Danielle Ibohn

Ma toile au beurre noir

Le cinéma LE WOURI (Crédit photo Daniel Kameni)
Le cinéma LE WOURI (Crédit photo Daniel Kameni)

Je ne sais pas si je vous ai déjà parlé de ma passion pour la cinématographie. Mon premier film remonte à l’âge de 6 ans. Ce fut un film sur… C’est drôle je me rappelle plus en fait. Mais une chose est sûre, c’est que j’avais pas mangé cette semaine là, pour me payer mon ticket d’entrée. Chaque mois, dans mon école primaire, un film nous était diffusé. A l’époque, j’étais la fille de la maîtresse et je ne savais pas les avantages qu’elle procurait. Je pouvais entrer gratuitement. Et Mince! Tant de sacrifices, pour rien. Mes 25 FCFA, mon trésor si longuement gardé pour rien? Quoi? C’était une fortune à l’époque. N’empêche que la grande toile, c’est pas pareil que l’écran cathodique hein? Les images sont deux fois plus grandes, et la scène nous embarque dans cet univers virtuel qui devient réel pour une heure ou deux. J’avais les yeux plein, la tête et aussi l’estomac dans les talons. J’avais oublié de prendre un truc à bouffer oh!

Je n’étais pas en âge d’aller au cinéma seule. Alors j’attendais impatiemment ces programmes de toile. Cependant ma toile a eu son premier œil au beurre noir. Le programme a cessé. Il faut que je réédite l’expérience. Seulement, le directeur de mon école trouvait que ça nous distrayait un peu trop. (Les élèves ne vivant que pour ces moments et oubliant les études. Fallait se cotiser pour se payer une place). Il fallait absolument que j’entre au collège. Quand t’es au collège, t’as la latitude de faire ce que tu veux et t’as de l’argent de poche. Ah! Mon père! Il était fort quand même. Je vous explique. Je suis une paresseuse de feu. Je fais les choses quand elles me plaisent et je le fais bien. Et lui, il avait compris ça. Après tout, c’était mon père aussi. Alors comme une carotte, il m’a fait miroité la liberté. Moi, je ne voyais que la liberté d’aller au mythique cinéma le Wouri. A l’époque, c’était le must des must. Écran géant, fil d’attente de feu, tribune d’exhibition (mode). Personne ne le sait, mais j’ai eu mon diplôme d’entrée au lycée à cause de lui et aussi qu’il ne croyait pas en moi (mais ça c’est mon complexe d’Œdipe avec lui hahaha).

Premier film: « Independance day et le droit de tuer ». Je m’en rappellerais toute ma vie.  Séance de 14h, ma cousine m’embarque. C’est vrai que je l’ai saoulée, et que j’ai surtout cotisé pour y aller. Ma mère inquiète, m’habille. Elle, je me demande si j’avais été une grande fille pour elle. Bref! J’y vais. Qu’est-ce qu’on fait? Il faut faire quoi? Elle m’aligne ma cousine, achète nos tickets, me donne le mien. Et là, j’ai foulé la salle mythique, tapis rouge, clime à fond, des personnes qui montent et qui descendent. Ah! mon paradis! J’étais une grande. Nous choisissons nos places. On s’assied. Très vite, ma naïveté me rattrape. Je veux dire bonjour à tout le monde ma cousine dit non! C’est pas branché ça. Je me rassois. Elle va nous acheter à grignoter: boisson, pop-corn. On est paré. Les lumières s’éteignent. la projection commence.

Je vous explique. Allez au cinéma, c’est quand un même un tripe énervant et génial à la fois. Il y a l’emmerdeur. Celui qui a déjà vu les films et qui est tout près de vous et vous raconte le film point par point. Il y a le couple. Je ne sais pas pourquoi ils viennent au cinéma. Mais ils ne font pas que regarder le film , leurs bouches se regardent aussi. Puis il y a le chabat. C’est espèce d’endroit où toutes les blagues sortent. C’est pour eux, que j’y allais, pas la toile en tant que telle. Ah! deuxième œil au beurre noir pour ma toile.

