Catégorie : Politique

Au pays de Daesh… Je suis Garissa

Il  est 5 heures du matin. Et déjà, les appels des muezzins inondent la ville. L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. J’enfile ma burqa. Je ne suis pas de religion musulmane. Mais il faut bien le faire pour pouvoir survivre. On n’entendra plus les cloches : celles de la sainte cathédrale. Il fut un temps, elles résonnaient avec force, une volée de cloches. L’avais-je déjà entendu ce son ? Je ne pense pas. Mais mes grands-parents le racontent si bien. Il fut un temps, on pouvait vivre sans contrainte de religion. Aujourd’hui, l’on feint une croyance. L’on mime des gestes auxquels on ne croit pas.  Les gens de Daesh, ils pensent qu’ils ont vaincu. Ils se pavanent, chacun exhibe sa barbe et son sourire en coin, avec surtout la satisfaction d’un travail accompli. Ils pensent nous avoir convertis, nous avoir annexés. Mais notre cœur pense le contraire. Les apparences… Certains musulmans ne sont pas d’accord…

Ce n’est pas l’islam…

« Tout ce qui est dit dans cette version du Coran n’a rien à voir avec le prophète Mohamed. », s’écrit l’imam.

Il est sur la place publique. Comme des milliers d’autres, il sera exécuté comme tous les vendredis. (suite…)



Je suis camerounais et je suis du Front national

Il est 6 heures et mon horloge interne me rend nerveuse. La veille, j’ai dormi à 3 heures du matin. Suis-je vraiment réveillée ? Suis-je vraiment reposée ? J’émerge peu à peu. Et les souvenirs de la veille se bousculent dans mon hémisphère gauche. Mais seul un événement me fait sourire béatement : mon voyage en train. Il eut les allures d’un voyage dans le temps compte tenu de la conjoncture.  J’ai failli le rater. Moi et mes multitudes sacs à dos, j’ai couru après le wagon. J’ai attrapé la main du contrôleur et je me suis glissée dès 6 h dans un univers bien compliqué.

Je suis camerounais, je suis français…

@FN -Regionales

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Ecouteurs aux oreilles, les voyages en train sont d’un ennui, si vous n’avez rien à faire. Alors d’une oreille, je suis de la musique religieuse. Quoi ? On ne sait jamais. Et l’autre oreille vadrouille. Et cette voix, cette voix à l’accent du nord-ouest du pays :

Hé mon frère, vous allez bien ? Je vais à Yaoundé retirer mon « passport ». Votre pays-ci est terrible.

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Tu sais, même lorsque je mens, je t’aime…Paris

3598596311_84211f2566_bJe suis censée commencer à faire un visuel, mais cette histoire me turlupine. Décembre, c’est la saison des mbenguentaires au pays. Qui dit mbenguetaires, dit Hommes de la diaspora, dit Hommes blanc. Autrement dit, nos « chers frères et sœurs » de la diaspora reviennent au pays. Nos chers frères blancs viendront faire du tourisme au pays. C’est la saison des retrouvailles.

La charité commençant par soi, parlons de la diaspora.

L’imagerie populaire veut que tout homme blanc possède une fortune en France. L’imagerie populaire veut que celui qui a traversé*, possède une fortune. Alors, c’est bien normal que l’étalage des richesses fasse rage au pays en ce moment. Tout le monde cherche à mettre l’argent** à terre. Au Cameroun, le m’as-tu-vu a une place prépondérante dans l’ascension sociale. Plus tu montres que tu en as, plus tu es respecté. Même si nos chers mbenguetaires bossent durs, cotisent, se bagarrent, s’acharnent, se prostituent (Hommes comme femmes) pour satisfaire ce statut social, tout le monde les envie. Faut-il les envier ? L’Eldorado serait-il réel ?

@SrickersVille

@SrickersVille

Les métiers de Paris.

