Danielle Ibohn

Ma terre d’accueil: le Cameroun

( Crédit Photo Espace Rezo)
( Crédit Photo Espace Rezo)

J’aurais voulu ne pas écrire ce billet. ShakaAzonto, une amie m’a dit à sa façon que l’enfermer dans ma tête ne sert à rien. Témoigner, c’est lutter. Alors je lutte.

En 2006, j’ai fait la rencontre de Sylvie, une rwandaise. Elle était tout ce qui a de fayot,  accrochée aux règlements. Une de ses filles désagréables qu’on déteste à la fac. Je ne sais pas comment et pourquoi nous sommes devenus amies. Je portais le nom de sa fille adoptive Danielle. Elle était Hutu et combattait les Tutsi. Elle fut enrôlée à 15 ans. Pourquoi? Elle n’a aucune idée. Ce qu’elle sait c’est qu’elle fuyait la ville avec ses parents. Qu’ils ont été tués et qu’elle fut prise pour la « bonne cause ». Je vous raconte son histoire.

Tuer, elle ne peut

Le premier jour au camp, elle était entourée d’enfants allant de 10 à 15 ans. Aussi perdu qu’elle, pleurant à chaudes larmes. « Ce bruit était presqu’une symphonie à la mort », me dit-elle. Leurs bourreaux (jusqu’à ce jour, il est difficile qu’elle les nomme) entrent. Ils leur demandent de sortir de cette geôle en paille. Ils sont dans la forêt. On a dû lui administrer de la drogue.

Il faut tuer, crient leurs bourreaux. Il faut assainir la vermine. Nous sommes l’élite.

Bien loin des considérations politiques, elle a faim. Elle ne tuera pas de toutes les manières. Elle s’enfuira. Ils seront seuls dans la foret, entre nous. Elle pourra s’échapper. Alors , elle rêve de liberté, du chemin qu’elle empruntera. Il est l’heure de partir. Elle est surexcitée. Tout le monde l’est sauf les nouveaux. Elle était d’une toute autre excitation. Celle de s’échapper.

Dans la forêt…

Elle s’enfonce peu à peu vers ces hautes herbes, ces arbres. Ils doivent rejoindre la route. Ils doivent débarrasser du monde la vermine. Son ton change. Il devient froid. Elle doit avoir tuer. Je commence à me rendre compte peu à peu. Son visage se referme. Son récit sur les violences perpétrées sont insoutenables.

« On tuait à l’arme blanche. Parfois, avec une arme. Nous, les nouveaux , nous avions une arme. Je n’ai pu tiré sur personne. Mais sans oublier, ce qui m’attendait au camp. Je n’ai pu fuir. Ce ne sont plus des humains, ses enfants. Ils m’ont brutalisé. Ma sentence a été irrévocable. J’ai tué un autre enfant au camp pour sauver ma peau. »

Drogue, sexe, liberté

« Je connais plus de 30 techniques pour tuer un homme. J’en suis fière ? Cela m’a détruite. J’ai été violée tour à tour par mes bourreaux et mes collègues de même pas 13 ans. Le sexe, c’est sale. Je suis addict à la coke, au chanvre. Tout ce que j’avais sous la main. Dans un moment de lucidité, pourtant j’ai pu rejoindre le camp de l’Unesco dans un village pour m’échapper. J’y passé tout mon enfance: Ecole, Psy, atelier. J’ai obtenu mon baccalauréat dans ce camp et j’ai quitté le Rwanda. Il nous demandait de choisir un pays. J’ai choisi le Cameroun. Parce qu’ils ont une multitude de langues, de tribus et ils arrivent à vivre. C’est mon idéal de pays. Je peux y vivre. J’ai adopté une tutsi. Et j’y vis. »

Me reconstruire?

« Je ne pense pas. Je suis détruite. J’ai un homme qui m’aime. Continue ma thérapie. J’espère que la vie sera moins pénible. »

Voilà! J’ai lutté ShakaAzonto! J’ai lutté Sylvie! J’ai lutté…

Son’a Ponda


Cameroun : les Journées Nationales de la PME, une mascarade?

Les journées Nationales des Pme (Crédit Photo Danielle Ibohn)
Les journées Nationales de la PME (Crédit Photo : Danielle Ibohn)

Au Cameroun, les Petites et Moyennes Entreprises (PME) représentent le premier secteur créateur d’activités. Et pourtant… En 2010, les pme ont réalisé 15% du chiffre d’affaires total du pays et employaient 48,7% des effectifs, tandis que les grandes entreprises – qui dégagent 84,6% du chiffre d’affaires total du secteur productif – n’emploient que 51,3% des travailleurs.

Seulement 56 PME sont reconnues par l’Etat, me souffle la présidente de l’association des Pme au Cameroun. Je suis stupéfaite. Quand on parle de reconnues au Cameroun, on fait appel aux réglementations en vigueur à respecter (impôts, les autorisations…) Apparemment seuls 56 sont donc en règles. En économie, lorsque le tiers de la population qui produit du PIB n’est pas en règle, elle n’est pas compétitive.

Imaginez-vous : au Cameroun les PME, c’est de la sous traitance.

L’Etat est le premier fournisseur en la matière. Près de 8 mille milliards 6oo millions de CFA sont prévus à cet effet. Cela signifie que le secteur des PME devrait relancer, la croissance en créant des emplois, créant de ce fait un PIB conséquent.

Notre secteur est informel est centré sur de petits marchés. J’étais à la deuxième édition des Journées nationales de la PME le 7 mai dernier. Il y a un souci. Le secteur est malade. De ce fait, il faudrait faire des ateliers de formation. Le secteur est convoqué à l’hôtel  Sawa pour en parler.