Lorsque le rideau s’est baissé pour la première fois, ce monde s’est ouvert à moi. Cette ambiance mêlée à la fois à la salle et au film, les points de vue se défendent. Un débat ou une dispute est crée et le film devient plus intéressant dans ce chahut.Je ne sais pas comment dans ce tohubohu, j’arrivais à suivre le film. N’empêche qu’il fut à chaque fois très instructif. Toute mon année scolaire, je suis allé au cinéma pendant les jours de classe, en cachette, le weekend, les séances de 18h alors que j’ai classe demain.

Cependant je ne savais pas qu’en terminale, l’arrivée d’internet, m’éloignerait de lui. Troisième œil au beurre noir pour ma toile. J’y allais de moins en moins occupée à tchatcher. Puis un jour, voulant y aller. je suis arrivée et je l’ai trouvé fermé. Quoi? WTF. La crise est passée par là. Les financements, les impôts, l’arrivée du câble et surtout les téléchargements, les DVD nigérians ont tués le business. Why? Quatrième œil au beurre noir pour ma toile. Elle est devenue une église, réduite à l’abandon. Il y a en 4 au Cameroun. il n’en reste qu’un et encore.
Les promoteurs sont obligés de louer la salle beaucoup plus pour des concerts, émissions TV, mariage, et réceptions pour exister. L’activité principale est passée aux oubliettes. Pourquoi plus de salle de cinéma au cameroun, je me demande. Les droits d’auteurs? Ces espèces de droits des auteurs que le ministre de la culture nous miroite en guise de menace. Tout le monde y passe. Même les cybercafés, une époque, étaient sous la menace. Wanda (Etonné)! Ou bien, c’est la crise, ou la présence d’un autre centre d’occupation. Je ne comprends pas.

Allez, Son’a ponda!


Mes 1m50!

9ideas
9ideas

Ce billet, j’ai menacé le faire. Pas menacé, menacé, mais menacé la communauté 2.0 camerounaise. C’est vrai oh! Il y a deux semaines que j’ai fait véritablement leur rencontre. L’ambiance était bonne et j’ai menacé les afficher sur mon blog. Pas parce qu’ils ont fait quelque chose de mal, mais je me reconnais tellement en eux. Ce fut autour d’un séminaire de formation que je suis allée à leur rencontre . J’étais un peu intimidée au départ. Mais en fait , il le fallait. Le coveritlive.com, vous connaissez? Quoi? Vous aussi! C’est cette espèce de twittlive, pas seulement mais aussi facebook live sur un événement… Vous ne connaissez pas? C’est cette espèce de truc machin chose de plateforme qui vous permet de recouper toutes les informations, et commentaires dits sur votre événement sur les réseaux sociaux. C’est l’heure de l’hyperconnexion. Quoi? La 2e édition de la série de formation 24OJT à l’intention des journalistes/bloggers, m’a fait vraiment du bien. Je parle comme une geek. D’un, parce que j’ai appris un truc nouveau et deux parce que j’ai appris un truc nouveau. Quoi? c’est l’essentiel. Hihihihi.

Plus sérieusement, j’ai touché du doigt mon milieu. J’ai vu que les peines et les douleurs étaient les mêmes. J’ai reconnu en eux, mon parcours. Difficile, parfois frustrant, incompris, voulant changer les choses, apprendre, innover dans un environnement camerounais? Je ne vais pas faire ma troll. Mais au Cameroun, c’est pas évident du tout. J’aurais aimé vous dire, qu’on s’en sort. Mais c’est la passion qui nous fait avancer. les pionniers de la profession cumulent des postes rien à voir avec les 2.0 peinent à trouver des fonds pour les initiation aux TIC. La connaissance, c’est le pouvoir. Alors ils se battent mes 1m50.

Séminaire de formation (les blogueurs présents)
Séminaire de formation (les blogueurs présents) Crédit photo lapointetechnologie.info

Hihihihi.Je sais comme un cheveu dans la soupe, elle apparait cette expression. Vous explique. A cette formation, la plupart des femmes n’atteignent pas plus de 1m51. C’est vrai quoi? Les femmes intelligentes sont courtes. Je le revendique. J’ai choisis cette expression parce qu’elle montre mieux ce que nous sommes. Pas au dessus, de la moyenne, n’appartenant pas à la normalité, différent, anormal, rêveur, penseur. Tels des napoléens, on va conquérir le monde. Combien sont des personnes dans ce monde qui bossent pour leur passion, sacrifient, vivent de leurs passions,bon pas encore financièrement! J’en ai rencontré à cette formation. On y croit tellement à nos 2.0. Qu’elle changera nos vies.

