Je suis jovine?

Il est minuit. Et je me retrouve à faire danser les touches de mon clavier. Mboko God est sorti le 20 mai dernier. C’est l’album très attendu de Jovi « Le monstre », un rappeur camerounais. J’aime le rap, J’aime Jovi. J’aime New-bell Music. J’aime le mouvement qu’il draine : celui de mêler nos sonorités à la modernité. J’aime ce mouvement parce qu’il est à l’image du Cameroun. Il est à l’image de cette jeunesse qui se cherche. Une jeunesse qui prouve que, sans rien elle existe. Au départ de cet article, j’étais prise de colère. Danielle ibohn est une vendue à la solde du jovin… Vais-je me justifier ? Non ! Je vais vous parler de l’album.

Ce qui m’a dérangé tout d’abord…

La fièvre jaune : l’album porte une couleur : le jaune. C’est cette interface qu’a choisie le label Newbell Music pour créer le buzz sur les réseaux sociaux. Les photos de profil étaient personnalisées à l’image de la pochette de l’album… Idée géniale. Cependant, elle est circonscrite à un groupe de personnes? Je le dénonce. J’ai ma photo de profil personnalisée. Là, j’ai tous les symptômes d’une vendue. Lol. Faux. Cependant la bonne information n’a pas été assez démocratique. Il fallait faire ça… Les blogs : Deux blogueurs ont analysé la communication digitale. L’un l’a fait objectivement ; l’autre maladroitement. Je m’y retrouve encore. Paraît que je suis l’alchimiste du blog… je suis amusée. L’avis digital : le buzz n’est pas assez partagé. Une fièvre jaune qui aurait pu faire plus. Je suis d’accord. Discussion pendant deux heures avec mes compères sur Twitter, ils auraient pu faire plus. On est avare, exigeant au 237 lorsqu’on aime. Le crew : leur crise de colère, leur façon de s’enfermer comme si le monde leur en veut. Ont-ils l’impression qu’ils n’ont le droit d’être là ? Pourquoi s’énervent-ils contre les haters ? C’est comme nager à contre-courant… Cependant la critique de « leurs haters » est bien acerbe des fois… C’est si dur. Et pourtant…

Ensuite… L’album 

(Je suis toute excitée par cette partie de cet article. Je l’ai déjà écouté 10 fois l’album.)

 J’ai l’impression qu’au Cameroun, l’on associe le métier de blogueur à celui de l’amuseur public en plus du râleur par excellence. Je suis désolé, recommander un produit n’est pas synonyme de « baisser sa culotte ». Qu’on soit d’accord. Je vous le dis d’abord : cet album, je l’aime. Je suis jovine ?Hahaha… Je ne répondrais pas à cette question. Cet album me réconcilie avec mes racines. Il parle comme moi. Et ça, c’est un genre de way ? Il est à l’image de mes pensées. Ces sonorités me donnent envie de danser toutes les secondes. Il entremêle les sonorités de nos différentes langues maternelles saupoudrées tout au long par cet argot: le pidgin. Il débute avec le « Mendù ». On est parti dans l’ouest du pays. Nous sommes en pays bamoun.  Ensuite dans la même chanson, on se retrouve dans le sud-ouest, le pidgin nous accueille à la première parole. Le premier refrain revient avec le français : « Changement de position… » Puis, il termine par un petit tour dans l’argot… Ce tourbillon  me ramène dans ce qui rend particulier mon pays. L’Eyenga* en fond sonore, le français revient. « Mboko God-positionning» (premier titre de cet album)  nous donne le ton. 5 titres plus tard, je tombe sur « Mboko God-Status… ». Je suis… je suis… c’est magnifique… Que dire de Man pass man part 2 ? Je n’ai pas de mots. Il valait le coup malgré les tracas, jumialistiques.

Allez son’aponda,

Je vous laisse avec mes favoris…en espérant que je ne sois pas prise dans les citations #jesuisdanielleIbohn, faisant les frais de la foudre des haters ou du chanteur hahahahahaha… Mboko God, génial !

 

Mes révélations : Tilla et surtout Reniss

Mes sons favoris : Mboko God Status,  Positionning, Man pass Man part 2, Top Level (Je les suis au moins 20 fois par jour)

Pas aimé : Moundi

Moins aimé : Jungle Book, il entretient l’animosité des haters

Le son qui me calme : Mboko-God Reality

Amusée : Nyongo Money et Beat Tape sessions

Le reste : Cash, Bastard, etpuiskoi… mon frère, vous avez gaspillé l’espace du disque. Espérant des inédits… lol

*C’est le cri utilisé dans la tribu fang. Il transcrit la joie, le bonheur et annonce une bonne nouvelle. Il traduit nos moments de joie extrême et parfois de grande tristesse.

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Danielle Ibohn
Je suis hypothétiquement barrée... Je dis bien hypothétiquement. Community Manager en herbe, se prenant rarement au sérieux.