Les PME ne savent pas répondre à un appel d’offres

Selon Wikipedia, Un appel d’offres est une procédure qui permet à un commanditaire (le maître d’ouvrage), de faire le choix de l’entreprise (le soumissionnaire qui sera le fournisseur) la plus à même de réaliser une prestation de travaux, fournitures ou services. Le but est de mettre plusieurs entreprises en concurrence pour fournir un produit ou un service.

Au Cameroun, elles sont comateuses. Elles disent se nourrir des subventions de l’Etat qui constituent 30 % de leur survie. Faut-il alors apprendre à pécher ou à prendre du poisson ? Les PME camerounaises aiment être des éternels assistés, des enfants non sevrés ?

Le ministre des Petites et moyennes entreprises de l’Economie sociale et de l’Artisanat, Laurent Etoundi Ngoa,  le confirme :

« Les PME ne savent pas répondre à un appel d’offres. Nous sommes l’Etat et les appels d’offres nous parviennent sans rigueur, sans connaissance, sans compréhension. On s’interroge . »

La salle est pleine. Je suppose que ce sont les chefs d’entreprise de ces PME. J’ose croire, les visages ne me disent absolument rien. La publicité autour de cet événement ? Le cadre de formation ? Au quartier, on dit que ce sont les choses des blancs là. J’espère que la présence de la chaîne locale a pu en décider certain, parce que ces journées ont été l’occasion de toucher du doigt la compétitivité du secteur.

Le premier fournisseur, l’Etat, est monté au créneau et explique pourquoi les 8 Milles milliards 600 millions échappent aux PME :

  • En un : elles sont pas reconnues,
  • En deux : elles ne savent pas se prêter au jeu des appels d’offres (capital pourtant),
  • En trois : certains projets de l’Etat sont clefs à main. C’est-à-dire que l’Etat est contraint par les bailleurs de fonds de choisir une entreprise qui lui sied,
  • En quatre : la question du lobbyisme et du tribalisme.

Aux deux premières préoccupations, il s’agit de mettre les PME à l’obligation de la qualité. Être dans le standard de la compétitivité. Éviter de rester dans des marchés de proximité qui ne permettent pas d’accroitre de manière exponentielle son chiffre d’affaires. En plus, elles pourraient se rendre compétitif au niveau international.

Aux deux dernières, il s’agit d’echapper aux contraintes. Tant bien, on sait que le marché est souvent moins objectif, il n’en demeure pas moins que c’est près de 2 milliards qui sont en jeu, puisque les 6 milliards, la plupart du temps sont clefs à main, nous souffle le ministre. Les chantiers du Cameroun sont nombreux. Les PME permettent de créer de la croissance qui pourrait être réinvestit dans un autre secteur, quand bien même les grands travaux se terminerait. Laquestion du tribalisme, du lobbyisme ? Tout cela reste du domaine du grand mystère. Il est clair que dans certains secteurs, on peut retrouver plus une tribu qu’une autre. Cependant, ceci est fortuit puisqu’il dépend de la formation.

Je reste dubitative.

Les PME au Cameroun constituent ce secteur informel d’une dynamique hors paire, ne voient elles pas cet enjeu là ? Le village des journées continue à m’inquiéter. Aucune PME n’est représentée. Sauf les grandes entreprises y sont. C’est assez paradoxale pour un événement de ce genre.

Bref, je vous laisse avec un souncloud des discussions de ce jour,

Mon cœur lourd, je vous dis Son’a ponda!


Liebster blog…

(Crédit Tekla little blog)
(Crédit Tekla little blog)

Je voulais pas me prêter au jeu. Cependant Nora NOVIEKOU, Pepito, Nelson m’ont plutôt forcé doucereusement la main Hihihihi. Le comble, c’est que je ne peux les nommer (c’est la règle du jeu.) Hum…

Onze faits sur MOi…

1- Je suis née un 14 Juillet dans une maternité où toutes les infirmières me trouvaient si minuscule. J’avais 33cm. Je sais,rien à faire…C’était pas un accident: je serais courte loool.

2- Je suis naïve. Mes proches en ont peur parfois. « C’est une éponge, le pire c’est qu’elle ne fait pas exprès. Elle se fait toujours avoir elle »  Ils disent.

3- Je suis maniaque.

4- J’y crois tellement à des choses que j’en oublie parfois de manger.

5- Tout le monde me dit que je suis barrée. Je suis pas normale. C’est vrai! Je suis horriblement insensée. Pense à des choses qui dépasse souvent mon propre entendement

6- J’aime le changement. Bouger! Je M’ennuie très vite

7- Je suis tellement maladroite qu’on pourrait faire un livre de 200 pages sur mes gaffes. Vous vous ennuierez pas, c’est hyperdrôle.

8- Je suis pas patiente.

9- J’aime les années 70. La photographie, la musique, le style vestimentaire, l’ambiance, les personnes, je suis callée sur le blues, le jazz, et aime lire parfois je dis parfois du Hemingway.

10- Bizarrement j’écris, mais j’aime pas lire loool

11- Lorsque j’écris, c’est mon cœur qui le fait, pas MOi.

