Île de Gorée-Dakar

Île de Gorée-Dakar

Ça fait une semaine que je dois écrire ce billet. Il me trotte si fort dans la tête. Et Aussi froid qu’un matin de saison de pluies, je grelote quand je pose mes doigts sur le clavier. Rien ne sera plus pareil. Mes haut-le-cœur montent et je la revois elle, déambulant dans le hall du Commissariat de Bépanda.

Les Badauds reniflent Scandale, et parquent tout autour. Elle, du haut de ses talons à 20 Cm, sait, salive sur nom finit ce soir.

Son imprimé de mère-Célibataire sur le dos, sa chevelure digne d’une indienne du Far-West, elle semble déroutée. Ses Mioches crient. Elle a la tête qui tambourine. Ça lui ressemble énormément cette histoire à la Vanessa Tchatchou. Sa fille de 13 ans a disparu, soudainement de son école. Encore une disparition d’enfants ? Elle se fera du fric, c’est sure. Les pratiques sexuelles, telles que la sodomie courante, puis le meurtre ? Sa mère inquiète, se lève du hall, sort dans la cour du commissariat en sanglots sous l’œil inquisiteur de la foule.

Y a-t-il eu un rebondissement ?

On retrouvera son fils. Elle ira en France surement. Vanessa est partie, lui avait susurré une de ses amies « bien informée ». Une de ses amies, copine avec la cousine de Vanessa, le lui a affirmé. Source sure ! Oui !

Alors, elle porte plainte. Elle en a encore 5 à la maison. Il faut bien les nourrir. Son boulot de serveuse ne le peut pas à lui seul. Et leurs pères ? Les 6, ne sont qu’une aventure d’un soir qui finissait la plupart du temps dans un hôtel miteux situé près de son lieu du travail. Pourtant, le père du 2eme, elle a beaucoup aimé. Surtout le sexe, c’était si magique. Sa façon de la prendre, dans tous les sens et de partout, même en public. Il était si…Mais c’était fou ! bien trop fou ! Il était Bamoun avec une fille de l’est ? Il est rare que ça se produise. Alors elle s’en est fait un souvenir, elle, Magalie, sa fille chérie !

Dans cette société, où la convention est d’être en concubinage. Elle se sent différente. Elle, qui aime tant sa liberté, virevoltée à droite et à gauche telle un papillon. N’empêche que cette histoire de disparition l’embête énormément.

Le premier adjudant-chef, lui demande le programme de sa fille. Elle le lui donne dans un français soutenu qui étonne l’adjudant. Alors son talent de séductrice prend le dessus, elle a remarqué l’étonnement du policier. La main parcourant de temps en temps, sa chevelure, elle les dégage ses faux-cheveux, remonte son soutien sans bretelle qui laisse entrevoir ses seins. Sa mère en soubresaut, lui coupe la parole, s’énerve, s’acharne, l’adjudanr-chef n’y comprend rien. Elle avait compris le manège de sa fille, Elle !

Sa mère vocifère, gueule, la frappe au sang…

La foule accoure. Un interrogatoire commence entre sa mère et sa fille.

« Où est-il ? »

L’étonnement de la foule est à son apogée…

Elle la traine, la fracasse sur le mur, la mets en boule sous les coups de pieds au ventre. Elle n’a aucune force, ne sait se battre sa fille. Et puis c’est sa mère, elle peut être maudite. La foule scande à la police de les séparer. Mais rien n’y fait. Sa mère est déchainée : « remets-le-moi »

Les policiers tout aussi pris dans ce déferlement tout aussi soudain, sont pétrifiés d’étonnement. Elle, peut-être, certes une fille aux mœurs légères… elle n’y ressemble pas. Elle aurait fait quoi ? De cet enfant ? Le commissaire est interloqué.

Maison des esclaves

Maison des esclaves

La mère déclare : elle aurait vendu à une cousine de son amie au Gabon. C’est ce qui est dit…

Aussi étonnée des dires, la fille nie.

Qui le dit la vérité ? Elle ne peut vendre sa fille.

Je suis pas « normale » mais j’aime mes enfants.

Tout est confus, tout le monde est confus…

Qui croire ? La mère bouleversée tout aussi par la vie de sa fille ou sa fille ?

Elle est restée sans réponse cette histoire. Jusqu’au mois de Décembre où dans une soirée bien arrosée, elle pleura son enfant parti pour l’ile de Goré comme elle le dit… en esclavage. L’ile de goré ? Port-Gentil dit-elle ?