Catégorie : Mondoblog Dakar

L’homme des sucettes…

Ce billet est égoïste. J’écris parce qu’il va me manquer. Je ne sais pas quoi faire. Pour un avenir meilleur, il pars. Il trouvera sûrement une schroumpfette qui l’emmerdera moins.

Pierrick de morel Crédit photo Danielle Ibohn

Pierrick de Morel Crédit photo Danielle Ibohn

Il est pas très grand. Avec ses sucettes, ses jeans tailles basses, ces tricots mini mini moi, sa coupe de cheveux volumineuse, c’est le social manager l’un des plus dingues que je connaisse. Se laver sous une température de 15 degré, un blasphème pour un noir. Se shooter aux sucettes, être manque, être mal à l’aise. Discuter pendant des heures de boulot, jouer les provocateurs lors des tournois africains. C’est suicidaire! Je vous dis! Dire qu’épervier ne valent RIEN devant lions dompt … tchuips … presqu ‘indomptables là!

Social media manager, il arrive à diriger deux cents cinquante (250) blogueurs avec sa complice Raphaëlle Constant.

Rapha et Pierrick à Dakar Crédit photo Danielle

Rapha et Pierrick à Dakar Crédit photo Danielle

Faut savoir que c’est une chose pas facile. Le blogueur est chiant parfois. Il est capable:

  • de vos poser des questions sur des tutoriels (c’est moi! )
  • de vous importuner à pas d’heures parce que son blog disjoncte (euh! moi!)
  • de vous faire chercher une photo sur le web qu’il a prise (ça c’est moi hihihi)
  • de vous faire corriger ses fautes (encore  moi! hihihi)
  • de se plaindre de ne pas être à la une (toujours moi! hihihi)
  • de vous mentionner à tout va pour que vous lisez son article (décidément! hihihi)
  • de vous corrompre pour que vous le mettez en avant (Bref hihihi)
  • de RT si sauf son nom est cité ( j’y suis aussi quelque fois hihihihi)
  • de vous faire rechercher une source de son information pendant des heures

Il va me manquer. Parce que plus qu’un social media manager. Il est devenu notre frère, mon confident pro, mon grand frère parfois (lorsqu’il me titille sur mon célibat). Voilà! Je risque pleurer si je continue. Il va me manquer.

Merci à ZIad et Simon de lui avoir fait confiance. Je lui ai fais confiance et j’ai appris.

 

Que de milliers de sucettes, soient avec nous!

Il corrigera sûrement mes fautes! hihihihi

Simon Decreuze, Pierick de Morel, Ameth Dia "cherchez l'erreur" A dakar crédit photo Danielle Ibohn

Simon Decreuze, Pierrick de Morel, Ameth Dia « cherchez l’erreur » A dakar crédit photo Danielle Ibohn

Son’a ponda!

 

 

 

 



liebsterblogaward

Liebster blog…

(Crédit Tekla little blog)

(Crédit Tekla little blog)

Je voulais pas me prêter au jeu. Cependant Nora NOVIEKOU, Pepito, Nelson m’ont plutôt forcé doucereusement la main Hihihihi. Le comble, c’est que je ne peux les nommer (c’est la règle du jeu.) Hum…

Onze faits sur MOi…

1- Je suis née un 14 Juillet dans une maternité où toutes les infirmières me trouvaient si minuscule. J’avais 33cm. Je sais,rien à faire…C’était pas un accident: je serais courte loool.

2- Je suis naïve. Mes proches en ont peur parfois. « C’est une éponge, le pire c’est qu’elle ne fait pas exprès. Elle se fait toujours avoir elle »  Ils disent.

3- Je suis maniaque.

4- J’y crois tellement à des choses que j’en oublie parfois de manger.

5- Tout le monde me dit que je suis barrée. Je suis pas normale. C’est vrai! Je suis horriblement insensée. Pense à des choses qui dépasse souvent mon propre entendement

6- J’aime le changement. Bouger! Je M’ennuie très vite

7- Je suis tellement maladroite qu’on pourrait faire un livre de 200 pages sur mes gaffes. Vous vous ennuierez pas, c’est hyperdrôle.

8- Je suis pas patiente.