Réponses aux questions des personnes qui vous ont nominé…
Mes réponses à Nora NOVIEKOU

1- Quel est le nom de votre blog et quel est votre message phare que vous passer? J’accuse

2- Quelle est votre couleur préférée et pourquoi? Le bleue, j’en sais rien en fait

3- Quelle est votre chiffre préféré?  J’en ai pas

4- Quel est votre vœu le plus cher? être en santé

5- Quel est votre coté négatif et sur lequel vous pensez que vous devez travailler? L’impatience

6- Quel est votre coté positif que vous pensez que les gens apprécient ou que vous même vous appréciez? Mon enthousiasme

7- Qui pourriez vous considérez comme votre grand mentor dans votre développement personnel? Solo Niare, Daniel Kameni, Bata christian (J’en ai trois hihihi)

8- S’il vous ait donné de changer une chose dans votre existence, laquelle changeriez vous? rien

9- Quelle est votre citation préférée? il faut parfois échouer pour mieux décoller

10- Si vous devriez vous représenter par un symbole dans cette vie, par quoi vous vous représenteriez et pourquoi? Le phoenix. Rien n’est perdu en fait.

11- Que pensez vous de la jeunesse et le panafricanisme?  J’y crois pas trop au panafricanisme. Je sais je sais pour une africaine c’est un blasphème. Je suis pour les brassages de cultures. Je suis né d’un brassage de cultures alors… La jeunesse? Elle sait ce qu’elle vaut et n’a pas besoin de moi pour la definir.

Mes réponses à  Nelson
– A quel animal vous identifiez-vous ?Une lionne, calme en apparence mais elle mord quand on s’attaque à ses petits
– Quel est votre plus beau souvenir ? Le dernier jour où j’ai vu mon cousin.
– Votre plus grande fierté à ce jour ? Mes frères et mon beau frère
– Votre principale qualité ? Dynamique
– Qu’aimeriez-vous changer en vous ? Le doute
– Qu’est-ce qui vous a conduit à l’écriture ? Mes parents
– A quel moment de la journée vous sentez-vous le plus souvent inspiré ? la nuit
– Quel est pour vous, votre meilleur billet ? Ici Git un homme
– Votre plus belle rencontre ? A l’heure actuelle, c’est Pierrick de Morel (le cm de mondoblog) ça risque changer bientôt lool
– Que prenez-vous au petit déjeuner ? Du chocolat
– Que pensez-vous de moi ? Que tes quelqu’un de formidable en plein doute qui se cherche. Cependant qui s’est trouvé mais doute. Quelle surprise! Kieu!
– Quel est votre plus beau souvenir ? Ma mère me faisant un enième reproche lool
– Votre plus grande fierté à ce jour ? C’est DIEU, il m’a jamais deçu
– Votre principale qualité ? La créativité
Mes réponses à Pepito
  1. Quelle est la plus importante chose que vous aimeriez faire dans votre vie ? Faire le social manager

  2. Qu’est ce qui vous en empêche ou comment pourriez-vous y parvenir? L’environnement économique

  3. Que recherchez-vous en écrivant ? Me libérer

  4. Comment vous-est venue l’envie d’écrire, de tenir un blog ? M’ennuyait en fait lool! C’est vrai!

  5. Pour qui écrivez-vous ? Mes parents

  6. Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait se lancer ? Éviter de vouloir plaire à tout prix

  7. Qui êtes-vous vraiment ? Une fille timide

  8. Quel est la chose que vous voulez absolument cacher dans votre blog ? Que je suis plus militante qu’il n’y parait

  9. Quel âge avez-vous ? 28 ans, je suis vieille hein? lool

  10. Quel est votre vrai nom ? Essamba Ibohn Marie danielle

  11. Quelle est votre adresse si je passe dans le coin ? Douala- Lopgpom lool

J’ai pas de questions aux mondoblogueurs hein?

Mes 11 Favoris? Hum…

  1. Le Dagenais… pour son coté barge
  2. L’Aphtal, son coté provoc sensible lool
  3. L’Axelle, concise, précise, informative nette et claire
  4. Le Simon , si si si , il écrit. Ses billets un peu loufoques, très bonne analyse bizarrement. vais vous avouer m’inspire un peu. Tiens, celui-là
  5. l ‘Arnaud Femtchou , ses poèmes qui me fendent le cœur, très profond
  6. la sinath, c’est ma jumelle mais pas en écriture. Elle est fait de l’analyse. C’est barbant lool!
  7. Le Berlinoir, sa plume simple, vivante, m’embarque malgré que moi.
  8. La plume anticonformiste de William Bayiha
  9. la Hibou, un concept de blog qui me plait oulààà
  10. Le Wonk, je le lui dirais inbox lool
  11. La Manon, son élégance dans sa manière d’écrire

Voilà!

Ma question: Pourquoi bloguez-vous?

Son’a ponda


Welcome to the ladie’s place!

Marché HML Dakar, Koloba en carte postale (Crédit Photo Danielle Ibohn)

 

Ceci est un de ces billets que j’écris à main levée. Ma mère me disait toujours: c’est en faisant les choses sans programmer qu’elles deviennent belles.

 

Ce billet sera de ce fait beau. Hahaha! Enfin pour moi!

 

Je suis un peu dans la cinquième dimension ces jours-ci. Choses bizarres s’accumulant, je ne peux qu’écrire sur l’ADM (atelier des médias). Je sais. Chose bizarre. Mais l’heureux hasard a voulu que je vous parle de mes ladies sur cette plateforme.

C’est sur cette plateforme que j’ai pour la  première fois bloguer professionnellement. Elle a toute une histoire cette plateforme. Très communautariste, je commence à percevoir pourquoi faut que je vous parle d’elles ici.

