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Tu sais, même lorsque je mens, je t’aime…Paris

3598596311_84211f2566_bJe suis censée commencer à faire un visuel, mais cette histoire me turlupine. Décembre, c’est la saison des mbenguentaires au pays. Qui dit mbenguetaires, dit Hommes de la diaspora, dit Hommes blanc. Autrement dit, nos « chers frères et sœurs » de la diaspora reviennent au pays. Nos chers frères blancs viendront faire du tourisme au pays. C’est la saison des retrouvailles.

La charité commençant par soi, parlons de la diaspora.

L’imagerie populaire veut que tout homme blanc possède une fortune en France. L’imagerie populaire veut que celui qui a traversé*, possède une fortune. Alors, c’est bien normal que l’étalage des richesses fasse rage au pays en ce moment. Tout le monde cherche à mettre l’argent** à terre. Au Cameroun, le m’as-tu-vu a une place prépondérante dans l’ascension sociale. Plus tu montres que tu en as, plus tu es respecté. Même si nos chers mbenguetaires bossent durs, cotisent, se bagarrent, s’acharnent, se prostituent (Hommes comme femmes) pour satisfaire ce statut social, tout le monde les envie. Faut-il les envier ? L’Eldorado serait-il réel ?

@SrickersVille

@SrickersVille

Les métiers de Paris.

Ils veulent tous aller à la Ville lumière, les Camerounais. On y trouve des euros dans les arbres, partout. Faut « juste » bosser dur ! Néanmoins ce qu’on ne dit pas, c’est que ton frère ne l’est pas en France. C’est la loi de la jungle, de l’individualisme. Alors la plupart choisissent la facilité. (suite…)



Regards croisés sur l’immigration

Le drame de Lampedusa en a beaucoup interpellé  à travers le monde notamment les mondoblogueuses qui ont ainsi décidé de collaborer pour parler de cette « immigration ».  Un article à plusieurs mains : Marine Fargetton , bloggeuse dessinatrice et Pascaline Breuil de France, Faty du Mali (pas Fatou la Malienne, ce film que je n’ai pas aimé du tout !) et Danielle Ibohn et Josiane Kouagheu pour le Cameroun.

  1. Marine Forgetton illustre tout l’éventail d’émotions qu’éprouvent les parents des immigrés
l'immigration vu d'Afrique

l’immigration vue d’Afrique

2. L’immigration ne serait-elle pas une histoire sans fin ? question introductive de Pascaline Breuil, mondoblogueuse de la 2e saison qui était ancienne expatriée en Egypte.

Telle est ma question lorsque je regarde mon pays, et ma ville, Marseille considérée un temps comme  porte de l’Afrique, construite par l’immigration. La porte semble aujourd’hui fermée, ou à sens unique. Et comment peut-on, dans ce contexte, imaginer une mer Méditerranée qui serait « notre mer » (mare nostrum) à tous ? Une mère est-elle capable de laisser mourir ses enfants ?…

Du côté de cette mer où je vis désormais, l’immigration, c’est l’immigration choisie dont parle Fatou Diome, dans son livre Celles qui attendent (Flammarion, 2010) :

«Qui choisit ? Comment ? Et pourquoi ? Répondre à ces questions […] c’est jeter une lumière crue sur les rapports Nord/Sud de notre époque. »

Mon expérience de l’immigration, c’est cette mère de famille malade et menacée d’expulsion que j’ai rencontrée . Il y a deux ans de cela. Un groupe de soutien s’était  formé, épaulé par le Réseau éducation sans frontières, qui se bat pour la régularisation des enfants sans papiers scolarisés et de leurs familles, et qui lutte contre les lois « injustes et intolérables ».