9- J’aime les années 70. La photographie, la musique, le style vestimentaire, l’ambiance, les personnes, je suis callée sur le blues, le jazz, et aime lire parfois je dis parfois du Hemingway.

10- Bizarrement j’écris, mais j’aime pas lire loool

11- Lorsque j’écris, c’est mon cœur qui le fait, pas MOi.

Réponses aux questions des personnes qui vous ont nominé…
Mes réponses à Nora NOVIEKOU

1- Quel est le nom de votre blog et quel est votre message phare que vous passer? J’accuse

2- Quelle est votre couleur préférée et pourquoi? Le bleue, j’en sais rien en fait

3- Quelle est votre chiffre préféré?  J’en ai pas

4- Quel est votre vœu le plus cher? être en santé

5- Quel est votre coté négatif et sur lequel vous pensez que vous devez travailler? L’impatience

6- Quel est votre coté positif que vous pensez que les gens apprécient ou que vous même vous appréciez? Mon enthousiasme

7- Qui pourriez vous considérez comme votre grand mentor dans votre développement personnel? Solo Niare, Daniel Kameni, Bata christian (J’en ai trois hihihi)

8- S’il vous ait donné de changer une chose dans votre existence, laquelle changeriez vous? rien

9- Quelle est votre citation préférée? il faut parfois échouer pour mieux décoller

10- Si vous devriez vous représenter par un symbole dans cette vie, par quoi vous vous représenteriez et pourquoi? Le phoenix. Rien n’est perdu en fait.

11- Que pensez vous de la jeunesse et le panafricanisme?  J’y crois pas trop au panafricanisme. Je sais je sais pour une africaine c’est un blasphème. Je suis pour les brassages de cultures. Je suis né d’un brassage de cultures alors… La jeunesse? Elle sait ce qu’elle vaut et n’a pas besoin de moi pour la definir.

Mes réponses à  Nelson
– A quel animal vous identifiez-vous ?Une lionne, calme en apparence mais elle mord quand on s’attaque à ses petits
– Quel est votre plus beau souvenir ? Le dernier jour où j’ai vu mon cousin.
– Votre plus grande fierté à ce jour ? Mes frères et mon beau frère
– Votre principale qualité ? Dynamique
– Qu’aimeriez-vous changer en vous ? Le doute
– Qu’est-ce qui vous a conduit à l’écriture ? Mes parents
– A quel moment de la journée vous sentez-vous le plus souvent inspiré ? la nuit
– Quel est pour vous, votre meilleur billet ? Ici Git un homme
– Votre plus belle rencontre ? A l’heure actuelle, c’est Pierrick de Morel (le cm de mondoblog) ça risque changer bientôt lool
– Que prenez-vous au petit déjeuner ? Du chocolat
– Que pensez-vous de moi ? Que tes quelqu’un de formidable en plein doute qui se cherche. Cependant qui s’est trouvé mais doute. Quelle surprise! Kieu!
– Quel est votre plus beau souvenir ? Ma mère me faisant un enième reproche lool
– Votre plus grande fierté à ce jour ? C’est DIEU, il m’a jamais deçu
– Votre principale qualité ? La créativité
Mes réponses à Pepito
  1. Quelle est la plus importante chose que vous aimeriez faire dans votre vie ? Faire le social manager

  2. Qu’est ce qui vous en empêche ou comment pourriez-vous y parvenir? L’environnement économique

  3. Que recherchez-vous en écrivant ? Me libérer

  4. Comment vous-est venue l’envie d’écrire, de tenir un blog ? M’ennuyait en fait lool! C’est vrai!

  5. Pour qui écrivez-vous ? Mes parents

  6. Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait se lancer ? Éviter de vouloir plaire à tout prix

  7. Qui êtes-vous vraiment ? Une fille timide

  8. Quel est la chose que vous voulez absolument cacher dans votre blog ? Que je suis plus militante qu’il n’y parait

  9. Quel âge avez-vous ? 28 ans, je suis vieille hein? lool

  10. Quel est votre vrai nom ? Essamba Ibohn Marie danielle

  11. Quelle est votre adresse si je passe dans le coin ? Douala- Lopgpom lool

J’ai pas de questions aux mondoblogueurs hein?