 

Welcome to the Ladie’s place! Je parle pas anglais hein? En tout cas pas encore. Hihihi.*.*

 

Je suis juste depuis peu de plus en plus accoutumée au monde des femmes. Entre les télénovelas, la cuisine, c’est fascinant le monde des femmes. D’habitude scotchée (voire gluée) à mon ordinateur, je soulève juste les yeux pour acquiescer mes sœurs lorsqu’elles se triturent le cerveau voulant opter pour le vêtement qui fera de l’effet.

 

Cependant par l’entremise de Réndodjo, je me suis frottée ces jours ci à un groupe de femmes. Ce sont les Ladie’s place. Elles sont près de 1000 membres. La plupart est mariée. Ah! Les préjugés que j’ai sur les femmes mariées: coincée, stricte, rigoureuse, soulante, toujours occupée et n’ayant jamais le temps pour s’amuser. Les femmes des années 2000, c’est bizarre. Elles parlent de tout: recette, petits conseils, éducation, shopping et surtout de sexe de manière libérée.

 

A l’époque, je voyais ma mère et ses copines parler de sexe? Oulà! Grand Dieu! Elles utilisaient des codes sans sens. Va cacher une chose à un enfant. Elles avaient ce terme: « dormi ». Il signifiait « coucher » Je passais à des kilomètres et déjà elles changeaieent de conversation. Suspicieuses que je puisse entendre ces paroles qui me pousseront surement à être devierger vers mes 13 ans. Je serais mère d’enfants et ma vie sera foutue. J’irais plus à l’école et je serais la honte de ma famille. Ah ! Les années 90 !

 

Elles m’ont fait tellement peur que je croyais que si j’embrassais un garçon, je tomberais enceinte.

 

Ah! Mes Ladie’s place dans une conversation vous décortiquent le sexe dans toutes les positions possibles HAHAHA.

 

En plus d’être libre, elles ont un truc en plus: le sens de l’humour. Elles sont très drôles. Dingue! Vous verrez ma mère et mes copines à l’époque. Elles chuchotaient, piaffaient, maugréaient, rarement riant aux éclats. Ah! Celles qui essayaient d’etre libérées, riant aux éclats, étaient taxées de femmes trop libertines. Et chez nous l’adjectif  » libertine » est cousine de « pute ».

 

Elles parlent librement mes ladie’s place, sans tabou. En plus, elles sont accrocs à Facebook. Elles échangent bien au delà des considérations culturelles. Cool, quand même cette plateforme au delà de ses effets negatifs en Afrique.

 

C’est un groupe Facebook mes Ladie’s Place. J’ai pu identifier et je ne suis pas sure leur credo: Être positive quoiqu’il arrive. La solidarité y est tellement qu’elles ont institué ce truc: être des hôtes pour des ladie’s de passage dans leur pays. Elles sont de plusieurs nationalités et bizarrement partagent une même culture celle d’être des femmes africaines mariées des années 2000.

 

J’aurais voulu les citer, les mettre en lien. Mais c’est un groupe fermé et c’est mieux comme ça. Quoi? Vous voulez connaitre le monde des femmes? HAHAHAHa C’est notre monde Oh!

 

Les femmes donnent l’envie à tout homme épanoui
Une femme est un poème fait de mille « je t’aime »
Une femme en nos coeurs de la belle poésie sème
Aimer une femme en douceur c’est reconnaître en elle une mère
Séduire une femme, c’est la laisser reconnaître en nous un père
… Les filles sont pour les garçons un trésor de vie et d’amour infini
Une fille est pour un garçon une leçon de tendresse, une belle amie
Mère, maman, mamie, épouse, amante, amie, copine ou collègue
Doux mots d’amour et d’amitié que chaque jour elles nous lèguent
Respecter en chaque femme la douce mère qui nous a porté en son sein
Point de machisme ou de féminisme, l’égalité des sexes est un destin…..

 

Hadjia Aisha, une des ladie’s place

 

Son’a ponda (A bientôt)


La gifle de Daniella

(Crédit photo Zen Faulkes )
(Crédit photo Zen Faulkes )

 

Depuis mon retour, je savoure les joies du chômage. Ce qui est classe à cette période, c’est le nombre de choses que vous expérimentez sans le vouloir. Je passe mes journées sur mes multiples projets IT avec la télévision en fond sonore.

Ainsi, j’ai découvert les télénovelas. Ce sont ces feuilletons quotidiens de soirée des pays hispanophones, lusophones. L’intrigue est l’amour décliné sous plusieurs formes: fraternel, filiale et surtout l’amour avec grand A. Je ne les regardais pas à proprement dit, je les écoutais surtout. Réglées comme des horloges, ces dames de la maison sont friandes de ces programmes. Par conséquent, moi! Quoi? J’ai rejoins le club des ménagères, femmes de maisons et les nounous. Nos journées sont hyperchargées entre 6h et 12h. On prépare tout pour être libre entre 12h et 16h. Euh… C’est toute une organisation, nos journées.
Les feuilletons commencent à partir de 12h sur près de 15 chaines de télévision. C’est parti pour 4 heures. Le plus bizarre, c’est que le timing de ces feuilletons ne se chevauchent pas. C’est vrai! Dingue! Mon après midi est une balade autour du monde. De l’Argentine, passant par le Venezuela, le Mexique, le Brésil, l’Inde, les USA, les sud africains, les philippins, les chinois, l’intrigue reste la même.

Amour, chantages, mensonges, secrets, infidélité, pardon, réconciliation. C’est normal, qu’on ne devienne pas schizophrène. Seule, la culture change. Particularité? Le nombre de personnages. C’est comme s’il faut avoir absolument une trentaine. Et pour les suivre tous? J’ai dû demander un GPS. C’est vrai ! Un GPS, c’est une habituée des feuilletons. Elle a quand même du métier, ma ménagère. A son actif, 10 feuilletons, près de 1200 épisodes à son actif. Quoi? Humm….Elle ne joue pas. Hihihihi.