Voila pourquoi j’ai attendu le 9ideas. 9ideas conference : Des idées pour « inventer le futur ». 9 porteurs de projets partageront leurs passions et leurs idées d’avenir avec 200 personnes venant de diverses classes socio-économiques : décideurs, entrepreneurs, cadres, journalistes, relais d’opinion, chercheurs, étudiants… Et les projets qui leur seront présentés, tentent tous « d’inventer le futur» en surpassant les problèmes de notre temps : changement climatique, crise économique, crise financière, fossé numérique, globalisation. ça fait 4 ans que ça dure.

9ideas en conference
9ideas en conférence (Crédit photo Danielle Ibohn)

C’est un gros tweetup comme le disent mes compères. Mais en même temps, on parle, discute, échange sur les tendances, les innovations 2.0. Elle a eu lieu samedi dernier. Et comme d’hab, j’ai pas réussi à arriver à l’heure. « Je t’unfollow si tu ne viens pas, t’es où? » « Where are you? » Mon téléphone dring, dring. Perchée sur mes  talons à 15cm, je fais des pieds et des mains pour terminer ce que j’ai à faire. Il est 14h et je débarque. Francis Pisani vient de terminer son propos. M***
Cela n’empêche que je tombe sur un débat plutôt intéressant de l’utilisation de la presse électronique au cameroun. Des sites camerounais existent, près de 800 000 personnes se connectent. 14 000 personnes se connectent via notre site par jour, maugrée l’interlocuteur en place. Cependant, je ne m’empêche de penser qu’elle est encore précaire, pas assez entrer dans la culture. En plus, combien de personnes achètent un quotidien à 400FCFA ou 500FCFA . Le prix d’une bière? Le papier vs numérique vs bière. Chez nous, c’est comme ça oh!

C’est la pause, dommage! Alors on se regroupe, échange des regards, des pseudos twitter, rient, mettent à la place d’une photo, d’un compte, des tweets un visage. C’est bon enfant. En plus le co-maître de cérémonie, Edouard Tamba (@ETAMBA) est habillé en boubou. Très vite, il est baptisé le pasteur. HAHAHA. Alors on se restaure et reprise.

De gauche à Droite Jean-Pierre Boep et Francis Piscani
De gauche à Droite Jean-Pierre Boep et Francis Pisani
(Crédit photo Danielle Ibohn)

Les échanges continuent avec NJORKU un site d’orientation RH pour chômeurs hyperdiplômés produits par nos universités super académiques. Puis une jeune femme monte au pupitre. C’est le CNA, une ONG pour le cinéma rural.Je comprends l’enjeu: amener la connaissance au population rurale. Cependant très vite, le débat s’accentue sur ses financements. En qualité d’ONG, les organismes internationaux la subventionne. Néanmoins, il ne court que 6 Mois, en plus elle projette des vieux films africains, en plus elle prends souvent des films institutionnels pour se renflouer. alors, elle rassure sur son éthique. Cependant, mon esprit s’égare. Ma voisine de chaise fait de drôle de choses avec un GPS. De l’idée à la carte, j’entrevois une présentation. Aussitôt j’ai levé les yeux. Elle et son compère s’installent. Ils nous entretiennent sur la possibilité de mieux renseigner nos cartes. Car les anciennes datent.  Il créent un site participatif où la plupart des camerounais pourront nous renseigner sur les nouvelles de manière citoyenne. pour ça, il faut un I-phone, et une culture citoyenne. Pour le I-phone, je m’inquiète Pas. C’est le mot citoyen là. Hummm…ça donne l’argent? Quoi, je suis camerounaise, oh!

Puis, un blanc monte au pupitre. Kieu, les projecteurs s’allument. Il doit être important ou c’est la mentalité africaine? ça ne me choque même plus ce genre d’assistance. Il se présente,Fabrice Epelboin, enseignant à Sciences Po. Il va nous parler de la géopolitique des réseaux sociaux.  Encore un qui nous planifie un complot, c’est sure. Il va nous l’expliquer en 3 histoires. Le recensement du 18è siecle (voulant identifier les religions) engendre les outils de comptable. Ces derniers créent des technologies utilisées pour la déportation des juifs lors de la deuxième guerre mondiale. Les groupes informatiques (BULL, IBM)  s’en mêlent. Et patratra avec les réseaux sociaux, on arrive à une concentration des masses. Cependant, ses derniers se sont garder de nous parler de DPI (réseaux de surveillance). Faut savoir que la connexion vient des câbles réseaux marins. Et ces câbles se retrouvent la plupart des pays de l’Afrique noir où? En Bretagne. Ah! je deviens « aware » Uncle sam n’est pas le seul, La Tour Eiffel watching you!