Mes 11 Favoris? Hum…

  1. Le Dagenais… pour son coté barge
  2. L’Aphtal, son coté provoc sensible lool
  3. L’Axelle, concise, précise, informative nette et claire
  4. Le Simon , si si si , il écrit. Ses billets un peu loufoques, très bonne analyse bizarrement. vais vous avouer m’inspire un peu. Tiens, celui-là
  5. l ‘Arnaud Femtchou , ses poèmes qui me fendent le cœur, très profond
  6. la sinath, c’est ma jumelle mais pas en écriture. Elle est fait de l’analyse. C’est barbant lool!
  7. Le Berlinoir, sa plume simple, vivante, m’embarque malgré que moi.
  8. La plume anticonformiste de William Bayiha
  9. la Hibou, un concept de blog qui me plait oulààà
  10. Le Wonk, je le lui dirais inbox lool
  11. La Manon, son élégance dans sa manière d’écrire

Voilà!

Ma question: Pourquoi bloguez-vous?

Son’a ponda



1m50! 1m50quette! Dakar est venu à nous?

Gaming revolution (Credit photo Hamza Aziz)

Gaming revolution (Credit photo: Hamza Aziz)

Ce billet, techniquement je l’ai écrit dans ma tête. Il commence par mon départ jusqu’à mon arrivée. Sans interruption, j’y ai pensé mots pour mots.

Depuis plusieurs jours déjà, je redoutais son arrivée: le moment de partir. La plupart du temps, je fais l’autruche.  Seulement ma dernière soirée à Dakar fut pénible. Une aventure de dingue qui s’est finie en blues. Comme si les heures avaient un contentieux avec moi. Elles allaient plus vite que d’habitude. Et le jour de départ est si vite arrivé. Il est 3 heures du matin, une Sinatou débarque dans ma chambre. Il est l’heure de partir. J’ai encore la soirée d’hier dans les yeux. Elle me presse. J’enfile, je ne sais pas quoi.

Dans le hall de l’aéroport, nous sommes muettes. J’aime pas les aurevoirs. Elle sait que je pars. Bref! On ne se parle pas. Bizarrement, ce qui nous réunit c’est  le wifi.

Ah! Le wifi! Ce pays où les wifi est ouvert partout. Ce pays où tu ouvres une page, elle se charge à la tierce. C’est vrai , j’exagère. Elle s’ouvre au bout de 15 tierces.

J’étais dans l’avion pour Douala. Et tout me revenait comme un boomerang. Il est 7h 30 et nous survolons Dakar. Son architecture sévère, ses routes sableuses, son climat bizarre (passant du chaud au froid) me plongent dans une léthargie bien habituelle. L’hôtesse de l’air me demande :

– Jus de pomme ou eau? (sous un ton presque menaçant).

Bizarrement, ça m’amuse. Elle me fait penser à Raphaëlle.

Ah! Mon aventure dakaroise!  Je la définit en deux mots: émotions wifi, émotions, wifi. Quoi? C’est vrai oh!

Au programme, il y a eu des formations intéressantes. Mais ce qui m’a rendu ouiiiiiiiiiiiii, ce sont les visites à JOKKOLABS et CTIC. Ce sont des incubateurs. Ces espèces de fondations qui permettent aux projets de devenir des entreprises. Elles vous fournissent un bureau, une connexion internet, un cadre de travail moyennant des pourcentages. Ces pourcentages sont liés pour certains à votre futur chiffre d’affaires, pour d’autres c’est une somme symbolique en termes de location.

Lorsque j’ai entendu ça, j’ai sursauté de peur. Parce qu’au Cameroun, ce genre de choses s’appelle de l’arnaque. C’est pas possible chez nous. Et pourtant…

Samedi dernier, mon statut de blogueuse m’a fait participé à un de ses barcamps: Le GDG Barcamp organisé à Douala. J’y ai fait une présentation. Mais ceci n’était pas le plus important. Le plus important, ce fut Activ space et la Startup weekend de Douala. Important pourquoi? Parce que ce sont des incubateurs.

Je n’y ai pas d’abord prêté attention, préoccupée par une discussion lancée par un ingénieur fou (Brice), un chef publiciste voodoo (Mathias) , un community manager barge (CK Klein), sur la particularité des mondoblogueuses. Entre autres, elles aiment les wifi,  introverties, toujours derrière leurs smartphones. Elles vous écoutent à demi-mot… Une partie du cerveau à produire un article tout le temps.  Gaelle tjat et moi nous défendons par des grimaces. Ils n’ont pas tort les garçons.

