l’être, c’est aller en l’encontre de la planète. Vous avez bien entendu. Être vert, c’est cher. Consommer propre, c’est coûteux. Alors pourquoi vouloir changer le monde?

Vous ne voyez pas où je veux en venir? Vous aussi! Un nouveau Smartphone ne ferait pas de mal. Il suffit juste que j’économise par traite 100 000 Fcfa par mois? Je le dépense dans une technologie dont la connexion internet en Afrique ne supporte pas le débit. Quoi? Chez nous, c’est la connexion qui dicte sa loi. Je pourrais l’égarer, ou me faire piquer, ou, ou… j’ai plus d’idée là. En somme, ces Smartphones sont-elles adaptables au contexte africain? Cette question me torture.

Le nouveau Galaxy S III est doté d’un magnifique écran de 4,8 pouces, d’un processeur surpuissant et d’une connectivité 4G, le S III adopte la reconnaissance faciale pour se déverrouiller lorsqu’il aperçoit son propriétaire. Au Cameroun, on est encore à la 1G voir la demi G en matière de connexion. Les coûts sont horriblement chers. Avoir internet au est un luxe.

Huawei, l’écran Full HD de 5 pouces possède une densité de pixels impressionnante de 443 ppi ainsi qu’une brillance de qualité supérieure. Avons-nous un souci de faire des photos professionnels lorsque la plupart n’ont qu’une culture: Facebook et album! J’en fais partie :p

Malgré son design compact, l’Ascend Mate possède un écran HD de 6,1 pouces. Conçu pour offrir une expérience optimale de divertissement, cette phablette possède un processeur quadricœur cadencé à 1,5 GHz. Une batterie de 4050 mAh à forte capacité de charge permet d’économiser plus de 30 % du temps de recharge. Bon avec notre fournisseur d’énergie électrique, il pourrait être bon.. Mais bref, cette question me taraude.

J’achèterais un Smartphone, un Samsung Galaxy note 3 avec des processeurs de dingue tant bien même je n’arriverais à me connecter de manière continue pendant plus d’une heure. Je l’achèterais quand même. Je me ruinerais quand même, juste pour la frime comme tous les africains d’ailleurs.

Crédit photo Nà tilà

Allez,

Son’a ponda


Appel à l’Enseignant! Appel à l’Enseignant!

JDN Cameroun

Tapis rouge! C’est la journée la plus importante d’une nation! La journée  des élites, de la jeunesse de Demain! Confettis! Défilé! Dîner en leur honneur!  Réévaluation de leurs statuts! Olé! C’était la journée internationale du Clochard de l’Enseignant  Samedi dernier!

 

Bon , ça aurait dû être hein? « Un appel pour les enseignant(e)s ! »: c’était le thème de cette 20 ème édition! Pas de panique, ce n’est pas le slogan d’une révolution.  Appel à quoi? Je cherche encore la raison? Quoique le statut d’enseignant me donne… une petite idée. Selon l’Inspecteur Régional pédagogique, Emmanuel Nkunke Ngouaba , l’engagement pris dans le cadre des objectifs du millénaire pour le développement(OMD) de porter la part des dépenses publiques d’éducation à 22 % du budget n’est pas respecté. En effet, depuis 2009, la part de l’éducation est en chute libre : 20,8 %( 2009) ; 19,4 %(2010) ; 16,3 %(2011) ; 14,5 %(2012).  Ha! C’est l’appel dont on parle? Peut être que oui! Peut être que non! Ah! on ne sait jamais! Hihihi

 

Mais Ce billet, je devais l’écrire, il y a belle lurette. Je sais un blogueur me dirait: actualité désuète!  Mais je vais pas entrer dans de telle considération « journaleuse ». Chacun de nous a eu un enseignant qui l’a marqué durant son parcours scolaire. Moi, j’en ai pas eu. J’aimais pas l’école. Je me demande encore aujourd’hui comme j’ai fais pour tenir pendant ces années. Vous me demandez pourquoi je parle d’eux? Mes ennemis de toujours? Je suis un peu maso sur les bords.