Submarine Communication Cable
Submarine Communication Cable

 

Bon an, mal an, on s’approche de la fin. Et le pasteur @Etamba (Quoi, c’est vrai! pourquoi j’ai pas pris une Pic, dingue) et joel Nleppe nous résume les 9 idées innovantes:

-L’avenir de la presse

-Cyberattaque

-Moyens de paiements innovants

-Formation aux nouveaux métiers

-Big data

-Localised entreprises apps

-Cheap smart devices

– Focus on Profits

-Africa is rising

Sur cette note, africa is rising. je me rends compte que toutes ses innovations sont folles pour le moment mais l’avenir. Ah! Mes 1m50, mes gens « anormaux ». Ils pensent fous, ils pensent technologie, application dans un pays où dompter facebook est la majeure des préoccupations. Alors on a tweeté toute la journée sauf moi (euh, je me désintoxique peu un peu hihihi)

Fière d’eux,présents ou pas. Daniel Kameni, Martine Ellong, Izane Gaetan, Epoh Max, Mouenthias, Herve Villard, Jean-pierre Boep, Brice Ekobe, Arsene Kapnang, Armand, Hugues, Valdes , Ndedi Estelle, Dorothée daf, carole Leuwé, romeodada, Roméo Noah, Djia, NDjientcheu , Eloge, chouchouazonto, Julie owono, réné jackson, Josiane kouagueu, Ngimbis, GJat, Akouma TV, Djoss TV, shakaazonto, Asitchoma, Raoul Biniga, Salma Amadore, Jean Francis Ahanda, Manekang, Joel Nlepe, Elodie, FrankyWilly Batchou, Ckklein.

Ils étaient sûrs que j’allais me moquer d’eux. (HAHAHAHAHA)

Allez, son’a ponda.

L'After! Quoi? C'est privé! Hihihi
L’after! Quoi? C’est privé! Hihihi (Crédit photo Danielle Ibohn)

Quelques liens vers des articles produits ce jour cc Franky, Mouenthias, Asitchoma

Énergie renouvelable socle de l’économie verte et du développement durable en Afrique  https://bit.ly/YPEVIJ

Une bonne santé pour un business citoyen https://bit.ly/XnpA3G

Il faut arrêter de dire «le Cameroun c’est le Cameroun…» https://bit.ly/Z5tE32

Produire pour… et de l’Afrique https://bit.ly/XnpkSr

Un tour dans « l’innovation distribuée » avec Francis Pisani https://bit.ly/YPEVIJ

La formation en milieu rural https://0z.fr/inX8y


Bordel, cette foutue oralité!

Photo de Griot sur Uniprovince
Photo de Griot sur Uniprovince

Ce billet, je l’ai pas prémédité. C’est une longue série de ceux que je ne publie jamais. Il y a longtemps que je blogue? Non, je ne pense pas. Mais cette activité me permet de masquer mes envies, de me planquer envers et contre tous. Je ne suis pas parano. Oh! Mais lorsque vous vivez dans un pays (dans une ville que dis-je) aux noms de quartier bizarre. Je vous assure, il y  a de quoi.

Il est 19h45. Et comme d’habitude la moto qui vient me chercher du bureau pour me ramèner à la maison est encore en retard. Bref, je me pose plus la question. J’attends tout juste. Ses excuses, bref, ses histoires de pneus (hahahahaha), je vous en dispense. Se pliant en quatre en s’excusant, je ne fais plus attention. Regard instant, il ne démarre pas et  attends mon sourire permettant de surseoir sa culpabilité. Et je ne fais pas prier. En enfourchant la moto, une dame en nous sifflant (après une course presque d’une minute), nous hèle toute essoufflée: « Bépanda cassemando ». Mon « zen de chauffeur » lui fait sentir qu’il n’est pas de service. Et nous continuâmes le trajet. Cependant, mon cerveau reste bloqué sur ce nom de quartier.