Chose extraordinaire: plus le scénario est hors du commun, plus il suscite l’attention:

  • un cerveau échangé
  • un personnage dans le coma qui accouche
  • des échanges de bébé
  • des transplantations de cerveau
  • des transplantations de cœur d’une victime à son meurtrier
  • des morts presque toujours ressuscités
  • Histoires d’amour impossible
  • la lutte des classes
  • l’ascension sociale

Tout ça se terminant toujours par un mariage. Dans beaucoup de telenovelas, la musique est mise en avant. Il n’est pas rare que l’actrice principale chante la musique du générique ou de voir dans une scène des chanteurs ou des musiciens interpréter un des morceaux récurrents du feuilleton. (Source Wikipédia et mon GPS)

Ma scène préférée est celle des Feux de l’amour:

– Faut-il échanger le cerveau de OB. Brody (son mari) ne saurait jamais rien. On a besoin de cette subvention pour nos parfums. Il faut absolument influencer la décision de Brody. Kidnappons sa femme pendant deux heures et faisons l’opération. On mettra un émetteur pour contrôler sa pensée.

– Tu crois?

– On enlèverais l’émetteur une fois sa décision prise. Je pourrais enfin conquérir le cœur de Sophia ( Et le flashback meuble le dialogue). Récupérer les parts de mon père dans l’entreprise Machin chouette (me rappelle plus du nom) d’Alexander Klein (me rappelle plus du nom aussi) qui l’a volé à ma mère. Et Sophia sera fière de moi. Et elle n’écouteras plus sa mère Félicia.

Ouf! Je suis arrivée.

Allez, je vous laisse. Il y a la rediffusion de Daniella à minuit. J’aimerais revoir la gifle qu’elle assène à son Sergio. Il n’aurait pas dû lui mentir sur sa classe sociale oh! Il vient se faire pardonner? Il a droit à une gifle. Hihihi

Son’a ponda !


1m50! 1m50quette! Dakar est venu à nous?

Gaming revolution (Credit photo Hamza Aziz)
Gaming revolution (Credit photo: Hamza Aziz)

Ce billet, techniquement je l’ai écrit dans ma tête. Il commence par mon départ jusqu’à mon arrivée. Sans interruption, j’y ai pensé mots pour mots.

Depuis plusieurs jours déjà, je redoutais son arrivée: le moment de partir. La plupart du temps, je fais l’autruche.  Seulement ma dernière soirée à Dakar fut pénible. Une aventure de dingue qui s’est finie en blues. Comme si les heures avaient un contentieux avec moi. Elles allaient plus vite que d’habitude. Et le jour de départ est si vite arrivé. Il est 3 heures du matin, une Sinatou débarque dans ma chambre. Il est l’heure de partir. J’ai encore la soirée d’hier dans les yeux. Elle me presse. J’enfile, je ne sais pas quoi.

Dans le hall de l’aéroport, nous sommes muettes. J’aime pas les aurevoirs. Elle sait que je pars. Bref! On ne se parle pas. Bizarrement, ce qui nous réunit c’est  le wifi.

Ah! Le wifi! Ce pays où les wifi est ouvert partout. Ce pays où tu ouvres une page, elle se charge à la tierce. C’est vrai , j’exagère. Elle s’ouvre au bout de 15 tierces.

J’étais dans l’avion pour Douala. Et tout me revenait comme un boomerang. Il est 7h 30 et nous survolons Dakar. Son architecture sévère, ses routes sableuses, son climat bizarre (passant du chaud au froid) me plongent dans une léthargie bien habituelle. L’hôtesse de l’air me demande :

– Jus de pomme ou eau? (sous un ton presque menaçant).

Bizarrement, ça m’amuse. Elle me fait penser à Raphaëlle.

Ah! Mon aventure dakaroise!  Je la définit en deux mots: émotions wifi, émotions, wifi. Quoi? C’est vrai oh!

Au programme, il y a eu des formations intéressantes. Mais ce qui m’a rendu ouiiiiiiiiiiiii, ce sont les visites à JOKKOLABS et CTIC. Ce sont des incubateurs. Ces espèces de fondations qui permettent aux projets de devenir des entreprises. Elles vous fournissent un bureau, une connexion internet, un cadre de travail moyennant des pourcentages. Ces pourcentages sont liés pour certains à votre futur chiffre d’affaires, pour d’autres c’est une somme symbolique en termes de location.

Lorsque j’ai entendu ça, j’ai sursauté de peur. Parce qu’au Cameroun, ce genre de choses s’appelle de l’arnaque. C’est pas possible chez nous. Et pourtant…

Samedi dernier, mon statut de blogueuse m’a fait participé à un de ses barcamps: Le GDG Barcamp organisé à Douala. J’y ai fait une présentation. Mais ceci n’était pas le plus important. Le plus important, ce fut Activ space et la Startup weekend de Douala. Important pourquoi? Parce que ce sont des incubateurs.

Je n’y ai pas d’abord prêté attention, préoccupée par une discussion lancée par un ingénieur fou (Brice), un chef publiciste voodoo (Mathias) , un community manager barge (CK Klein), sur la particularité des mondoblogueuses. Entre autres, elles aiment les wifi,  introverties, toujours derrière leurs smartphones. Elles vous écoutent à demi-mot… Une partie du cerveau à produire un article tout le temps.  Gaelle tjat et moi nous défendons par des grimaces. Ils n’ont pas tort les garçons.