Ils veulent tous aller à la Ville lumière, les Camerounais. On y trouve des euros dans les arbres, partout. Faut « juste » bosser dur ! Néanmoins ce qu’on ne dit pas, c’est que ton frère ne l’est pas en France. C’est la loi de la jungle, de l’individualisme. Alors la plupart choisissent la facilité. (suite…)



Cameroun: Les choses du pays

Les choses de ce pays! Chaque fois qu’on prononce cette expression au pays (excusez la tautologie), il est clair qu’elle n’est pas de bon augure. Elle révèle le caractère absurde des camerounais. Je la prononce de plus en plus. Je vous explique. Depuis peu, je passe le clair de mon temps dans les transports urbains, et les apéros si j’arrive à assister… Ce billet est une série de mini-histoires.

En un l’apéro et mon selfie avec le gouverneur !

Au Cameroun, nous avons un concept « IYAUNE? » Si, si, le point d’interrogation a sa place.  Traduction? Apéro ! Quoi? Nous sommes toujours en mode question chez nous. Faut noter que je n’ai pas toujours le temps d’y être à ce type d’apéro. Quoi? C’est vrai! Alors lorsque le sms est arrivé: « IYAUNE à 18h au CDF», j’ai contrôlé ma to-do-List… Et j’ai trop trouvé du temps ? Olé, feux d’artifice, limbo, secouement du popotin (oui, ça se dit, c’est mon blog ou bien ?). Une heure plus tard, je m’installais des boissons à la main, des cacahuètes. Je passais du bon temps : blagues, histoires, rire, fou rire. L’ambiance était bonne enfant. Comme les secondes qui s’écoulent à la 24 chrono, rien n’allait se passer comme on le pense. Comme l’accalmie durant les films d’horreur, Ring, ring,… une péripétie n’est pas bien loin.

Soudain, débarque un groupe de personnes…Normal, nous sommes dans un bar huppé. Mais comme un sniper, pointant son arme vers vous, la lumière rouge n’a pas mis longtemps à apparaitre. La serveuse nous approche :

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Adoptez-moi au Cameroun: un véritable périple

L’adoption. Je n’étais pas sensée écrire dessus. Je pensais faire des mbenguetaires* mon quatre heure. Mais il y a plus important que les débâcles d’une génération perdue qui essaie de trouver une identité en oubliant les siens.

Je vais vous parler de l’adoption au Cameroun. Étymologiquement, bref on s’en fout des étymologies. Tu es stérile. Tu ne peux pas avoir d’enfants. Au delà des solutions comme mère porteuse en Afrique qui est, on va dire, pratiquée de manière peu orthodoxe, vous pouvez adopter. Mettons une halte, qu’est-ce que j’entends par peu orthodoxe. Nous avons quatre cas. Soit un membre de votre famille vous offre un enfant. Soit vous faites un arrangement avec une voisine. Soit vous laissez votre époux prendre une deuxième épouse et vous élevez ses enfants et acceptez de partager votre époux. Dans le cas, où c’est l’homme qui est stérile, l’homme épousera simplement une femme qui a déjà des enfants.

 

@Fotopedia

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Depuis un bon bout, je m’intéresse à la question. Comment adopter au Cameroun ? Ce n’est pas si difficile. Techniquement, vous pouvez trouver un bout de chou à chérir. Mais de point de vue légal, tout se complique.

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Garde-à-vous 60 microns d’épaisseur !

Une anecdote est à l’origine de ce billet. J’aurais aimé ne pas vivre ce moment de honte. Ce moment où tu te balades dans tout le quartier avec tes outils de « raniania* » à ciel ouvert. Et un de tes voisins qui ne s’abstient de te lancer :  » C’est sûr là, tu n’es pas enceinte « . En effet, j’ai eu la bonne idée d’oublier de ne pas prendre mon sac d’emballage. C’est devenu un habitus au Cameroun. A l’origine de mon ascension sociale (quoi ? Une fille pas enceinte, c’est une ascension sociale au Cameroun), un décret interdisant les emballages plastiques de moins de 60 microns d’épaisseur. Je comprends rien à ce jargon. Alors je suis allée à la rencontre des 60 microns d’épaisseur.

@iCameroon

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Economie verte face au développement (suite…)



Mon Dieu, faites que Le Président de la République vive à Douala!