Bépanda est un de ces quartiers aux ramifications importantes. Ne hélez jamais un taxi sans préciser lequel des « bépanda ». »Bépanda cassemando? » Pourquoi cassemando, le nom d’une école, maugrée le chauffeur. Alors se déferle ma curiosité. « Bépanda borne fontaine? » Parce qu’il y avait une bonne fontaine à l’epoque. Ah! « Bépanda sans calençon », parce que monsieur a battu sur sa femme et l’a déshabillée. « Bépenda double balle » parce que deux coups de feu fut tirés à cet endroit. « Bepanda tandon »? Parce qu’on y vends de la viande de bœuf. HIHIHI. Je suis éberluée.

Alors en parcourant la ville cette nuit, je ne peux m’empêcher de remarquer que la ville ne comporte pas de plaques de rue. Faux, elle en contient véritablement. C’est vrai qu’il faisait nuit aussi. L’outil pratique, Foursquare ou google Maps. Je suis rentrée et j’ai sauté sur l’ordi de libre que j’ai trouvé. C’est fou quand même de voir à quel point la technologie nous informe sur ce qui devrait être.  Alors, le lendemain, je me suis mise à regarder moins le sol et les gens, les yeux rivés sur les bâtiments. Chose curieuse, c’est sur ces bâtisses construites sous l’occupation allemande que sont collés ces écriteaux. Plutôt curieux. Ils existent vraiment. Fallait juste que je me courbe un peu plus. Je me penche sur le coté. Que je repère à moins de 10 km une plaque cachée sous l’enseigne d’un écriteau à vendre, ou sous les annonces immobilières écrites sur les murs de la ville. Parfois, je devais avoir les pouvoirs de spiderman. Il existe un boulevard de la république, je le savais pas ça. Oh! Rue kassalafam, rue bessengue, avenue Japoma. Si si si si c’est vrai, je ne savais pas ça.

Douala compte près 120 quartiers répartis en 6 arrondissements. La ville  s’est imposée comme capitale économique du pays par son port qui a permis le développement de près de 80 % de l’activité industrielle du Cameroun. À lui seul, le port draine plus de 95 % du trafic portuaire du pays, par conséquent, une immigration conséquente. Les zones d’habitats se créent ça et là. Les noms appartiennent à l’histoire de cet endroit. Tenez « logbaba jardin » , le plan d’urbanisation ne connait que celui de logbaba. Mais pour spécifier les entrées, on y a ajouté logbaba « jardin ». Parce qu’à cet endroit, il fut un jardin d’enfants. C’est le retour à l’oralité. Je vais finir par croire que la colonisation n’a jamais eu raison de nous. Tout est fait en termes d’historique, d’histoire racontée. Les choix de noms de rue, de quartiers, de personnes, de choses.

Tenez par exemple, le termes « baba ». Au Cameroun, ce terme est un adjectif qualificatif décrivant  le caractère faux d’un objet ou d’une personne. Il vient d’où, il vient du terme « babaguida ». Ce même termevient d’où? Dieu seul sait. Encore cette histoire d’oralité. Je me demande si un jour, on parviendrait à coucher sur du papier le pourquoi de certaines choses.

Allez touriste, bien vouloir contacter l’application camerounaise Foursquare, le benskimen (Les chauffeurs de moto-taxis)!  Quoi? C’est vrai oh!

Allez,

Son’a ponda! (A bientôt)


Génération causante

Photo de saravanan sur Pixabay.
Photo de saravanan sur Pixaba

Billet édité par Nicolas Dagenais et Danielle Ibohn.

Josiane Kouagheu (Cameroun) : J’ai embarqué sur le bateau Mondoblog. J’ai partagé mes aventures. Une vie de rencontres, de découvertes. La Guinée, le Sénégal, le Mali, l’Ukraine, le Togo… J’ai voyagé sans décoller. Ça se raconte à Mondoblog, comme raisonne le bruit « utile » du tam-tam au village. J’écoute et je pose ma main sur celle des autres. Et ensemble nous écrivons la génération causante.

Nathy Kangami (Cameroun) : Il est 16 h, nous quittons Mbabane pour Joburg. Web-addict reconnue, je pianote sur mon Nokia E63, je surfe, je lis les infos RFI et je tombe sur « le téléphone portable vu par les Mondoblogueurs ». Je déguste en entrée « ya ya, si si, ciao ciao ciao… », le billet de la blogueuse Christelle Bittner qui écrit depuis le Pérou, et je souris.