Gaëlle et moi (Crédit photo Danielle Ibohn)
Gaëlle et moi (Crédit photo: Danielle Ibohn)

Cependant, à demi-mot, une phrase nous enlève de la discussion.

Activ Space, est une fondation qui vous permet de créer votre entreprise gratuitement.

Ah! Brice (ingénieur fou) devient aware. Comment? Il pose une série de questions qui attire mon attention. La sélection des projets passant par la procédure d’intégration des projets en entreprises, tout est une question d’idées. En effet selon la rentabilité de votre projet, vous êtes capables de créer une entreprise de rien. Juste avec une idée. L’espace de travail vous est offert, les moyens aussi. A votre arrivée, vous signez un contrat protégeant votre idée et statuant sur le mode de règlement. Ainsi en six mois d’existence, la fondation prélève 5% de votre chiffre d’affaires produit pendant ce laps de temps. Si après six mois, vous ne voulez plus de l’aide de la fondation? Vous êtes libre de partir. Le principe m’a plu.

Activ Spaces en conférence (Crédit photo Danielle ibohn)
Activ Spaces en conférence (Crédit photo: Danielle Ibohn)

Puis la Douala Startup weekend est venue faire son show:

(Crédit photo Douala startup Weekend)
(Crédit photo: Douala startup Weekend)

– 54 heures où des développeurs, des commerciaux, des financiers se rencontrent pour partager leurs idées, créer des équipes, concevoir des produits et lancer des startups.

– un rendez vous entre  étudiants et  professionnels intéressés voire passionnés par le monde de l’entrepreneuriat

– un événement qui consiste à faire émerger des projets.

1m50, 1m50quette la révolution est en marche. La bande passante est certes un désastre. Mais le monde geek au Cameroun bouge. Le barcamp comme celui de GDG nous rends moins con. Les incubateurs sont de plus en plus présents. Je suis fière de penser que le retard ne sera qu’un triste souvenir.

Allez son’a ponda!!!!

 


La rue ne fait pas d’enfants !

A Dakar, un incendie dans le quartier de la Médina, dans la nuit du dimanche 4 mars 2013, a coûté la vie  à neuf  personnes dont 7 talibés* (enfants-mendiants) ainsi qu’un brûlé grave. Les victimes sont tous des enfants dont le plus âgé n’avait que 12 ans. Je suis au Cameroun et cette actualité me bouleverse. Ah, le Sénégal! J’y vois que Chidid, Youssou N’dour…

Anta Mbow Directrice de l'empire des enfants Sénégal - (Crédit Photo Danielle Ibohn)
Anta Mbow Directrice de l’empire des enfants Sénégal – (Crédit Photo Danielle Ibohn)

 

Nous sommes le 7 Avril et le Sénégal est sous le choc!

Pour écrire ce billet, je m’y suis prise trois fois. Je ne me sens pas légitime de parler des enfants de la rue. J’en suis pas une. J’ai rencontré Anta Mbow, directrice de l’Empire des enfants après cette tragédie. J’étais choquée par ce fait divers et même temps je me suis sentie à ma place. Je sais : bizarre et pourtant!

Ce sentiment, je le connais un peu trop bien. Comment peut-on abandonner son enfant ? C’est la question à laquelle je cherchais des réponses. Avec Anta et ses dizaines années d’expériences , j’ai eu mes réponses.

Au Cameroun, on les appelle les EDR (les enfants de la rue).  En 2011, selon des enquêtes réalisées par le Ministère des affaires sociales (MINAS) à Douala, Yaoundé (Agglomération à fort taux de population), un peu plus de 46% des EDR sont le fruit de conflits familiaux. Vient ensuite la recherche du mieux-être (près de 35% d’enfants quittent leur foyer) et enfin l’exaltation pour l’aventure.  Le programme « Enfants de la rue » (EDR) du Mfoyer, c’est déjà  quelques 634 enfants identifiés, et près de 140 sortis de la rue à travers des programmes de réinsertion (les centres d’accueil et de prise en charge).

Moi, je suis une orpheline de père, de mère, de famille. Et lorsque Anta parle de ses petits fils (ses pensionnaires), je ne m’empêche pas de penser à ma mère. Son dévouement à nous garder, nous protéger. Ah! Ma mère! Anta parait elle.  En voulant les garder coûte que coûte, Anta ne déroge pas à la mission d’une mère. Il faut:

  • S’assurer qu’ils s’inserrent dans la cellule familiale;
  • Qu’ils ne reviennent plus dans la rue.

Ils ont de 5 à 15 ans. Et la rue ne fait pas de cadeau. Son association est donc devenue un refuge une institution pour la brigade des mineurs, les enfants des rues (Talibés).

Son bureau donne sur la cour, rangé à la va vite, sûrement dû aux visites inopinées de ses multiples de ses pensionnaires. Je ne peux m’empêcher en voyant ses 50 petits fils (Comme Anta les appelle affectueusement) de lui demander comment elle fait. Elle a ce souffle que  toutes les mères ont en s’adossant sur son siège. Elle parait chercher un appui. Cependant, son corps n’exprime pas la lassitude mais la rage.

Elle dit subvenir à leurs besoins grâce aux dons:

  • Celui des Sénégalais de bonne volonté,
  • Des associations aux USA, en France, interpellées par son site internet offert gracieusement par un des éducateurs français,
  • Les lions de la Teranga,
  • plus récemment une subvention de l’Etat

Il faut les nourrir, les doucher, les envoyer à l’école durant leur séjour à l’empire, payer l’électricité, gérer la négociation par des appels téléphoniques. C’est un coût.  Pas si facile, mais elle finit toujours par y arriver. Les mères c’est comme ça. Personne ne sait comment elles font, mais elles y arrivent. C’est une une lionne , comme toutes les mères d’Afrique, mais elle est de la Teranga.