 

Arf! Qu’importe au Cameroun, on a fêté dans toutes les dix provinces. Tenue pour la circonstance, celle universelle, ou particulière à chaque établissement, les enseignants ont bu, défilé, arboré cette fierté marquée d’une empreinte d' »irrespect », pourtant porteur d’avenir de toute une nation. Je suis critique, parce que je suis la fille d’une institutrice. Je sais. Ennemis, vous comprenez maintenant. Je les côtoyais tous les jours. Chez nous, on dit « ne sois pas permanent dans les maisons de ton voisin de peur qu’il ne te haïsse ». Je suis pas une mauvaise personne, donc… :p

 

Pendant des années, je les ai vu trimé. Ils avaient la chance dit-on d’être « fonctionnaires » de catégorie élevée disent-ils. Je ne comprenais rien à ce jargon. Je comprenais juste une chose ma mère. Elle était veuve avec le statut d’une Directrice adjointe, elle touchait 190 000 Fcfa (Soit moins de 200 euros) avec 5 enfants à charge.  Je vous donne un exemple. Au Cameroun, le salaire se calcule en indice: lorsqu’un enseignant, il est autour de l’indice 1050, il touche « indicièrement »  229 000 F CFA.   Au même moment, tous ceux qui sont des fonctionnaires et qui ont la possibilité d’exercer des professions à l’indice 530, ils sont à 213 000 FCFA, à l’indice 1050 ils sont à 355 000 FCFA. (Source syndicaliste)

Infos.cm
Infos.cm

Le 05 décembre 2000, le gouvernement signait un texte portant sur le statut des enseignants (voir le texte dans ce bulletin). Ce statut améliore de manière générale la situation de l’enseignant camerounais, notamment du point de vue du salaire, du plan de carrière et l’âge de la retraite. 13 ans après, rien y fait on fait encore des appels aux enseignants. 

De la condition financière à une condition morale, il n’y a qu’un pas!

Alors je vous épargne la dérive du métier de l’Enseignant. Elle est corollaire des années de précarités et de désespoirs. Elle n’excuse en rien le désarroi et la perdition de ceux-ci. L’Enseignant au Cameroun est clochardisé. Rien à voir avec le rang qu’il occupait dans les années 60, me susurrait l’un d’eux obligés d’avoir un autre métier: de faire la restauration, de faire des travaux dirigés payés, des cours de vacances, de payer les supports de cours en marge des supports officiels. Hum.. On fêtait la journée mondiale de l’Enseignant, une journée de plus. Une journée d’appel, de défilés, de marches, de festivités et puis plus rien…

Allez,

Son’a ponda!

 

 

 


Deux, trois, quatre roues…? Vive les transports en commun à Douala!

Crédit DW
Crédit DW

Je traînais sur la Toile comme d’habitude lorsque Dani Feze et Danielle Ibohn sont sortis « de je ne sais où » avec l’idée saugrenue (comme toutes celles qui viennent après 1 heure du matin) de faire une « partouze littéraire » (si si , ils ont dit ça). Je ne me souviens plus ni du fil conducteur, ni de quoi que ce soit . Je sais juste que j’ai lu entre deux « lol » et trois « bande de tarés » , « donc Loic , tu vas écrire sur  les transports en commun du pays ». Et je suis allée me coucher, pas vraiment, mais c’est tout ce que vous saurez.

Ce billet, c’est Loïc Nkono qui le débute. Dani Feze et lui sont des barrés comme je les aime. Pourquoi eux ? Parce qu’à chaque fois que je suis plongée dans un énième rapport, leurs petites histoires sur Facebook me font lever les yeux dix minutes et je suis détendue. Ils racontent la plupart du temps leurs mésaventures avec les transports en commun. Alors ce billet, on en fera une partouze. Hahahaha.

