Ce billet , je le débute un peu interloqué. La nuit dernière , j’ai fait un étrange rêve. Je me retrouvais dans Prisonbreak. Vraiment ! Chose là, quand tu rêves comme ça , c’est que la fin d monde n’est pas loin ! Oh ! Vous aussi ! Les Mayas ont raison…

Peut être qu’en pleine léthargie, mon esprit a gardé en mémoire cette information du 25 octobre dernier : une remise de don par la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés (Cndhl) à la prison de New-Bell, un frigidaire d’une contenance de 500 litres et un four à micro ondes aux détenus VIP.

Compte tenu de mon attraction…euh…Dieu seul Sait… pourquoi… pour des prisonniers. J’ai décidé de parler de leur situation. J’en connais pas. Mais à l’approche de Noël , le don de soi est impératif. Rien de tel pour les différentes associations de faire l’étalage de leur bonté…médiatisée c’est encore mieux !

Alors passant par un média, j’étale ma bonté…

Dernières Statistiques de 2008, le Cameroun dispose de 123 prisons pour une capacité totale de 10.070 places ; 10 prisons centrales, 48 prisons principales (de niveau départemental) et 16 prisons secondaires (de niveau d’arrondissement). Les deux principales prisons sont la prison centrale de Kondengui à Yaoundé et la prison centrale de New Bell à Douala.

« Charité bien ordonnée commençant par soi-même. », depuis plusieurs années, la Prison centrale de Douala vit un malaise général du fait de la promiscuité, de l’insalubrité, de la surpopulation carcérale, de l’insuffisance du personnel et du manque de matériel de travail..

Trop de prévenus en prison

Construite en 1938  pour 600 pensionnaires, la prison de Douala abrite aujourd’hui près de 5.000 détenus. Oh! « Quand le sage montre la lune, l’abruti regarde le doigt. ». J’ai décidé de regarder le doigt. Vous aussi! Ce n’est que normal! Près de 80 pour cent de la population carcérale au Cameroun est constitué de prévenus, selon une enquête de la branche camerounaise de l’Avocat sans frontière » (ASF). Si je suis pas abruti … Ah! si tu vois une chèvre dans le repaire d’un lion, aie peur d’elle. Akia! J’ai décidé être le lion. Sur 23198 détenus dans les prisons camerounaises, 14265 seraient des prévenus en attente de jugement, pour 8031 condamnés. (Source ASF)

Bien que le nouveau code de procédure pénal en activité depuis 2007, reconnaît aux citoyens, des droits comme la garde à vue ne devant pas excéder deux semaines. La loi donne au procureur de la République, la possibilité de procéder aux vérifications de la présence des personnes en détention dans les maisons, et de procéder à l’élargissement des prévenus dont des faits allégués ne nécessitent pas une incarcération.

La contrainte par corps et les lenteurs judiciaires sont à l’origine du surpopulation du milieu carcéral.

Le coassement des grenouilles n’empêche t-il pas l’éléphant de boire ?

Sous l’égide du projet “Dignité en détention”, les tares du système carcéral camerounais ont été mises en lumière : surpopulation, recours à l’enchaînement, pratique de la torture… Plus de 1 200 détenus “vulnérables” ont été recensés par Avocats sans frontières (ASF) France au Cameroun. Faute d’avoir pu s’acquitter d’une amende de 33700 Fcfa fixée par le juge du Tribunal de grande instance du Wouri, Valentin Bilaï, un détenu de 27 ans, a écopé d’une contrainte par corps. Autrement dit, condamné à 24 mois d’emprisonnement en juin 2011 pour viol, il a finalement purgé 6 mois de détention en plus.

Le droit minimum au logement n’est pas respecté. A Douala, près de 500 détenus dorment dans la cour. Ceux qui couchent dans les cellules ne sont pas mieux lotis, le taux de surpeuplement dans certains dortoirs étant de 300 %. Conséquence, “ des gens dorment entassés comme des moutons, parce qu’une cellule, prévue pour 50 personnes, en abrite 150”, affirme le coordonnateur du projet.