En continuant à écrire ce billet, j’ai les larmes aux yeux… Je ne peux m’empêcher. Je vois son dévouement. C’est 1.800 petit fils déjà sauvés de la rue. Et si elle pouvait me sauver, moi. Si je pouvais l’avoir elle. Mes réponses, je les ai pas encore trouvées. Alors je me demande si je  devais pas lui poser la question. Comment fait-on pour se réinsérer dans la société ? Anta me demande alors d’aller voir Cheikh Sall: l’éducateur.

Cheick Fall, l'educateur de l'empire des enfants - Sénégal (Crédit Photo Danielle Ibohn)
Cheikh Sall, l’éducateur de l’empire des enfants – Sénégal (Crédit Photo Danielle Ibohn)

 

Il a le même âge que moi… Ses 1m80, son coté protecteur me rassurent. Je comprends pourquoi c’est lui et pas quelqu’un d’autre. Je suis toute de suite à l’aise avec lui. Il me révèle que pour les réinsérer, il faut mettre les enfants en confiance. C’est tout.

Au travers des jeux, les enfants sont mis en scènes. Et le fait d’être mis en scène les rend confiant. Il peuvent se réinsérer par conséquent. J’ai eu ma réponse. J’écris parce que je me guéris sans le savoir. Et l’écriture me met en scène et je prends confiance.

En quittant l’empire des enfants, je suis heureuse. Et j’ai  ces paroles d’Anta en fond sonore:

« La rue ne fait pas d’enfants. Les talibés (Enfants-mendiant) sortent des dara (école coranique) de mauvais marabouts. Parce que leurs parents ont juste baissé les bras, ils n’ont pas abandonné. Le 17 mai 2013 prochain, je fêterais mes 10 ans et c’est dix ans de trop. Il faut AGIR. »

Selon l’ONG Human Rights Watch, au moins 50.000 enfants fréquentent des écoles coraniques dans des conditions qui s’apparentent à de l’esclavage.

La salle d'informatique de l'empire des enfants-Sénégal (Crédit Photo Danielle Ibohn)
La salle d’informatique de l’empire des enfants-Sénégal (Crédit Photo Danielle Ibohn)

Allez,

Son’a ponda  Bathi-kaname (A bientôt en Wolof)

*Talibés : nom donné normalement à l’élève coranique, mais nom qui désormais désigne le plus souvent, un enfant en guenilles qui passe sa journée à mendier.


Au pays des Dakaroises…

De Douala à Dakar, la séduction est un art.

Le marché de la gare - Dakar (Crédit photo)
Le marché de la gare – Dakar (Crédit photo Fofana )

Dans le cadre de la formation des mondoblogueurs à Dakar, j’ai choisi de me livrer à un exercice plutôt dangereux. C’est vrai! C’est dangereux de s’attaquer aux secrets des femmes. Chacune a une particularité pour séduire son homme. Lucile est une dakaroise plutôt pas très aux normes de la norme. Oui, c’est vrai ! Elle cumule à elle seule 1m60, je vous jure! C’est pour dire qu’avec elle, je me suis sentis chez moi. C’est vrai!

Le marché HLM5 (Crédit Photo Danielle Ibohn)
Le marché HLM5 (Crédit Photo Danielle Ibohn)

Perchée sur leur 1m80 pour la plupart de ces femmes, elles captent l’attention avec leur imposante carrure. Pas cette espèce de forme voluptueuse des femmes de l’Afrique centrale, mais celles de l’Afrique de l’ouest. Hum… De peau noire ébène. Je suis allée à la découverte de ceux qui font d’elles les femmes les plus appréciées du continent.

Elles ne sont pas celles qu’on croit. Cyriac, Suy kahofi Dit Môgôba, Bela et Bamba Moussa déclenchent une discussion dans le car en partance pour l’Institut français.  (Ah! Les Blogueurs i-voi-riens toujours à nous emmerder comme ça). Ce sont des femmes, tu les touchent, tu ne veux pas rentrer chez toi. Wanda! (Etonné).

N’empêche que je suis intriguée. Les thèmes se cherchent lors de la formation. Il faut partir à la conquête de Dakar. Alors sous l’entremise de Vladimir Cagnolari (présentateur de l’Afrique enchantée, une émission de France Inter) , je rencontre Lucile une dakaroise, dit Niak (Parce qu’elle a un accent étranger).

Pour Lucile, les femmes sénégalaises, calmes d’apparence savent comment empêcher nos chers hommes de s’échapper une fois dans le panier. Hum… Que de bonnes surprises !!!!!! Des surprises qui emmènent nos chers i-voi-riens  à voir clairement !!!!

Lucile les appelle les « secrets des femmes ». Je suis perplexe. Les femmes mettent en place des stratégies pour garder leurs hommes. C’est toute une science, toute une science.

Au Cameroun, c’est deux choses: le ventre et le bas ventre. En clair, il s’agit du sexe et de la bouffe. Mais ce qui m’a intrigué dans cette histoire, c’est cette effervescence des femmes autour de ses secrets. Les marchandes sont parfois à l’aise ou ont parfois honte en parlant de « leurs » secrets. Ils sont de tout ordre: les sucettes, les boules de senteurs, des bine-bine lumineux, parfumés, des dessous affriolants. Trois à quatre dans ce marché, elles se passent le mot, les secrets en chuchotant. Assises sur les tabourets, elles discutent pendant des heures.