Gaëlle et moi (Crédit photo Danielle Ibohn)

Gaëlle et moi (Crédit photo: Danielle Ibohn)

Cependant, à demi-mot, une phrase nous enlève de la discussion.

Activ Space, est une fondation qui vous permet de créer votre entreprise gratuitement.

Ah! Brice (ingénieur fou) devient aware. Comment? Il pose une série de questions qui attire mon attention. La sélection des projets passant par la procédure d’intégration des projets en entreprises, tout est une question d’idées. En effet selon la rentabilité de votre projet, vous êtes capables de créer une entreprise de rien. Juste avec une idée. L’espace de travail vous est offert, les moyens aussi. A votre arrivée, vous signez un contrat protégeant votre idée et statuant sur le mode de règlement. Ainsi en six mois d’existence, la fondation prélève 5% de votre chiffre d’affaires produit pendant ce laps de temps. Si après six mois, vous ne voulez plus de l’aide de la fondation? Vous êtes libre de partir. Le principe m’a plu.

Activ Spaces en conférence (Crédit photo Danielle ibohn)

Activ Spaces en conférence (Crédit photo: Danielle Ibohn)

Puis la Douala Startup weekend est venue faire son show:

(Crédit photo Douala startup Weekend)

(Crédit photo: Douala startup Weekend)

– 54 heures où des développeurs, des commerciaux, des financiers se rencontrent pour partager leurs idées, créer des équipes, concevoir des produits et lancer des startups.

– un rendez vous entre  étudiants et  professionnels intéressés voire passionnés par le monde de l’entrepreneuriat

– un événement qui consiste à faire émerger des projets.

1m50, 1m50quette la révolution est en marche. La bande passante est certes un désastre. Mais le monde geek au Cameroun bouge. Le barcamp comme celui de GDG nous rends moins con. Les incubateurs sont de plus en plus présents. Je suis fière de penser que le retard ne sera qu’un triste souvenir.

Allez son’a ponda!!!!

 



La rue ne fait pas d’enfants !

A Dakar, un incendie dans le quartier de la Médina, dans la nuit du dimanche 4 mars 2013, a coûté la vie  à neuf  personnes dont 7 talibés* (enfants-mendiants) ainsi qu’un brûlé grave. Les victimes sont tous des enfants dont le plus âgé n’avait que 12 ans. Je suis au Cameroun et cette actualité me bouleverse. Ah, le Sénégal! J’y vois que Chidid, Youssou N’dour…

Anta Mbow Directrice de l'empire des enfants Sénégal - (Crédit Photo Danielle Ibohn)

Anta Mbow Directrice de l’empire des enfants Sénégal – (Crédit Photo Danielle Ibohn)

 

Nous sommes le 7 Avril et le Sénégal est sous le choc!

Pour écrire ce billet, je m’y suis prise trois fois. Je ne me sens pas légitime de parler des enfants de la rue. J’en suis pas une. J’ai rencontré Anta Mbow, directrice de l’Empire des enfants après cette tragédie. J’étais choquée par ce fait divers et même temps je me suis sentie à ma place. Je sais : bizarre et pourtant!

Ce sentiment, je le connais un peu trop bien. Comment peut-on abandonner son enfant ? C’est la question à laquelle je cherchais des réponses. Avec Anta et ses dizaines années d’expériences , j’ai eu mes réponses.

Au Cameroun, on les appelle les EDR (les enfants de la rue).  En 2011, selon des enquêtes réalisées par le Ministère des affaires sociales (MINAS) à Douala, Yaoundé (Agglomération à fort taux de population), un peu plus de 46% des EDR sont le fruit de conflits familiaux. Vient ensuite la recherche du mieux-être (près de 35% d’enfants quittent leur foyer) et enfin l’exaltation pour l’aventure.  Le programme « Enfants de la rue » (EDR) du Mfoyer, c’est déjà  quelques 634 enfants identifiés, et près de 140 sortis de la rue à travers des programmes de réinsertion (les centres d’accueil et de prise en charge).