L’immigration pour moi, c’est aussi cette étudiante chinoise, que j’ai connue un peu plus tard. Elle venait d’obtenir son diplôme, mais continuait de s’inscrire à l’université pour pouvoir rester en France, travailler pour une entreprise dans un stage qui n’avait que le nom et le «tarif». Elle vivait à Paris, mais avait fait sa demande de renouvellement à Marseille car les délais d’attente étaient moins longs et son dernier visa d’étude allait expirer. C’était à l’époque où le changement de statut entre visa étudiant et visa de travail avait été rendu plus difficile par la circulaire Guéant, du nom du ministre de l’Intérieur de cette époque peu glorieuse.

L’immigration pour moi, c’est aussi cet homme arménien, qui au travail m’avait appelée paniqué, car on lui demandait 200 euros de timbres fiscaux pour renouveler sa carte de séjour. « Vous devez faire erreur sur la somme monsieur, ce n’est pas possible !» lui avais-je répondu naïvement, avant de constater que c’était effectivement la somme demandée pour une demande de carte de séjour de 10 ans et de me raviser.

L’immigration pour moi, c’est enfin cette amie d’origine algérienne, pourtant française à qui l’on demande régulièrement d’où elle vient, comme si elle descendait de l’avion à chaque instant. C’est cette autre amie américaine, sans statut et donc sans droit de travail en France, car  il y a 7 ans son dossier de demande de visa a été « égaré ». Aujourd’hui, rien ne prouve cette demande et son séjour en France depuis cette date. Mes exemples sont si nombreux. Car l’immigration ce n’est pas ma vie et ce n’est pas mon expérience, pourtant c’est celle de mes proches, mes copains, mes voisins aussi. Comment pourrais-je ne pas m’y intéresser ?

L’immigration à Marseille, je la croise tous les jours dans mon immeuble, qu’elle soit de première, deuxième ou troisième génération. Qu’elle soit ici pour étudier ou pour travailler. Qu’elle soit algérienne, tunisienne, comorienne ou encore camerounaise. Elle a plusieurs visages et recouvre de multiples réalités. La cohabitation n’est pas toujours facile ; ainsi j’entends parfois au détour d’un couloir que ce sont les nouveaux arrivés qui profitent des aides sociales et ne veulent pas travailler. Les comparaisons faciles : « Ma mère est algérienne, pourtant elle a toujours travaillé quand nous étions petits ». Alors quand je dis qu’il ne faut pas généraliser, que la réalité est bien plus compliquée que cela, on me répond que je suis jeune et naïve.

Pourtant, ce que nous avons en commun, ma voisine et moi, c’est justement cette jeunesse de moins en moins naïve quant à notre réalité, et la précarité de notre situation.

« Blanche neige » et « Shéhérazade » ont toutes deux troqué leur palais contre un logement social.

Alors si moi aussi je pensais à émigrer…  où l’herbe serait plus verte et l’économie plus florissante pour rêver de meilleurs lendemains… qui viendrait me le reprocher ?….

3. Faty, le  Mali et l’immigration

Les statistiques sur l’immigration  au Mali peuvent paraître déroutantes, mais elles sont loin d’être exhaustives si nous tenons compte de cette immigration clandestine qui déverse, chaque jour des nouveaux candidats au départ pour l’ Europe.

Au début, les Maliens partaient plutôt vers la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Gabon… les pays africains plus développés qui offraient une meilleure alternative que la migration des ruraux vers les centres urbains. Le gain est beaucoup plus important, même  s’il faut mettre plusieurs années pour revenir – si jamais retour il y a !-

C’est avec la participation  des « tirailleurs sénégalais » – qui n’étaient pas que des Sénégalais- aux guerres mondiales que les frontières du monde se sont ouvertes aux Maliens. Ils découvrent un monde grand et les devises étrangères – qui donnent tellement de francs maliens une fois convertis-, notamment  le dollar, les monnaies des pays arabes et c’est parti pour une ruée vers l’or.

Une ruée bien légitime quand on se permet de jeter un coup d’œil sur les indices de développement du pays qui n’arrive pas à  prendre son envol malgré les efforts– si minces qu’ils en sont devenus invisibles- de l’armée qui s’est installée au pouvoir après avoir mis, Modibo Keita , son panafricanisme et ses idées teintées – d’autres diront noircies- de socialisme rêveur, au cageot.