Dani fera les motos-taxis. C’est un sujet qui l’inspire. Je ne sais pas trop pourquoi. Lui, il aime aller vite et bien. Quoi ? Vous aussi!  Hihihihi. En prélude , il y tient à sa définition. « Les conducteurs de benskin sont appelés benskineurs. La formation d’un benskineur dure en général entre deux et quatre heures. Le benskineur est reconnaissable à son teint sombre bronzé par le soleil, son blouson tout sale qu’il arbore fièrement même quand il fait chaud, ses yeux rougis par la cigarette ou la pollution. »

Loïc va dans le même sens en signifiant le professionnalisme « inébranlable » des taxis au Cameroun. C’est si poétique le fait que tu prennes un taxi en « ramassage » au Cameroun , alors il y a une chance sur deux qu’on t’ai déjà « surchargé ». C’est-à-dire que soit tu as passé un instant (bref ou long selon ta chance) avec le frein à main bien enfoncé dans la partie de ton corps que le soleil n’éclaire jamais. Ou alors le torse à l’extérieur de la portière avant, parce que tu n’as pas eu la patience d’attendre le prochain taxi et que tu condamnes  « Pepe Kallé » à condamner le chauffeur à rouler en première sur 300 mètres… ou plus.

Moi, je trouve que le mieux, c’est marcher dans cette ville. Cependant, marcher au Cameroun ne demande pas un professionnalisme sans faille ?  Détrompez -vous! C’est tout un art. Alors, faudrait partager votre trottoir avec de milliers de personnes, plus les motos-taxis, plus les taxis, plus les vendeurs ambulants, plus les pousseurs. Quoi ? Plus on est de fous, plus on rit!  Alors, vous vous faites insulter par les piétons. Vous êtes toujours trop lents. Vous vous faites insulter par les motos-taxis, les vendeurs ambulants, les taxis, vous êtes trop lents. Un exemple d’insultes : « Oh ! Quitte avec ton sac d’os là, c’est la maison de ton père ? »

J’aimerais juste dire que nous luttons contre l’individualisme de la société causée par la mondialisation criarde et l’occidentalisation de la société africaine. Oh ! ça m’arrive des fois d’être intelligente oh! Hiihihi. Loic abonde dans le même sens ? « Fait rare hein ? Continue Loic  : Un jour, j’ai entendu un Blanc dire à un autre Blanc :  » Ce qui est extraordinaire ! euh avec le taxi au Cameroun , c’est que vous êtes tous assis serrés les uns contre les autres… Vous êtes obligés de discuter, vous êtes proches , il n’ y a plus de barrière, je trouve ça excellent pour les échanges ! « . Vous voyez non ? Ah ! Loic ! lool ! 

Crédit Infos.cm
Crédit Infos. Cm

N’importe quoi ! poursuivit Loic, Mollah , essaie de garder ton calme quand tu vas à un entretien d’embauche et que tu es coincé entre Tchitcho le garagiste et sa blouse couverte d’huile bien fraîche qui est en train d’aller chercher un carburateur « là devant », et Atangana l’éternel pro qui a fait des tacles dans la boue sous la pluie toute la matinée et que le chauffeur  ne peutpas laisser dehors « à cause de Dieu » , tu vas respecter. En plus la promiscuité des taxis camerounais rend paranoïaque hein ! Je me souviens qu’une fois un de mes cousins s’est jeté hors d’un taxi en marche convaincu que le rasta assis à côté de lui était un agresseur. La seule chose qui s’est fait agresser, c’était sa fierté quand le taximan est lui-même descendu lui montrer les deux cents francs que le rasta sortait de son blouson quand le couzo a plongécomme Jack Bauer là .

 Apparemment, on n’abordait pas dans le même sens hein? (Loic et moi) L’éclipse n’a pas eu  lieu! Ha!

       Moi : Mon gars le feu est rouge !

       Benskinneur : Oui, mais les motos ont la priorité !

Ceci constitue désormais un quotidien dans nos rues, rapplique Dani :

– Benskineur : ouais on va où là ?     

– Client 1 : Ange Raphael 200

– Client 2 : 300 École publique

– Client 3 : Ndokoti, j’ai 100 

– Benskineur à client 3 : mets dedans !