Moi, je suis une orpheline de père, de mère, de famille. Et lorsque Anta parle de ses petits fils (ses pensionnaires), je ne m’empêche pas de penser à ma mère. Son dévouement à nous garder, nous protéger. Ah! Ma mère! Anta parait elle.  En voulant les garder coûte que coûte, Anta ne déroge pas à la mission d’une mère. Il faut:

  • S’assurer qu’ils s’inserrent dans la cellule familiale;
  • Qu’ils ne reviennent plus dans la rue.

Ils ont de 5 à 15 ans. Et la rue ne fait pas de cadeau. Son association est donc devenue un refuge une institution pour la brigade des mineurs, les enfants des rues (Talibés).

Son bureau donne sur la cour, rangé à la va vite, sûrement dû aux visites inopinées de ses multiples de ses pensionnaires. Je ne peux m’empêcher en voyant ses 50 petits fils (Comme Anta les appelle affectueusement) de lui demander comment elle fait. Elle a ce souffle que  toutes les mères ont en s’adossant sur son siège. Elle parait chercher un appui. Cependant, son corps n’exprime pas la lassitude mais la rage.

Elle dit subvenir à leurs besoins grâce aux dons:

  • Celui des Sénégalais de bonne volonté,
  • Des associations aux USA, en France, interpellées par son site internet offert gracieusement par un des éducateurs français,
  • Les lions de la Teranga,
  • plus récemment une subvention de l’Etat

Il faut les nourrir, les doucher, les envoyer à l’école durant leur séjour à l’empire, payer l’électricité, gérer la négociation par des appels téléphoniques. C’est un coût.  Pas si facile, mais elle finit toujours par y arriver. Les mères c’est comme ça. Personne ne sait comment elles font, mais elles y arrivent. C’est une une lionne , comme toutes les mères d’Afrique, mais elle est de la Teranga.

En continuant à écrire ce billet, j’ai les larmes aux yeux… Je ne peux m’empêcher. Je vois son dévouement. C’est 1.800 petit fils déjà sauvés de la rue. Et si elle pouvait me sauver, moi. Si je pouvais l’avoir elle. Mes réponses, je les ai pas encore trouvées. Alors je me demande si je  devais pas lui poser la question. Comment fait-on pour se réinsérer dans la société ? Anta me demande alors d’aller voir Cheikh Sall: l’éducateur.

Cheick Fall, l'educateur de l'empire des enfants - Sénégal (Crédit Photo Danielle Ibohn)

Cheikh Sall, l’éducateur de l’empire des enfants – Sénégal (Crédit Photo Danielle Ibohn)

 

Il a le même âge que moi… Ses 1m80, son coté protecteur me rassurent. Je comprends pourquoi c’est lui et pas quelqu’un d’autre. Je suis toute de suite à l’aise avec lui. Il me révèle que pour les réinsérer, il faut mettre les enfants en confiance. C’est tout.

Au travers des jeux, les enfants sont mis en scènes. Et le fait d’être mis en scène les rend confiant. Il peuvent se réinsérer par conséquent. J’ai eu ma réponse. J’écris parce que je me guéris sans le savoir. Et l’écriture me met en scène et je prends confiance.

En quittant l’empire des enfants, je suis heureuse. Et j’ai  ces paroles d’Anta en fond sonore:

« La rue ne fait pas d’enfants. Les talibés (Enfants-mendiant) sortent des dara (école coranique) de mauvais marabouts. Parce que leurs parents ont juste baissé les bras, ils n’ont pas abandonné. Le 17 mai 2013 prochain, je fêterais mes 10 ans et c’est dix ans de trop. Il faut AGIR. »

Selon l’ONG Human Rights Watch, au moins 50.000 enfants fréquentent des écoles coraniques dans des conditions qui s’apparentent à de l’esclavage.

La salle d'informatique de l'empire des enfants-Sénégal (Crédit Photo Danielle Ibohn)

La salle d’informatique de l’empire des enfants-Sénégal (Crédit Photo Danielle Ibohn)

Allez,

Son’a ponda  Bathi-kaname (A bientôt en Wolof)

*Talibés : nom donné normalement à l’élève coranique, mais nom qui désormais désigne le plus souvent, un enfant en guenilles qui passe sa journée à mendier.



