J’ai essayé …oh ! J’ai essayé de ne pas parler de ce sujet… Comme un boomerang, il partait, revenait aussi  insatiable qu’il n’y paraît. Alors comme Oscar Wilde,  j’ai succombé à la tentation. Quoi ? La camerounaise est cultivée !!!  Ce n’est pas qu’un saucisson! Je ne cherche pas qu’à me shooter à l’espoir d’être riche, en restant les pieds en éventail, rêvant à l’éventualité d’une manne tombée du ciel. D’où cette expression française, j’en suis sure, se dorer la pilule*.  Ah oui ! Se shooter n’était pas bien loin … Je m’aventure alors dans les méandres d’un sujet aussi écumé que ceux des anciens combattants au Cameroun.

Au delà des considérations sociales, les anciens combattants ne sont pas que des tirailleurs de 1945.

Ce sont les militaires en retraite ayant servis  leur pays…soit dans les Forces Armées Camerounaises, soit du fait des Institutions antérieures à l’indépendance, dans les Forces Armées étrangères. Représentant la population des personnes âgées au Cameroun, son faible taux n’implique pas qu’on puisse rencontrer un vieux tous les 1m mais La figue ne tombant jamais en plein dans la bouche, la mienne devrait être maraboutée …Akia!** Je les rencontrais partout !

A  croire qu’ils voulaient ma peau cette semaine ! Lors d’un périple cybercafesque (ma connexion abonnée aux clignotants), je suis devenue associée permanent ,que dis-je , actionnaire majoritaire d’un cybercafé. Je l’avais remarqué ce vieux, toujours vêtu d’un chapeau colonial, d’où ma curiosité d’ailleurs ! Tout le monde susurre. Il a perdu la boule chez les allemands, torturé pendant dix ans, à écouter « ich liebe dich » Vraiment! (vraiment! c’est le seul mot que je connais en allemand !). En me faisant signe du chapeau toutes les pauses 12H-14H, Il m’a remarqué le vieux. Ce mardi là, il engagea une bien curieuse réflexion : « Ma fille !….,
Quand il a commencé comme ça, j’ai dit: ça y est,  je prends ma première leçon de cours d’histoire. Oui ? Oui ! Va savoir pourquoi, je m’endormais entre 14H et 16h heure de prédilection durant tout mon parcours scolaire du cours d’histoire … ah ! Les pédagogues camerounais, des Génies !

Bizarrement, il me parlait pas de l’époque, mais du présent, c’est quoi ? Il s’est shooté à la pilule ?

Les enfants d’aujourd’hui me dépassent, ma fille, Internet là… c’est un métier ? Je lui dis non papa… Pourquoi ? Toi, tu viens 12h 14h … les autres sont là toute la journée avec les pauses. En parlant des autres, il fait allusion à nos très chers congénères, les go du cyber à la recherche d’un noir expatrié ou d’un blanc !
«Ma fille ! Ça se lève, ça s’assoit, ça se tourne, devant la camera… ce qui est curieux …  même les hommes maintenant.» Pendant près de 45 min , j’ai fait  le tour de la question avec lui… sur les buts et les retombées… Très déçu, de ma  réponse, il arrangea son casque … et rentra dans son mutisme !

Alors je me suis dit, c’est bon aussi froide qu’une douche froide (Pardon! excusez la tautologie, chez nous c’est courant),c’est sure là, j’ai ma dose … mais en entrant dans le taxi le mercredi, Gérard débarque en trompe : «  laissez moi là …(expression camerounaise, j’ai  100 FCFA pour la course). Aussi délabré physiquement et en vêtements, le passager  à la cabine hésite lui faire une place … il se pousse … 20 Secondes plutard le  bal  du toucher couler sommeil du vieux  débuta!  Le père!, vous êtes arrivé…, vocifère le chauffeur!

Euh … il exige sortir deux pâtés de maison plus loin. « Laisse moi là… laisse là, le chauffeur lui répond, je ne peux pas Papa, stationnement interdit ! Je suis Gérard hein ? Ancien combattant de l’armée française, j’ai tous les droits, j’ai fait la guerre de 14 de 35…

Akiaaaa! le vieux et tu es encore vivant, rétorque le chauffeur. N’empêche qu’il se gara bien loin… sous les injures du vieux….

N’est ce pas « quand on a mangé salé, on ne peut plus manger sans sel… Quoi? j’ai décidé de braver le diabète…

« Peña! peña!***», c’est Victor qui s’avance tout timidement vers le guichet croulant sous le poids de son âge, tout tremblant. La fil d’attente est longue comme ça … On attends depuis 9 h du matin payer notre facture d’électricité. Il est 14h ! L’électricité c’est la vie ! Quoi ? Vous aussi …C’est sur là, le boulot c’est mort…

Il est clair, je suis entré dans une troisième dimension: les anciens combattants me suivent partout… Quoi? L’eau chaude n’oublie pas qu’elle a été froide…

Une dame crie: priorité aux vieux !Ah ! Même le père-ci vient payer sa facture ! Ah ! Enfants là, il n’a pas ?

Ah s’engage une discussion entre ceux de la file et le guichet ! C’est vieux, ancien combattant, et  alors… ? déclare les gens …Fatiguée, transpirant de tout bord, mon cerveau a commencé à tourner aussi vite qu’une moulinette:

Comment c’est possible? C’est grave quand même? Les gens, quand même! Comment peut-on…

Quelle Horreur!  Vraiment! J’aurais du donner ma facture  à mon vieux … tchuips… Quoi ? Je ne perds jamais le nord hein?

Allez…

Son’a ponda (A bientôt)

*voire les choses fâcheuses sous un aspect favorable

**onomatopée, signifiant son étonnement

*** Traduction: bien! bien! Vous finirez par parler ce patois hhihihi!