Mon Président de la République était douala. Oh ! Vous aussi ! Je ne vais pas me moquer. Je l’aime mon « Président » Quoi ? Ce n’est pas parce que c’est le seul que j’ai connu. Je ne suis pas cette vierge. Ah ! Non ! je suis pas cette vierge qui sublime son premier amant. Vous aussi ! Il est venu chez moi à Douala. Pas chez moi, chez moi ! C’était tout comme oh ! 1000 km et près de 1000 policiers, c’est quoi ? Je n’ai jamais eu le  rêve de petites filles de le toucher, de le rencontrer. Quoiqu’il changerait bien ma vie. Quoi? Vous aussi! Hihihi. Je ne sais pas pour mes compatriotes, mais j’ai senti que sa venue a apporté plus que je le croyais. C’est vrai ! Vous aussi, ca m’arrive d’être sincère. Quoique hahahaha ?

Douala est une ville où perdure une ambiance bien particulière. Bien avant son arrivée, comme une vierge, la ville s’est préparée à decouvrir son amant. Quoi ? Je sais trop de sexe. Mais je n’ai que trouv’ ça pour être basique et compréhensible hahaha. Allez, deployons-snous. Le top ten des raisons pour lesquelles il devrait vivre à douala ?

1-:Pour que les gendarmeries , la police, les forces de l’ordre de cette ville puissent être sur le terrain. Ils y sont, detrompez pas. Avec cet engouement ? Nannnnn ! Les mecs étaient vestés, gantés, chapeautés en plein chaleur de Douala. Ils sifflaient tout le monde, les conducteurs, les piétons, les pousseurs, les fourmis. Tout ! Tout le monde marche au pas ! Non mais ! En plus, aie ! Je ne savais pas qu’ils pouvaient être beau. Quoi ? je suis célibataire oooh !

Policier au carrefour Logpom

Policier au carrefour Logpom

2- La propreté des routes. Je me mirais sur la route. Quoi ? Je savais pas que cela fût possible à douala. Ha !

3- Nous avions une nouvelle egerie de parfum. Quoi ? Sérieux! Ces portraits ressemblaient à ça. Elles quadrillaient toute la ville. « Loréal, je le vaux bien ». Oui ! oui ! vous aussi ! Bienvenue et merci le président de la république. Merci pourquoi ? bref ! Je cherche toujours.

4- Le zèle des forces armées. Quoi ? Ils étaient partout. Pick up, tenues aussi différentes des unes des autres, Hélicoptère qui quadrille la zone aérienne, gagoulés, pas gagoulés, souriants, pas souriants, moins souriants, dragueurs. Quoi ? Dis donc ihihihi ;

5- et mon préféré : la ville s’est rappelée qu’on avait un drapeau. Entreprises publiques, privées, particuliers. Yes ! Toute la ville abhorrait le drapeau vert rouge jaune. J’en suis devenue meme verte, après rouge , en esquissant un rire jaune lorsque le policier me regardait nerveusement lorsque je me suis penchée vers mon amie essayant de m’indigner : « C’est même quoi, c’est le pape »;

6- ça doit être un aveu de crise energétique. Vraiment un aveu du chef d’Etat. Ah ! le père ! Il vient à douala et demande cinq groupes électrogènes. Hihi mon père , on a une compagnie d’électricité hahaha. Le mec avait peur de delestron hahahaha

7- Le service public peut être poli. Ah ! J’aime ces fonctionnaires hahahaha. Port vestimentaire changé. Politesse exigée hahaha. Exécution des taches impeccables. Oui , chef ! Bon a deux pâtés du service. Vous ne pouvez cachés votre bordel hein?

Dossier phone 080

8- Les opposants. Bon, un opposant! Il était de sortie. « Biya dégage ». Il faisait du raffut à 1000 km du périmètre de Président de la République. Il criait à tue-tête. Tague le goudron en rouge. Je l’aime bien. Ça fait de l’animation. Mais bon, il aurait pu aller vers le périmètre du président, lui aussi!

9- Chiche ! J’ai dit chiche ! Ils ont rencontré le Chef d’État. Pas possible ! Le syndicat des moto-taxis a rencontré le Chef de l’État. Notre vie à douala a changé. Ils sont près d’un millier; je suis sûre. Ils nous feront aaargh ! C’est comme s’ils ont eu l’aval du Chef de l’État pour nous faire ch^^. Hahaha. Quoi ? Vous ne connaissez pas ces gars. Plus gueulards qu’eux , meurs. Oups, ceci n’est pas une raison, elle est une réalité. On est mort.