Des prisonniers enchaînés

La situation est bien plus grave à la prison centrale de Bamenda où un détenu sur neuf est enchaîné pour cause d’indiscipline supposée. Certains prisonniers doivent mettre des chaussettes et des chiffons pour atténuer la douleur provoquée par les menottes et les fers.

Autre anomalie: des centaines de détenus restent enfermés plusieurs mois après leur libération parce que la décision de justice ne leur est pas parvenue. “Nous avons transmis les listes des détenus concernés aux présidents des tribunaux afin qu’ils délivrent ces documents ”, expliquent le coordonnateur du projet.

Enfin, les dispositions de la loi sur les avocats commis d’office ne sont pas respectées, donnant lieu à de nombreux abus au cours de l’enquête préliminaire.

“ Soupçonnée de vol de téléphone portable, une détenue de la prison de New Bell a été bastonnée. Les coups de machettes sur la plante des pieds est aussi une pratique courante dans les prisons des grandes villes”, conclut le coordonnateur du projet. Il va s’en dire que c’est tout le système qui est en péril.

Les fonctionnaires de l’administration pénitentiaire, leurs conditions de travail restent pénibles.

Ils ont derrière eux une nuit sans sommeil.

215 gardiens de New Bell qui ont la charge de surveiller 2 600 pensionnaires au moins, et souvent un millier de plus

«J’ai pris le service à mon poste, hier à 17h. Je ne vais en repartir qu’à la même heure ce jour, c’est-à-dire à 17h encore », confie Paul. Il travaille vingt quatre heures d’affilée avant de prendre un repos équivalent.

Cependant, ces mesures sont loin d’avoir diminué la pénibilité du travail des gardiens. «Les gens peuvent penser que nous nous reposons quand ils ne nous voient pas en train de faire la ronde au mirador ou autour de la clôture. Mais nous sommes toujours sur nos gardes, prêts à intervenir à tout moment lorsqu’un problème survient»,  fait remarquer Paul.

Selon lui, son travail est encore plus éreintant, à cause de la surpopulation carcérale. «Les détenus flânent dans la cour parce qu’ils n’ont pas de cellules pour dormir. Comme on ne peut pas leur interdire d’y rester, on fait face, chaque jour, à des tentatives d’évasion», explique t-il. Conséquence, les responsables de la prison ont décidé d’affecter une équipe à la surveillance des clôtures, pour mâter les velléités des prisonniers de se faire la belle. Une contrainte de plus pour les gardiens.

Surtout pour les hommes, les gardiennes étant dispensées de surveillance dans les miradors ou autour des clôtures à partir de 23 heures jusqu’à 5 heures. «C’est une décision de l’administration à cause de la vulnérabilité des femmes qui sont peu enclines à tirer pour empêcher les tentatives d’évasion», justifie un geôlier.

Un gardien de prison pourra percevoir plus de 110.000 Fcfa par mois en fonction de son ancienneté, bien plus que les 90 000 Fcfa d’aujourd’hui

Le salaire des fonctionnaires de l’administration pénitentiaire a aussi été revu à la hausse par un décret présidentiel du 29 novembre 2010.

«Certaines dispositions du décret, notamment les sanctions infligées aux gardiens pour fautes, commencent à être appliquées.», note un surveillant.  Quatre de ses collègues sont écroués, depuis bientôt un mois à la prison de Yaoundé, pour avoir manqué de vigilance pendant l’escorte du détenu Abah Abah, l’ancien ministre des Finances. Une peine qui a suscité le mécontentement de toute la profession.

 Prisonnier au Cameroun, plus hard que Prisonbreak, les conditions de vie en prison ne sous-entendent pas que ce sont des animaux parqués comme du bétail. J’ai été généreuse, par un média , j’ai parlé du prisonnier camerounais à l’occasion des fêtes de fin d’année comme diverses associations qui viennent verser des sacs de riz …

Bref! Comme dit Henry de Montherlant, Ce qu’il y a de difficile dans la charité, c’est qu’il faut continuer…

Allez

Son’a Ponda

Source: JADE/ Cameroun ; PANA ; ASF