Au pays des Dakaroises…

De Douala à Dakar, la séduction est un art.

Le marché de la gare - Dakar (Crédit photo)

Le marché de la gare – Dakar (Crédit photo Fofana )

Dans le cadre de la formation des mondoblogueurs à Dakar, j’ai choisi de me livrer à un exercice plutôt dangereux. C’est vrai! C’est dangereux de s’attaquer aux secrets des femmes. Chacune a une particularité pour séduire son homme. Lucile est une dakaroise plutôt pas très aux normes de la norme. Oui, c’est vrai ! Elle cumule à elle seule 1m60, je vous jure! C’est pour dire qu’avec elle, je me suis sentis chez moi. C’est vrai!

Le marché HLM5 (Crédit Photo Danielle Ibohn)

Le marché HLM5 (Crédit Photo Danielle Ibohn)

Perchée sur leur 1m80 pour la plupart de ces femmes, elles captent l’attention avec leur imposante carrure. Pas cette espèce de forme voluptueuse des femmes de l’Afrique centrale, mais celles de l’Afrique de l’ouest. Hum… De peau noire ébène. Je suis allée à la découverte de ceux qui font d’elles les femmes les plus appréciées du continent.

Elles ne sont pas celles qu’on croit. Cyriac, Suy kahofi Dit Môgôba, Bela et Bamba Moussa déclenchent une discussion dans le car en partance pour l’Institut français.  (Ah! Les Blogueurs i-voi-riens toujours à nous emmerder comme ça). Ce sont des femmes, tu les touchent, tu ne veux pas rentrer chez toi. Wanda! (Etonné).

N’empêche que je suis intriguée. Les thèmes se cherchent lors de la formation. Il faut partir à la conquête de Dakar. Alors sous l’entremise de Vladimir Cagnolari (présentateur de l’Afrique enchantée, une émission de France Inter) , je rencontre Lucile une dakaroise, dit Niak (Parce qu’elle a un accent étranger).

Pour Lucile, les femmes sénégalaises, calmes d’apparence savent comment empêcher nos chers hommes de s’échapper une fois dans le panier. Hum… Que de bonnes surprises !!!!!! Des surprises qui emmènent nos chers i-voi-riens  à voir clairement !!!!

Lucile les appelle les « secrets des femmes ». Je suis perplexe. Les femmes mettent en place des stratégies pour garder leurs hommes. C’est toute une science, toute une science.

Au Cameroun, c’est deux choses: le ventre et le bas ventre. En clair, il s’agit du sexe et de la bouffe. Mais ce qui m’a intrigué dans cette histoire, c’est cette effervescence des femmes autour de ses secrets. Les marchandes sont parfois à l’aise ou ont parfois honte en parlant de « leurs » secrets. Ils sont de tout ordre: les sucettes, les boules de senteurs, des bine-bine lumineux, parfumés, des dessous affriolants. Trois à quatre dans ce marché, elles se passent le mot, les secrets en chuchotant. Assises sur les tabourets, elles discutent pendant des heures.

Lorsque le Sénégal s’en mêle, c’est Lucile qui prend la parole

Bin Bin parfumé (Crédit Photo Fofana)

Bin Bin parfumé (Crédit Photo Danielle Ibohn)

 

Beaucoup de sujets y sont débattus mais Danielle «la  kamer » comme on les appelle au Cameroun s’est jointe à moi pour une tournée aux marché des HLM afin de lui faire découvrir à elle et à mon binôme l’ Ivoirien Fofana les secrets qui font voir le soleil en pleine nuit aux I-Vois-riens !!!!!!  Ma camer n’arrête pas de me répéter avec un air étonnant « Les sénégalaises sont très cooooooooquines ». Nous voila au marché des HLM ; déjà à l’entrée l’ivoirien Fofana commence à voir clair !!!!! Il est même payé des « bine- bine » destinée qu’aux femmes. Donc une question que l’on se pose, elles sont pour qui ces perles ?

La femme sénégalaise est une grande séductrice. C’est tout un art chez elle, elle doit être « Djongué » c’est-à-dire être en mesure de dompter son homme, de le cajoler de telle sorte qu’il n’ait pas l’occasion de voir ailleurs ni de traîner à la descente.