10- La population est devenue gentille. Serieux ! Elles respectaient les feux de signalisation. Les automobilistes avaient leurs dossiers pour une fois. Ils nous offraient presque la porte pour sortir. Pas de queue de poisson. Toute le monde suivait la ligne. Hahaha . c’est vrai !

Sinon, mon président, Il venait même pourquoi ?

Ah ! si ! deposé la première pierre pour la construction d’un deuxième pont sur le Wouri. Il l’a quoi le premier ? Il est foutu ?

Il est crée pour ouvrir une nouvelle voie pour désengorger la circulation. On me fait le kongossa (Souffle) que non. Ah bon ? Ok ! hihihihi

Mon président, mon président ! Quoi ? Il pourrait venir de temps en temps oh !

Allez,

Son’a ponda

 

 



Presqu’Politiquement correcte…

Crédit photo Danielle Ibohnn

Crédit photo : Danielle Ibohnn

Ce billet, je le débute avec la rage qui monte crescendo là. Je ne serais pas politiquement correcte. Depuis hier, je suis plutôt choquée par des propos qui m’hérissent le poil.

J’aime pas parler de faits politiques, je trouve que ça ne sert à rien. C’est juste un grand jeu où chacun essaye d’en tirer plus d’intérêts. Je ne suis pas pessimiste. Mais vraiment, j’aimerais qu’on me dise combien de maires, de députés, d’hommes politiques au Cameroun ont tenu leurs promesses électorales. S’il vous plait épargnez-moi vos discours. Au Cameroun, une chose est d’un commun partage: Ne jamais parler des sujets qui sont politiquement incorrects.

Commençons par celui-ci: Niat Njifenji notre numéro deux national (Président du Sénat) qui remercie notre Président de la République avec une cérémonie coûtant 78 millions de nos Franc Cfa. Bon, ça devrait me choquer! Mais dans ce pays, rien ne m’étonne. Les personnes aiment cotiser pour faire la fête. Ce qui me rends grrr, c’est que tout le monde trouve cette cérémonie griotique politiquement correcte d’en parler.

Ce ne qui convient pas, c’est un ambitieux ancien lion indomptable. Devenir maire? Il a le droit de se représenter. No bi so? (Question rhétorique en argot). Même comme il s’alignera comme les autres maires. Et puis, vraiment, on s’en fout hein?

Deuxième fait: Une image forte hein? La fille de notre deuxième président en visite dans son ancienne habitation (le Palais Présidentiel). Habillée en pagne du parti politique majoritaire au Cameroun, elle vient poser ses doléances: Participation aux élections, rapatriement du corps de son père, elle parle de réconciliation. Y avait-il un quiproquo? A ma connaissance, non! Bon, je suis aussi des années 80. Celle l’a moins informé sur son histoire, hein? Je découvre, je m’informe surtout. Ce fut incorrect d’en parler avant? C’est bon, maintenant?

Troisième fait: Ce qui convient de parler, c’est cette histoire de chats domptés (que dis-je de chatons, miaou domptés), de cette polémique autour des joueurs qui joueront ce dimanche ou pas? La coupe du monde Brésil 2014 est à notre portée hein? Tchuips, je maugrée. Et puis, quoi encore? Notre Eto’o national nous fait encore des misères. Il fait des caprices de star.  « Je ne joue pas, si mes copains ne jouent pas » Vraiment, je le comprends plus. Tu ne veux plus jouer. Ne joue plus. C’est simple. Ekié! Ils ont fait une réunion de crise, jusqu’ à 23h. Ils jouent le lendemain.

Le politiquement correcte, l’agenda des médias camerounais, friands de sensations, de titres pompeux, des titres qui feront vendre des tirages de dingue.

Devrais-je leur jeter la pierre? Combien de personnes achètent la presse au Cameroun? Le politiquement correcte est ce qui nourrirait son homme? Ma colère retombe là… Serait-ce une excuse? J’en sais plus rien… Mais une chose est sûre, c’est que dorénavant j’irais cherché mon information.

Allez,

Son’a ponda!