Kaba Madigbè (Guinée) : Le Mondoblog ressemble à une vieille pratique en Afrique : « le conte vespéral autour du feu ». Avec Mondoblog, comme autour du feu, une génération cause.

Sinatou Saka (Bénin) : Génération causante comme nous a surnommés Claudy Siar.

Mylène Colmar (Guadeloupe) : Les mondoblogueurs méritent bien le qualificatif de génération causante, tant ils dissertent, jasent, blaguent, discutent, commentent, dénoncent, critiquent, tweetent, échangent, informent, écrivent…

Ameth Dia (Sénégal) : Génération causante, génération consciente, génération marrante!

Sinatou Saka (Bénin) : J’étais loin d’imaginer que je rencontrerais des personnes aussi éloignées de moi géographiquement auxquelles j’allais plus me rapprocher que ceux qui sont dans mon environnement immédiat.

Mylène Colmar (Guadeloupe) : Des quatre coins du monde.

Serge Katembera Rhukuzage (Brésil) : En 2008, quand je quittais l’Afrique, la RDC donc, c’était avec le désespoir au coeur. Ce qui m’attristait le plus en quittant l’Afrique c’était le manque de perspective et de soutien pour les jeunes. Que c’était désespérant d’être jeune en Afrique. Mais quel avenir pour eux? Aucun! Eh bien ça c’était avant de m’engager dans l’aventure Mondoblog et de découvrir à quel point mon cher continent regorge de talents. Sur Mondoblog, je découvre tous les jours du génie africain à l’état brut.

Ameth Dia (Sénégal) : Durant ces deux années, j’ai appris énormément sur ma personne puis j’ai découvert des univers particuliers et des façons de vivre que l’on ne voit pas forcément dans les médias.

Solo Niaré (France) : J’hallucine très rapidement de voir en un même lieu autant de tons colorés, d’histoires qui se laissent raconter, fluides et captivantes, soutenues par d’insolites locutions. Le temps d’une revue journalière, je m’abreuve des cultures du monde, de la sexualité des crabes à marrée basse dans les mangroves des îles de Loos à cette légende qui raconte comment le baobab malgache s’affiche comme un arbre renversé, pompant de ses racines l’eau des nuages. L’insatiable que je suis ne peut que se délecter de cette orgie. L’orgasme !

Sinatou Saka (Bénin) : Au-delà de l’aventure enrichissante qu’elle représente et qui a permis à plusieurs d’entre nous de partager de façon professionnelle, l’information de proximité, c’est avant tout la découverte d’une famille, de personnes qui partagent vos centres d’intérêts et que vous apprenez à connaître, à admirer, et à aimer article après article, jour après jour !

Aphtal Cissé (Togo) : C’est décidé! À ma mort, inscrivez cette épitaphe sur ma pierre tombale : « Ci-gît un homme qui sut s’entourer de gens plus intelligents que lui ».

Thierno (Guinée) : J’ai réalisé mon rêve d’enfance : Écrire.

Ensemble, nous écrivons la génération causante !


Habemus Papam…

Il est 19h20 et comme à l’accoutumé, je suis coincée au bureau. Je ne suis pas fan, fan, fan de travail, mais ce soir-là, j’ai cru que j’entrais dans la quatrième dimension. Et puis un tweet sort de nulle part, celui de PIERRICK de Morel.

Une sina qui panique. C’est une geek, elle le fait tout le temps pour une innovation technologique, mais c’est plus que d’habitude.

Elle est sérieuse cette histoire?

https://twitter.com/ibohn2/status/311903198141104129

Je suis coincée au bureau pas de Tv. Mais les tweets montent crescendo. Tout le monde va de son commentaire, ses pronostics. Alors je retweet.