Lorsque le Sénégal s’en mêle, c’est Lucile qui prend la parole

Bin Bin parfumé (Crédit Photo Fofana)
Bin Bin parfumé (Crédit Photo Danielle Ibohn)

 

Beaucoup de sujets y sont débattus mais Danielle «la  kamer » comme on les appelle au Cameroun s’est jointe à moi pour une tournée aux marché des HLM afin de lui faire découvrir à elle et à mon binôme l’ Ivoirien Fofana les secrets qui font voir le soleil en pleine nuit aux I-Vois-riens !!!!!!  Ma camer n’arrête pas de me répéter avec un air étonnant « Les sénégalaises sont très cooooooooquines ». Nous voila au marché des HLM ; déjà à l’entrée l’ivoirien Fofana commence à voir clair !!!!! Il est même payé des « bine- bine » destinée qu’aux femmes. Donc une question que l’on se pose, elles sont pour qui ces perles ?

La femme sénégalaise est une grande séductrice. C’est tout un art chez elle, elle doit être « Djongué » c’est-à-dire être en mesure de dompter son homme, de le cajoler de telle sorte qu’il n’ait pas l’occasion de voir ailleurs ni de traîner à la descente.

Tandis qu’au Cameroun, l’art de séduire est un tabou. Au Sénégal, cet art de séduire n’en est pas un. Quand une épouse se prépare à rejoindre le domicile conjugal, les tantes s’arrangent toujours pour se retrouver en intimité avec la nouvelle mariée pour lui présenter cet arsenal de séduction.

Internet (Crédit Photo Danielle Ibohn)
Internet (Crédit Photo Danielle Ibohn)

Arsenal que nous avons trouvé au marché des « HLM », cela va des béthios (petits pagnes tricotés à la main qui dévoilent les rondeurs de la femme), des Bin- Bin de toutes les couleurs (des perles dont le tintement suscite le désir du mari). Quand les bloggeurs utilisent l’internet pour écrire leurs billets, d’autres s’en servent autrement. Car au marché des hlm, les femmes ont crée leur propre connexion internet à travers la confection de string et de soutien gorge en perles qui porte le nom « Internet »,et là l’I-Voit-Rien Fofana a pu bien voir claire en se les payant.

Thiouraye "Sauce Piment" (Crédit Photo Fofana)
Thiouraye « Sauce Piment » (Crédit Photo Fofana)

Un homme nous explique que se sont les préambules qui aiguisent son appétit sexuel :

« Je suis tellement comblé car dés que je descends du travail, dés l’entrée de mon appartement, je sens ce parfum de thiouraye  qui envoûte la maison, et ça me laisse penser qu’aujourd’hui la soirée sera spéciale et j’avoue que ma femme est très Djonguée . À chaque fois que j’arrive à la maison, elle m’appelle par mon petit nom, discute un peu avec moi sur tous les sujets, ensuite elle trempe mes pieds dans une bassine d’eau, elle les masse ; je suis détendu après ce moment d’intimité avec elle. Je ne pense même pas aller voir ailleurs ».

Cet arsenal de séduction fait pas mal de victimes surtout chez nos chers hommes qui risquent de tout abandonner et ne suivre que leurs compagnes. Des fois, les belles familles partent même jusqu’à dire que leur fils a été marabouté alors que non. Juste qu’il a été envoûté par secrets de femmes.

Elle a raison la Lucile, elles sont des coquiiiiiiiines

Les dakaroises sont exceptionnelles c’est vrai oh ! Chez nous, on a jamais pensé de mettre du Nap – une poudre sur du ventre, du nombril, sur du front- pour susciter le désir de son mari . On a jamais pensé au Sothio, cette espèce de cure dent qu’on frotte bien loin de son mari , pour qu’il vous regarde vous. Nous , on a jamais pensé cocoter une sauce de piment , mettre sur les braises dans la chambre pour le retenir en période de saison de pluies pour qu’il n’ait pas envie de sortir. On a jamais pensé à ces sucettes aphrodisiaques , le tangal aphrodisiaques, dont le jeu sexuel peut devenir très coquin si on le suce ensemble. Elle sont géniales les dakaroises. Je n’avais jamais pensé à mettre des bonbons sous son oreiller pour le retenir sur le lit. Ou penser au lait de minuit, Seriously, j’arrête là. Les dakaroises, les femmes de la terranga m’ont tuer. Hihihi

Allez,

Son’a ponda  Bathi-kaname (A bientôt en Wolof)

Petit lexique
 
Un tour au marché HLM, nous a permis de connaitre un petit lexique sur ses petits secrets de femme mais très dangereux:
  • Internet : ensemble de string et soutien en perle
  • Bekou Soukar : bec de sucre. Se dit d’un petit pagne dont la taille des mailles s’apparente à celle d’un carré de sucre
  • Bethio : petit pagne
  • Bin-BIN : perles 
  • Dam thieré : tamis pour filtrer le couscous. Se dit d’un petit pagne tissé avec de petites mailles
  • Défar ba mou bakh : l ‘art de bien s’occuper de son homme
  • Dial Dialy : ceintures faites avec de grosses perles initialement portées par les femmes matures.
  • Dogali : éreinter de plaisir .littéralement : achever quelqu’un
  • Pobare : perle en poivre
  • Tey gua thiagua : aujourd’hui tu seras coquine
  • Salagne Salagne : astuces, coquinerie
  • DJARAL FOULANEKH : passe où tu veux (pagne tricoté avec de grand trous)