Beaucoup de Maliens sont partis vers d’autres cieux et une culture de l’immigré est même née chez certaines ethnies comme les Sarakolés (également appelés Markas au Mali qui ont une prédilection pour les USA, l’Europe), les Songhoïs  (Niger, Côte d’Ivoire, Ghana)… Ces départs vers l’Eldorado saignent des zones entières du Mali. La région de Kayes en est l’exemple palpant : toute la société est axée autour de cette immigration qui la dépouille de ses bras valides, mais heureusement que les partants gardent un lien fort avec leurs familles qu’ils continuent à entretenir par des envois d’argent incessants.

Ces immigrés gardent un lien fort avec racines et ils reviennent d’habitude prendre femme au village. Des femmes dont la vie est peu enviable. Peut-on être heureuse de construire toute une vie autour d’envois d’argent et de coups de fil ?

Certaines femmes ne voient « les élus de leur cœur » (si nous nous permettions d’effacer de nos mémoires les rôles joués par les familles dans ces mariages arrangés où des femmes n’ont aucun mot à placer.) que par intermittence, le temps d’une visite quand ils arrivent à se faire régulariser. Sinon, la séparation peut durer plusieurs années. Cela n’empêche pas certains de ces immigrés de se marier à plusieurs femmes au pays et d’en avoir une dans le pays d’accueil . C’est le cas de ceux, évolués –je veux dire instruits, je ne fais jamais dans le racisme moi !-qui ont compris qu’ils pouvaient avoir des papiers plus facilement en s’entichant au mieux avec une Africaine régularisée, au pire avec « une blanche »). Sinon, les Sarakolés – qu’ils ne le prennent pas mal- peuvent rester en France longtemps en vivant au foyer et en économisant tout ce qu’ils gagnent pour envoyer à  père, mère, femmes, frères, sœurs restés au Mali, ne pensant qu’au bonheur qu’ils éprouveront pendant les séjours au pays.  Ils trouvent parfois les femmes mères de plusieurs enfants, qui bizarrement ne leur ressemblent, mais ne disent mot.  Je me rappelle de ce gag que j’ai entendu à la radio :

Un jeune Sarakolé qui appelle son père pour se révolter «  mais papa comment pourrais-je être le père de cet enfant, je n’ai jamais vu ma femme ? » et le père de lui répondre : «  Mon fils, quand tu naissais, je ne connaissais pas ta mère aussi ! » alors envoie l’argent du mouton et tais-toi.

Ils acceptent avec humilité la situation et repartent le cœur plein de souvenirs qui leur permettront de tenir face aux durs hivers et travaux qui les attendent, quand ce n’est pas le racisme.

Oui, le racisme est l’un des problèmes que rencontrent les immigrés. Il est partout présent de Paris à Los Angeles en passant par Tripoli ou Rabat. Ce n’est pas facile d’être noir dans un pays où la majorité des habitants sont plutôt pâles de teint. Serge Katembera a bien eu un coup de gueule face à l’assassinat d’un jeune Congolais au Brésil en envoyant une émouvante lettre à la présidente à Dilma Rousseff. Mamady Keita aussi parle de ce racisme si présent en Ukraine, Limoune en Tunisie,  Jean-Michel Hauteville en France, Salma Amadore au Cameroun, Boubacar Sangaré du Mali… et aussi ces jeunes Maliens qui ont traversé le désert pour l’Algérie frontalière du Mali en ayant d’abord opté pour une immigration clandestine vers l’Europe par les eaux tueuses de l’océan avant de trouver du travail plutôt bien rémunéré –quand ils comparent au Mali où ils n’avaient rien- et d’y rester.

Ils sont au nombre de 6 et ont emprunté le même car que moi, pour Bamako. Ils sont venus d’Algérie par Tamanrasset (ville frontalière algérienne). Ils sont emplis d’amertume. Ils ne savent pas que j’ai déjà commencé la rédaction de ma contribution à ce billet commun. La ligne de mon article en a été transformée, car je me voyais juste surveiller le racisme.