Marie Simone nous prévient…

https://twitter.com/The_Waltium/status/311917068419211264

Une sina qui tourne en bourrique

https://twitter.com/sinath91/status/311917387307950081

Chouchou rêve d’un pape noir…

https://twitter.com/ChouchouAzonto/status/311904976882528257

Et le nouveau pape est…

https://twitter.com/ShakaAzonto/status/311920440069193729

https://twitter.com/danielkameni/status/311918763643662336

https://twitter.com/SoloNiare/status/311919055172952064

https://twitter.com/MagicFKB/status/311919202627883009

Très vite, les tweets recommencent … Les allusions à Messi, Maradona fusent.

https://twitter.com/ChouchouAzonto/status/311918748892291074

https://twitter.com/The_Waltium/status/311918520852168704

https://twitter.com/AdelGoultine/status/311920067401109504

Comme s’ils venaient de remarquer le nom du nouveau pape: François 1er.

https://twitter.com/SoloNiare/status/311920651332104192

Les blagues recommencent de plus belles.

Si pour certains, ce pape en cache un autre…

https://twitter.com/ChouchouAzonto/status/311920394816851970

… Pour moi, elle reste une soirée magique pendant laquelle les réseaux sociaux marquent un tournant décisif dans le traitement de l’information. Il y a cinq , six ans, tout le monde déplorait son coté « désinformation » lors du live-tweet le plus long de l’histoire: l’Affaire DSK. Aujourd’hui, Ils me montrent qu’ils ne sont pas que ça.

Allez,

Son’a ponda (A bientôt)

 


Frontières emmental

Emmental-Fromage
Emmental-Fromage

Oh! Non! Je sais: le titre. Encore un billet bizarre? Euh… Oui! Mais je vous rassure. Vous comprendriez tout. Je vais être simple, c’est promis. C’est vrai? Vais y arriver? J’y vais d’abord, puis on verra. Hihihi

Vous avez entendu sûrement parler de Boko Haram et cette affreuse histoire d’enlèvement de français au Cameroun. Je n’aimerais pas en rajouter une couche. Mais je vous parlerais de nos frontières en Afrique et plus précisément au Cameroun.  Nos frontières? C’est de l’emmental. Vous savez cette espèce de fromage plein de trous.  Oh! Vous aussi! Il faut être acculturé de temps en temps. Les reliefs?  Oui,  les reliefs ! Oh! Vous aussi, sont nos  gardes-fous.

Le Cameroun, c’est une superficie de 475 000 Km/carré. Il ressemble bizarrement à un triangle africain. Euh… Oui! Avez-vous déjà vu un triangle avec des fesses de ce genre? Il est particulier mon pays. Même la forme du territoire aurait dû me mettre la puce à l’oreille.

Nous sommes limitrophes de cinq pays.

Ainsi lorsqu’on quitte le Cameroun natal pour le Gabon. Suffit-il de traverser la mer, un fleuve, un lac, une rivière, voire une marre d’eau? Oui? C’est vrai, oh! La preuve? 40 bonbonnes de gaz ont été saisies à l’intérieur du Gabon provenant du Cameroun. Pas plus tard que ce 1er février. Quoi? Il suffisait juste de traverser une marre d’eau . Vous alors…

La frontière Cameroun-Nigéria en dehors du trafic de « zoua-zoua » et de Boko Haram, c’est la course à l’or blanc (coton) qui est d’actualité. On y entre , on y sort. Le passeport? Hein? C’est quoi ce papier? Le truc des blancs là? Oh! ça? Connait pas. Et puis chez nous, le voisin connait mieux ce qui se passe chez toi. Pourquoi s’en priver?

La frontière Tchad-Cameroun ? Faut traverser un pont. C’est vrai! On va y chercher notre baccalauréat. Le nôtre? Oh! Vous aussi. Il faut à peu près être téméraire pour l’avoir ici. De plus hein, celle du Tchad est mieux valorisée que celle du Cameroun. Tchuips!

Euh… Entre la Guinée équatoriale et le Cameroun, le torchon brûle. Quand un camerounais veut transporter ses marchandises. Vraiment, ne venez pas le chercher, hein?  Ne lui  demandez pas de présenter ses papiers, hein? Euh… ça vous crée un incident diplomatique sans précédent. C’est vrai oh! Hihihi. Ils ne me croient pas.

Avec la frontière République centrafricaine ,ce sont  les militaires centrafricains qui s’y perdent aussi. Ils perpétuent des actes de vandalismes. Font des expéditions punitives contre la véritable armée camerounaise, parce qu’elle ne veut pas respecter l’ordre.

Quoi? C’est mon Cameroun.

On ne sait pas où on va. Mais on y va quand même.

Allez,

Son’a ponda!