Tandis qu’au Cameroun, l’art de séduire est un tabou. Au Sénégal, cet art de séduire n’en est pas un. Quand une épouse se prépare à rejoindre le domicile conjugal, les tantes s’arrangent toujours pour se retrouver en intimité avec la nouvelle mariée pour lui présenter cet arsenal de séduction.

Internet (Crédit Photo Danielle Ibohn)

Internet (Crédit Photo Danielle Ibohn)

Arsenal que nous avons trouvé au marché des « HLM », cela va des béthios (petits pagnes tricotés à la main qui dévoilent les rondeurs de la femme), des Bin- Bin de toutes les couleurs (des perles dont le tintement suscite le désir du mari). Quand les bloggeurs utilisent l’internet pour écrire leurs billets, d’autres s’en servent autrement. Car au marché des hlm, les femmes ont crée leur propre connexion internet à travers la confection de string et de soutien gorge en perles qui porte le nom « Internet »,et là l’I-Voit-Rien Fofana a pu bien voir claire en se les payant.

Thiouraye "Sauce Piment" (Crédit Photo Fofana)

Thiouraye « Sauce Piment » (Crédit Photo Fofana)

Un homme nous explique que se sont les préambules qui aiguisent son appétit sexuel :

« Je suis tellement comblé car dés que je descends du travail, dés l’entrée de mon appartement, je sens ce parfum de thiouraye  qui envoûte la maison, et ça me laisse penser qu’aujourd’hui la soirée sera spéciale et j’avoue que ma femme est très Djonguée . À chaque fois que j’arrive à la maison, elle m’appelle par mon petit nom, discute un peu avec moi sur tous les sujets, ensuite elle trempe mes pieds dans une bassine d’eau, elle les masse ; je suis détendu après ce moment d’intimité avec elle. Je ne pense même pas aller voir ailleurs ».

Cet arsenal de séduction fait pas mal de victimes surtout chez nos chers hommes qui risquent de tout abandonner et ne suivre que leurs compagnes. Des fois, les belles familles partent même jusqu’à dire que leur fils a été marabouté alors que non. Juste qu’il a été envoûté par secrets de femmes.

Elle a raison la Lucile, elles sont des coquiiiiiiiines

Les dakaroises sont exceptionnelles c’est vrai oh ! Chez nous, on a jamais pensé de mettre du Nap – une poudre sur du ventre, du nombril, sur du front- pour susciter le désir de son mari . On a jamais pensé au Sothio, cette espèce de cure dent qu’on frotte bien loin de son mari , pour qu’il vous regarde vous. Nous , on a jamais pensé cocoter une sauce de piment , mettre sur les braises dans la chambre pour le retenir en période de saison de pluies pour qu’il n’ait pas envie de sortir. On a jamais pensé à ces sucettes aphrodisiaques , le tangal aphrodisiaques, dont le jeu sexuel peut devenir très coquin si on le suce ensemble. Elle sont géniales les dakaroises. Je n’avais jamais pensé à mettre des bonbons sous son oreiller pour le retenir sur le lit. Ou penser au lait de minuit, Seriously, j’arrête là. Les dakaroises, les femmes de la terranga m’ont tuer. Hihihi

Allez,

Son’a ponda  Bathi-kaname (A bientôt en Wolof)

Petit lexique
 
Un tour au marché HLM, nous a permis de connaitre un petit lexique sur ses petits secrets de femme mais très dangereux:
  • Internet : ensemble de string et soutien en perle
  • Bekou Soukar : bec de sucre. Se dit d’un petit pagne dont la taille des mailles s’apparente à celle d’un carré de sucre
  • Bethio : petit pagne
  • Bin-BIN : perles 
  • Dam thieré : tamis pour filtrer le couscous. Se dit d’un petit pagne tissé avec de petites mailles
  • Défar ba mou bakh : l ‘art de bien s’occuper de son homme
  • Dial Dialy : ceintures faites avec de grosses perles initialement portées par les femmes matures.
  • Dogali : éreinter de plaisir .littéralement : achever quelqu’un
  • Pobare : perle en poivre
  • Tey gua thiagua : aujourd’hui tu seras coquine
  • Salagne Salagne : astuces, coquinerie
  • DJARAL FOULANEKH : passe où tu veux (pagne tricoté avec de grand trous)