 De nos jours, il est presque impossible de se passer des services de ces motos-taxis, surtout avec ces interminables embouteillages à longueur de journée. Les gars-là vont partout. Tu ‘‘parles bien’’ comme on dit au mboa, le gars t’emmène où tu veux (même en Afrique du Sud) et parfois au risque de sa vie.

Heu… il y a Loïc qui se tire là! Si je reste sur taxi-là on peut faire même trois jours ici ! Donc allez vous-mêmes voir sur Facebook comment le taxi au Cameroun est compliqué sur mon compte (oui oui c’est pas une page ) ou alors checkez le trend #ndemdutakesh (atalaku time)  et vous verrez vous-même.

       Enlève ton corbillard là en route

       Tu as ramassé ton permis

       Ah dis-donc, dégage là-bas

       Vois ses cheveux comme le désordre de la FÉCAFOOT

Dani nous livre le best of des insultes …Lool!!

Allez,

Son’a ponda!


Humain à l’eau, noyez-le!

Crédit photo Fifine 49
Crédit photo Fifine 49

Crie, saute, siffle, pleure, gesticule! Rien n’y fait! Le monde ne t’entendra pas.

J’ai découvert les relations publiques cette semaine dans les rapports humains. Ah! Les relations publiques! Dans la vie, tout est une affaire de relations publiques, de personnages, de scènes, de spectacles, de One man show. Ma grande sœur me le chuchotait.Butée, têtue, je me refusais de croire et pourtant! Chacun joue son rôle, sa partition.  Le monde n’aime pas les bons. Il aime cette  espèce d’arrogance. Ce type de personnes qui aime se donner en spectacle. Il aime que vous reflétiez la bonté.  Il faut que les apparences soient sauves. Les envies , la jalousies s’enchevêtrent dans un cœur qui n’explosera jamais. Ne vous inquiétez pas! Il fait pour ça le cœur. Porter les rancœurs, le pardon, l’amour, la haine, l’envie, la satiété, le vice, la bonté (ou un peu des deux)

Oh! Ce billet sera totalement égoïste. Pardonnez moi de l’écrire pour moi. J’aurais dû vous prévenir. Désolé 🙂 J’attérirais sûrement à une de ces réunions:  Bonjour! Je m’appelle Danielle et je suis une névrosée. J’aime pas parler des gens. Et la discrétion est la chose que je chérie le plus. Au delà, de ce que je raconte sur les réseaux sociaux ou  à mes amis! Rien n’y fait, je ne donne rien. Alors, j’ai développé un défaut qui parait être de l’arrogance. Je me tais. Ne dis rien.

Et plus, j’avance. Plus, je me rends compte que rien n’y fait! La plupart des gens aime courir après une vie. Cette vie, quand tu l’auras, tu en  feras quoi, hein?  L’ambition! Le nombre de personnes qui tuerait pour se faire un nom. Écraserait les uns , les autres pour occuper dans la société une position importante. Avide de salamalecs, de pouvoirs, de « Il vit par moi »,  l’homme aime être le maitre de l’homme, le dieu de l’homme. Qu’est-ce qu’on en a foutre? Il faut que l’ordre soit établi. Il faut que j’ai tout. Toi? Rien! Il faut que je sente que ta vie soit entre mes mains. Il faut que je manipule, je cogne des têtes, raconte partout. Que voire, je te tue , si je n’arrive à mes fins. Hum… Je n’en dors pas la nuit. Il faut que je te détruise quoiqu’il m’en coûte. Pourquoi tu l’as, moi pas. Hum… Alors mon cœur veut monter crescendo. Je sens la rage m’ensevelir comme Naruto luttant contre son démon à neuf queues. Humain à l’eau! Un humain à l’eau, il faut coûte que coûte le noyer. Quoi? Pas sauvé, hein? Vous aussi!