Je suis une Schtroumpfette

Poster allemand de 1914.

https://twitter.com/ibohn2/status/308563224251482112

 

https://twitter.com/ibohn2/status/308576068032421889

 

https://twitter.com/ibohn2/status/308567368248983552

 

https://twitter.com/ibohn2/status/308567815135297536

 

https://twitter.com/ibohn2/status/308568985555836928

 

https://twitter.com/ibohn2/status/308570091744792577

 

https://twitter.com/IzaneFG/status/307543995461025793

 

https://twitter.com/ibohn2/status/308572479322996736

 


Je suis de la Social Class Twitter!!! Et vous?

Social Network Class
Social Network Class

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hey les voisins ! Si vous lisez ce message c’est que vous avez un compte Facebook

Ce billet, je l’avais pas prévu. Mais l’émission du mardi 26 février de « 7 Milliards de voisins » nous rappelant et faisant débat sur la journée nationale sans facebook, m’a réveillé de léthargie. Oui, je cogite parfois. Oui!J’ai dit parfois.

Les réseaux sociaux ont transformé notre façon de de communiquer et de consommer internet, déclare Emmanuelle Bastide, Véritable société virtuelle dans la société réelle, certains en sont même accros ! Et vous les voisins, quel est votre utilisation des réseaux sociaux ?

J’ai entendu défiler les plus accros des plus accros. Mais le commentaire qui m’a fait « et hop faut j’en parle » c’est celui-ci:

Les réseaux sociaux pour certains, c’est comme de la drogue. Pour d’ autres, c’est comme de l’eau. Pour d’autres, encore c’est rien du tout…

Pour moi, c’est de la drogue. Quoi?C’est vrai! J’y suis tout le temps. Je parle, je discute, je rencontre, j’écoute, je vois des films, m’informe,désinforme, me réinforme  apprend, désapprend, m’ennuie, me désennuie. Je crois que c’est un complot des blancs. Quoi? Tout le monde en Afrique croit que tout ce qui nous arrive, c’est la faute aux blancs. Quoi? Je suis un mouton. hihihi

Chaque réseau social remplit une fonction.Je vous parle des plus célèbres.

Notre album photos: Instagram, Pinterest, Flickr, voire Facebook (bref au Cameroun, c’est le seul qu’on connaisse alors…Quoi? Je suis un mouton. Je suis la foule )

Notre iPod: Deezer, my space

Notre bibliothèque: Wikipedia, Google

Notre coin kongossa (commérage) : Twitter, Facebook, DjossTV

Notre coin Series, film, vidéo,gags: Youtube ,dailymotion

Notre coin culture : DeviantART

Notre coin pro: Viadeo, Linkedin

Être fliquer: Fousquare (bref,on se flic soi-même quoi?)

Imaginez moi, grasse comme ça, sans faire de sport. Vivant en postant mes photos d’il y a 8 ans (quand j’étais encore mince) sur Flickr, sur Instagram, sur facebook. Quoi? L’excès ne nuit pas oh!
Ne cherchant plus à lire,mais  introduisant un mot-clé sur des milliers de moteurs de recherche que j’ai mis sur mon bookmark. Il n’y a qu’à écrire la première lettre et le robot reconnait.

Plus besoin de créer une carte professionnelle, j’en ai une sur viadeo, Linkedin.

Ne cherchant plus à mettre mon IPOD aux oreilles: Ouille le mouvement perds du temps. Quoi?Je n’ai qu’à cliquer my space, deezer et me connecter avec mon compte Facebook. Quoi? Qui vous a dit que j’aime écrire. My playlist s’affiche et elle enchaine les morceaux. Et lorsqu’elle finit, le robot se charge de me faire écouter le même style musical.

Les informations? Je les tweets, retweets, faisant attention au Fake. Quoiqu’il fallait juste que je regarde la TV ou un journal pour etre mieux informé. Mais je suis trop faiblarde pour ça. Alors, je me desinforme d’abord, puis je m’informe à force des retweets.

Je regarde mes émissions sur dailymotion: radio, TV. Je ne rate rien.

Je me flic sur Foursquare.

Puis je kongosse sur Facebook, twitter, et djossTv.

Quoi? Vous aussi! Je ne suis pas une paresseuse. J’ai du écrire ce billet. WordPress  mets au Compteur 507 mots.

Allez ,

Son’a Ponda!!!