« Ces Souraka (Arabes) ne sont pas des humains, non, en fait c’est nous qui ne sommes pas des humains pour eux. Ils  prennent les Noirs pour des ânes. Pas parce qu’ils pensent que nous ne sommes pas intelligents (même cette hypothèse aussi est possible) mais surtout parce que nous eux, nous sommes des animaux qui ont la peau très dure et endurent tout. Quand ils te donnent un travail qu’un homme normal fait en 3 heures, ils veulent que tu le fasses en 1 heure et les voilà qui te crient dessus  « y’Allah ! y’Allah ! ». »  Me confie celui qui a été un voisin si serviable pendant les 30 heures  qu’ont duré notre voyage de 1200 km entre Gao et Bamako, Moussa.

Voyant l’un d’entre eux traîner la patte –je veux dire le pied, oubliez le bourricot !- je me suis empressée de lui demander si c’était parce que son pantalon – Adidas, s’il vous plaît – tombait trop et laissait voir un caleçon d’une couleur orangée.

–          Non, grande sœur – ce nom me colle presque à la peau- ce sont les Arabes qui nous ont bastonnés là-bas

–          Pourquoi ?

–           Oh juste parce qu’ils ne nous aiment pas et n’acceptent pas que nous puissions gagner de l’argent chez eux, pourtant eux préfèrent ne pas travailler et crier contre leur gouvernement.  Ils sont entrés dans notre dortoir la nuit vers 2 heures du matin pour nous battre et prendre tout ce que nous avions. Beaucoup ont fini à l’hôpital, nous avons choisi de revenir au Mali avec ce que nous avions caché ailleurs. Sinon ils nous ont tout pris, télé, téléphone, vêtements de marque…

–          Vous êtes rentrés sans problème ?

–          Non, cela décourage de voir la conduite des hommes de tenue sur les routes au Mali, de l’Algérie à ici, j’ai pratiquement perdu tout ce qui me restait. Il faut arranger tous les postes. J’ai une télé écran-plat que j’ai eu envie de jeter dans le désert tellement ils m’ont fatigué. Si je savais j’allais garder l’argent pour l’acheter au Mali.

–          Tu y retourneras ?

–          Oui, dès que ça se calme. Je vais prendre le temps de manger -dépenser- ce que j’ai-

–          Malgré tout ça ? Pourquoi ?

–          Parce que je n’ai pas étudié et que je ne trouverai pas de travail aussi bien payé que là-bas à Bamako. Je n’ai pas de choix, sauf si je fais comme les amis, je me contente des miettes que mes frères me donneront et je passerai mon temps à faire du thé devant notre concession. Je n’ai pas le choix ! IL faut que je reparte.

Comme ce jeune Abdoul, beaucoup de jeunes Maliens se retrouvent sur les routes de l’immigration clandestine pour échapper au chômage, par fierté. Chaque jour. Combien meurent dans le désert du Niger en cherchant à rejoindre la Libye, l’Algérie ou la Tunisie ?

4.  « Douala, cet autre Eldorado » par Josiane Kouagheu

Deux chèvres broutent. Un coq picore. Une poule, accompagnée de ses poussins, va à la quête des graines à picorer. Des oiseaux gazouillent. Je regarde tout ce spectacle de la gare routière de mon village. De ce qui tient lieu de gare ici. Un banc couvert de poussière, deux régimes de plantains, juste à côté. Mais ce qui m’intéressait n’était pas ce spectacle. C’était ce que je lisais dans le regard de ces jeunes qui nous observaient. Ils savaient que nous allions à Douala. Ils étaient venus nous dire au revoir. Comme toujours, ils étaient surtout venus nous entendre leur raconter nos derniers souvenirs.