Alors ce théâtre, ce bal incessant défile devant mes yeux. Sans mots dire, je regarde. Ah! Être grand, drôle d’ambition. Il faut l’être pour faire quelque chose de sa vie. Les américains disent : quoiqu’ils en coûtent , il faut réussir. La reussite a un prix. Pas forcément celui du travail, mais aussi créer des opportunités. Créer ses opportunités, c’est être malin; déstabiliser son adversaire ; lui faire des croche-pieds ; jouer à l’ami ; Voler ses idées. Il n’avait qu’à être intelligent. La vie est une jungle. Il faut batailler dur. Le talent n’a rien à voir. Aaaaaaaaaaaaah!

Tu as ce que tu as. Ceux pourquoi tu es fait. Si les dames de chambres n’existaient pas, si le pousseur n’existait. On ferait quoi? On est tous esclave de quelqu’un. Toujours à vouloir briser, pratiquer des sciences occultes, vendre son âme pour.. Hum…

Un Humain à l’eau?  Alors noyons-le!

Hum…

Allez,

Son’a ponda!

 

 

 

 

 

 

 


Presqu’Politiquement correcte…

Crédit photo Danielle Ibohnn
Crédit photo : Danielle Ibohnn

Ce billet, je le débute avec la rage qui monte crescendo là. Je ne serais pas politiquement correcte. Depuis hier, je suis plutôt choquée par des propos qui m’hérissent le poil.

J’aime pas parler de faits politiques, je trouve que ça ne sert à rien. C’est juste un grand jeu où chacun essaye d’en tirer plus d’intérêts. Je ne suis pas pessimiste. Mais vraiment, j’aimerais qu’on me dise combien de maires, de députés, d’hommes politiques au Cameroun ont tenu leurs promesses électorales. S’il vous plait épargnez-moi vos discours. Au Cameroun, une chose est d’un commun partage: Ne jamais parler des sujets qui sont politiquement incorrects.

Commençons par celui-ci: Niat Njifenji notre numéro deux national (Président du Sénat) qui remercie notre Président de la République avec une cérémonie coûtant 78 millions de nos Franc Cfa. Bon, ça devrait me choquer! Mais dans ce pays, rien ne m’étonne. Les personnes aiment cotiser pour faire la fête. Ce qui me rends grrr, c’est que tout le monde trouve cette cérémonie griotique politiquement correcte d’en parler.

Ce ne qui convient pas, c’est un ambitieux ancien lion indomptable. Devenir maire? Il a le droit de se représenter. No bi so? (Question rhétorique en argot). Même comme il s’alignera comme les autres maires. Et puis, vraiment, on s’en fout hein?

Deuxième fait: Une image forte hein? La fille de notre deuxième président en visite dans son ancienne habitation (le Palais Présidentiel). Habillée en pagne du parti politique majoritaire au Cameroun, elle vient poser ses doléances: Participation aux élections, rapatriement du corps de son père, elle parle de réconciliation. Y avait-il un quiproquo? A ma connaissance, non! Bon, je suis aussi des années 80. Celle l’a moins informé sur son histoire, hein? Je découvre, je m’informe surtout. Ce fut incorrect d’en parler avant? C’est bon, maintenant?

Troisième fait: Ce qui convient de parler, c’est cette histoire de chats domptés (que dis-je de chatons, miaou domptés), de cette polémique autour des joueurs qui joueront ce dimanche ou pas? La coupe du monde Brésil 2014 est à notre portée hein? Tchuips, je maugrée. Et puis, quoi encore? Notre Eto’o national nous fait encore des misères. Il fait des caprices de star.  « Je ne joue pas, si mes copains ne jouent pas » Vraiment, je le comprends plus. Tu ne veux plus jouer. Ne joue plus. C’est simple. Ekié! Ils ont fait une réunion de crise, jusqu’ à 23h. Ils jouent le lendemain.

Le politiquement correcte, l’agenda des médias camerounais, friands de sensations, de titres pompeux, des titres qui feront vendre des tirages de dingue.

Devrais-je leur jeter la pierre? Combien de personnes achètent la presse au Cameroun? Le politiquement correcte est ce qui nourrirait son homme? Ma colère retombe là… Serait-ce une excuse? J’en sais plus rien… Mais une chose est sûre, c’est que dorénavant j’irais cherché mon information.

Allez,

Son’a ponda!