Crédit DW

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Je traînais sur la Toile comme d’habitude lorsque Dani Feze et Danielle Ibohn sont sortis « de je ne sais où » avec l’idée saugrenue (comme toutes celles qui viennent après 1 heure du matin) de faire une « partouze littéraire » (si si , ils ont dit ça). Je ne me souviens plus ni du fil conducteur, ni de quoi que ce soit . Je sais juste que j’ai lu entre deux « lol » et trois « bande de tarés » , « donc Loic , tu vas écrire sur  les transports en commun du pays ». Et je suis allée me coucher, pas vraiment, mais c’est tout ce que vous saurez.

Ce billet, c’est Loïc Nkono qui le débute. Dani Feze et lui sont des barrés comme je les aime. Pourquoi eux ? Parce qu’à chaque fois que je suis plongée dans un énième rapport, leurs petites histoires sur Facebook me font lever les yeux dix minutes et je suis détendue. Ils racontent la plupart du temps leurs mésaventures avec les transports en commun. Alors ce billet, on en fera une partouze. Hahahaha.

Dani fera les motos-taxis. C’est un sujet qui l’inspire. Je ne sais pas trop pourquoi. Lui, il aime aller vite et bien. Quoi ? Vous aussi!  Hihihihi. En prélude , il y tient à sa définition. « Les conducteurs de benskin sont appelés benskineurs. La formation d’un benskineur dure en général entre deux et quatre heures. Le benskineur est reconnaissable à son teint sombre bronzé par le soleil, son blouson tout sale qu’il arbore fièrement même quand il fait chaud, ses yeux rougis par la cigarette ou la pollution. »

Loïc va dans le même sens en signifiant le professionnalisme « inébranlable » des taxis au Cameroun. C’est si poétique le fait que tu prennes un taxi en « ramassage » au Cameroun , alors il y a une chance sur deux qu’on t’ai déjà « surchargé ». C’est-à-dire que soit tu as passé un instant (bref ou long selon ta chance) avec le frein à main bien enfoncé dans la partie de ton corps que le soleil n’éclaire jamais. Ou alors le torse à l’extérieur de la portière avant, parce que tu n’as pas eu la patience d’attendre le prochain taxi et que tu condamnes  « Pepe Kallé » à condamner le chauffeur à rouler en première sur 300 mètres… ou plus.

Moi, je trouve que le mieux, c’est marcher dans cette ville. Cependant, marcher au Cameroun ne demande pas un professionnalisme sans faille ?  Détrompez -vous! C’est tout un art. Alors, faudrait partager votre trottoir avec de milliers de personnes, plus les motos-taxis, plus les taxis, plus les vendeurs ambulants, plus les pousseurs. Quoi ? Plus on est de fous, plus on rit!  Alors, vous vous faites insulter par les piétons. Vous êtes toujours trop lents. Vous vous faites insulter par les motos-taxis, les vendeurs ambulants, les taxis, vous êtes trop lents. Un exemple d’insultes : « Oh ! Quitte avec ton sac d’os là, c’est la maison de ton père ? »

J’aimerais juste dire que nous luttons contre l’individualisme de la société causée par la mondialisation criarde et l’occidentalisation de la société africaine. Oh ! ça m’arrive des fois d’être intelligente oh! Hiihihi. Loic abonde dans le même sens ? « Fait rare hein ? Continue Loic  : Un jour, j’ai entendu un Blanc dire à un autre Blanc :  » Ce qui est extraordinaire ! euh avec le taxi au Cameroun , c’est que vous êtes tous assis serrés les uns contre les autres… Vous êtes obligés de discuter, vous êtes proches , il n’ y a plus de barrière, je trouve ça excellent pour les échanges ! « . Vous voyez non ? Ah ! Loic ! lool ! 

Crédit Infos.cm

Crédit Infos. Cm

N’importe quoi ! poursuivit Loic, Mollah , essaie de garder ton calme quand tu vas à un entretien d’embauche et que tu es coincé entre Tchitcho le garagiste et sa blouse couverte d’huile bien fraîche qui est en train d’aller chercher un carburateur « là devant », et Atangana l’éternel pro qui a fait des tacles dans la boue sous la pluie toute la matinée et que le chauffeur  ne peutpas laisser dehors « à cause de Dieu » , tu vas respecter. En plus la promiscuité des taxis camerounais rend paranoïaque hein ! Je me souviens qu’une fois un de mes cousins s’est jeté hors d’un taxi en marche convaincu que le rasta assis à côté de lui était un agresseur. La seule chose qui s’est fait agresser, c’était sa fierté quand le taximan est lui-même descendu lui montrer les deux cents francs que le rasta sortait de son blouson quand le couzo a plongécomme Jack Bauer là .

 Apparemment, on n’abordait pas dans le même sens hein? (Loic et moi) L’éclipse n’a pas eu  lieu! Ha!

       Moi : Mon gars le feu est rouge !

       Benskinneur : Oui, mais les motos ont la priorité !

Ceci constitue désormais un quotidien dans nos rues, rapplique Dani :

– Benskineur : ouais on va où là ?     

– Client 1 : Ange Raphael 200

– Client 2 : 300 École publique

– Client 3 : Ndokoti, j’ai 100 

– Benskineur à client 3 : mets dedans !

 De nos jours, il est presque impossible de se passer des services de ces motos-taxis, surtout avec ces interminables embouteillages à longueur de journée. Les gars-là vont partout. Tu ‘‘parles bien’’ comme on dit au mboa, le gars t’emmène où tu veux (même en Afrique du Sud) et parfois au risque de sa vie.

Heu… il y a Loïc qui se tire là! Si je reste sur taxi-là on peut faire même trois jours ici ! Donc allez vous-mêmes voir sur Facebook comment le taxi au Cameroun est compliqué sur mon compte (oui oui c’est pas une page ) ou alors checkez le trend #ndemdutakesh (atalaku time)  et vous verrez vous-même.

       Enlève ton corbillard là en route

       Tu as ramassé ton permis

       Ah dis-donc, dégage là-bas

       Vois ses cheveux comme le désordre de la FÉCAFOOT

Dani nous livre le best of des insultes …Lool!!

Allez,

Son’a ponda!