Douala, cette belle ville, pensaient-ils. Pour eux, j’allais où il y avait de l’avenir. Chacun d’eux rêvait de Douala comme nous, habitants de Douala, rêvions de découvrir Paris, New-York, Berlin, Rome, Londres, Barcelone… Leurs regards sont pleins d’étoiles. Pour eux, Douala était où ils pouvaient avoir un bon boulot, un peu d’argent, une vie en rose quoi. Au village, le jeune cultivateur « Man », par exemple, allait au champ le matin, buvait du vin de palme le soir avec ses amis au club « Matango », cet espèce de bar villageois. Il regardait la télévision de temps en temps chez le grand boutiquier du village. « Monotone, moche… cette vie », disait-il dans son cœur. Il n’y avait même pas d’électricité par ici.

Et Douala devenait leur Eldorado

Je l’ai lu dans leurs regards. Lors de nos discussions, ils m’observaient toujours, comme si j’étais une certaine « idole », un peu comme nous, devant les « mbenguistes », ces Camerounais qui vivent en Occident. Je viens de Douala, voilà ce qui les intéresse. Je peux les aider à y arriver. Ils me disent alors qu’à Douala, ils trouveront un emploi, n’importe lequel. Ils pourront tout faire. Ils me disaient avec assurance, qu’il y avait du travail pour tout le monde. Et au fil des années, certains ont réalisé ce rêve.

Ils sont arrivés à Douala. Plusieurs sont devenus des voleurs. Ils ont été tués dans « leur » Douala. D’autres sont des enfants de la rue, des prostituées. Certains ont réussi. Mais au finish, la majorité a su que Douala n’était pas cet Eldorado dont ils rêvaient. Ils ont déserté leur village, cet espace plein de terres vierges qui appellent des cultures. On peut le transformer en richesse. Mais, Douala attire. Douala, c’est leur Eldorado.

Entre l’exode rural et l’immigration, le Cameroun perd ses fils

5. Danielle Cynthe Ibohn ou l’immigration culturelle

Je suis censée écrire sur l’immigration depuis une semaine. Mes copines mondoblogueuses étions biaisées par ce qui se passaient à Lampedusa. Alors nous décidâmes d’en faire un billet. Ceux qui partent et ceux qui restent. Je vais être sincère. Mon point de vue sur ce thème ne sera pas objectif. Je suis issue d’une tribu qu’on appelle les « Sawa » au Cameroun. Nous sommes le peuple de l’eau. Nous y vivons. Chez nous, l’ascension sociale se définit par le nombre d’allers-retours que fait votre famille en Europe. Je suis sûre que si vous recensez le canton « sawa » 70 % ont immigré et le 30 % restant cherche à y aller. Alors lorsqu’on parle d’immigration, je ne sais pas comment trop réagir. Cependant, une chose met tout le monde d’accord ; c’est une question culturelle l’immigration. Si pour un certain nombre, elle est liée à des difficultés financières, chez nous, ça n’y est pas forcément. Le fait d’y être est un exploit, une ascension dans la société « sawa »

Je parlerais  comme une anthropologue en immersion dont le sens de l’objectif ne peut être présent car en immersion depuis 25 ans. Pendant des années, une jeune sawa peut économiser juste pour avoir son ticket pour « mbeng » la plupart du temps, la famille ne sait ce qui se passe là-bas. Mais une chose doit être certaine. Il faut au moins un Western Union par mois. Aucune fête de fin d’année ne se passe sans eux. J’aime ma tribu, mais bon. Je ne comprends cet engouement pour l’Europe. Ce n’est pas impossible pour eux de braver Lampedusa. Mais ça c’est tabou. Comment on y va, comment on y vit. Tout ce qui compte, c’est l’apparence. L’arrivée est majorée par un coup de fil dont on informe le voisinage à tue-tête en y répondant. Plus moderne, aujourd’hui il se traduit par les réseaux sociaux et Facebook où sont affichées les photos de l’arrivée.

Na mala o Franci , j’irai  en France

Na mala o Europa, j’irai  en Europe

J’épouserai  un Blanc et j’aurai  des métis

Qui sait ? Ils disent tous que c’est dans nos gènes l’immigration

Allez Son’aponda !