Top 10 des jurons les plus utilisés lorsqu’on est dégoûté au Cameroun

@Ney Giraldo

@Ney Giraldo

A notre arrivée à Abidjan, on a perdu un de nos compatriotes suite aux « excellents » services publics de la police des frontières camerounaises. Nous avons perdu Tchakounté. Un humain à l’eau grâce à la myopie d’un fonctionnaire. Oui, il a mis à la place de sa photo une autre. Alors dégoutés mes compères et moi, nous avons commencé à pratiquer le sport national : la critique. Au lieu de s’invectiver, chose normale, on a des jurons bien pratiques qui font le boulot.

Voici le top 10 des expressions les plus utilisées lorsqu’on est dégoûté.

 Au Cameroun, on n’aime pas le lait lorsqu’on s’invective. Oui, vous avez bien entendu. Le lait connote une facilité dont on peut se permettre le luxe. Alors lorsqu’on met la négation, on marque son caractère difficile.  Alors par exemple : ne donner aucun lait, signifie ne donner aucune attention à ce que les gens disent. Les jurons seront la manifestation de notre faiblesse face au service public. Alors on dira, le service public camerounais ne donne :

1-      Aucun lait

2-      No Milk

3-      No miliki… Quoi ? c’est la déclinaison hein ?

Lorsqu’on est dégouté au Cameroun, on ironise de son côté facile. Je vous explique. C’est certes difficile, mais au lieu de jurer en ces termes, on va dans l’autre sens. Vous imaginez la complexité du langage. Alors on dira les services publics :

4-      C’est facile ?

5-      C’est pas facile

6-      Tente alors ?

Il a un adage au Cameroun qui dit : lorsque vous êtes dépassés au mboa, l’expression « sauf » est votre sauveur. Oui, comme Jésus-Christ, elle arrive révélatrice et marque notre attachement et notre acharnement perdus d’avance. Les services publics :

7-      C’est sauf que bon

8-      C’est bon sauf qu’à nous

Lorsqu’on est vraiment dégoûté. C’est paradoxal,mais on n’aime pas les tubercules. Oui si si ! Entre les pâtes alimentaires et les patates, on ironise énormément. Va savoir pourquoi lorsqu’on est dégoûté, on se pose cette question :

9-      C’est la pâte ?

10-   C’est la patate ?

Voilà. Un peu bizarre nos expressions. On aime tellement ironiser et détourner les sens. Est-ce que c’est facile alors ?

Allez,

Son’a ponda !

 

 

The following two tabs change content below.
Danielle Ibohn
Je suis hypothétiquement barrée... Je dis bien hypothétiquement. Community Manager en herbe, se prenant rarement au sérieux.