JDN Cameroun

Tapis rouge! C’est la journée la plus importante d’une nation! La journée  des élites, de la jeunesse de Demain! Confettis! Défilé! Dîner en leur honneur!  Réévaluation de leurs statuts! Olé! C’était la journée internationale du Clochard de l’Enseignant  Samedi dernier!

 

Bon , ça aurait dû être hein? « Un appel pour les enseignant(e)s ! »: c’était le thème de cette 20 ème édition! Pas de panique, ce n’est pas le slogan d’une révolution.  Appel à quoi? Je cherche encore la raison? Quoique le statut d’enseignant me donne… une petite idée. Selon l’Inspecteur Régional pédagogique, Emmanuel Nkunke Ngouaba , l’engagement pris dans le cadre des objectifs du millénaire pour le développement(OMD) de porter la part des dépenses publiques d’éducation à 22 % du budget n’est pas respecté. En effet, depuis 2009, la part de l’éducation est en chute libre : 20,8 %( 2009) ; 19,4 %(2010) ; 16,3 %(2011) ; 14,5 %(2012).  Ha! C’est l’appel dont on parle? Peut être que oui! Peut être que non! Ah! on ne sait jamais! Hihihi

 

Mais Ce billet, je devais l’écrire, il y a belle lurette. Je sais un blogueur me dirait: actualité désuète!  Mais je vais pas entrer dans de telle considération « journaleuse ». Chacun de nous a eu un enseignant qui l’a marqué durant son parcours scolaire. Moi, j’en ai pas eu. J’aimais pas l’école. Je me demande encore aujourd’hui comme j’ai fais pour tenir pendant ces années. Vous me demandez pourquoi je parle d’eux? Mes ennemis de toujours? Je suis un peu maso sur les bords.

 

Arf! Qu’importe au Cameroun, on a fêté dans toutes les dix provinces. Tenue pour la circonstance, celle universelle, ou particulière à chaque établissement, les enseignants ont bu, défilé, arboré cette fierté marquée d’une empreinte d' »irrespect », pourtant porteur d’avenir de toute une nation. Je suis critique, parce que je suis la fille d’une institutrice. Je sais. Ennemis, vous comprenez maintenant. Je les côtoyais tous les jours. Chez nous, on dit « ne sois pas permanent dans les maisons de ton voisin de peur qu’il ne te haïsse ». Je suis pas une mauvaise personne, donc… :p

 

Pendant des années, je les ai vu trimé. Ils avaient la chance dit-on d’être « fonctionnaires » de catégorie élevée disent-ils. Je ne comprenais rien à ce jargon. Je comprenais juste une chose ma mère. Elle était veuve avec le statut d’une Directrice adjointe, elle touchait 190 000 Fcfa (Soit moins de 200 euros) avec 5 enfants à charge.  Je vous donne un exemple. Au Cameroun, le salaire se calcule en indice: lorsqu’un enseignant, il est autour de l’indice 1050, il touche « indicièrement »  229 000 F CFA.   Au même moment, tous ceux qui sont des fonctionnaires et qui ont la possibilité d’exercer des professions à l’indice 530, ils sont à 213 000 FCFA, à l’indice 1050 ils sont à 355 000 FCFA. (Source syndicaliste)

Infos.cm

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Le 05 décembre 2000, le gouvernement signait un texte portant sur le statut des enseignants (voir le texte dans ce bulletin). Ce statut améliore de manière générale la situation de l’enseignant camerounais, notamment du point de vue du salaire, du plan de carrière et l’âge de la retraite. 13 ans après, rien y fait on fait encore des appels aux enseignants. 

De la condition financière à une condition morale, il n’y a qu’un pas!

Alors je vous épargne la dérive du métier de l’Enseignant. Elle est corollaire des années de précarités et de désespoirs. Elle n’excuse en rien le désarroi et la perdition de ceux-ci. L’Enseignant au Cameroun est clochardisé. Rien à voir avec le rang qu’il occupait dans les années 60, me susurrait l’un d’eux obligés d’avoir un autre métier: de faire la restauration, de faire des travaux dirigés payés, des cours de vacances, de payer les supports de cours en marge des supports officiels. Hum.. On fêtait la journée mondiale de l’Enseignant, une journée de plus. Une journée d’appel, de défilés, de marches, de festivités et puis plus rien…

Allez,

Son’a ponda!